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Sud Ouest, 10 avril 2013, J-B Gilles au sujet de la Commission Duron :

« L’autre information qui intéressera directement les habitants du Sud-Ouest est le sort qui sera fait au Grand Projet du Sud-Ouest (GPSO), c’est-à-dire au prolongement de la LGV au-delà de Bordeaux vers Toulouse et vers l’Espagne, un projet estimé à 12 milliards d’euros au total. Il fait partie, au même titre que l’A 45, entre Lyon et Saint-Étienne, des dossiers non encore classés. La commission demande que la branche Bordeaux-Toulouse soit étudiée séparément de la branche Bordeaux -Hendaye. Cela diminuerait la facture par deux au moins. Toulouse est très demandeur, plus que le Pays basque français, où l’opposition reste frontale. »

Aujourd'hui, il semble que cette information se vérifie :

Pourquoi différencier sur le plan ferroviaire Bordeaux-Hendaye et Bordeaux-Toulouse ?

En termes de dénonciation des projets LGV, les mêmes arguments servent dans les deux cas de figure. J’ai pu le vérifier, au mot prêt, en écoutant Victor Pachon parler, à Tarbes, de la situation au Pays Basque. Mais intervenant après lui, j’ai fait observer que pour les promoteurs de la LGV, une différence intervient dans leurs arguments : les Bayonnais passeront toujours (avec ou sans LGV) par Bordeaux pour aller à Paris tandis que les Toulousains ont encore deux possibilités : par Bordeaux ou par Limoges. Or une des fonctions de la LGV Bordeaux-Toulouse, évidente depuis longtemps pour qui essaie de creuser la question, c’est de tuer en tant que grande ligne, la ligne POLT. Déserter Austerlitz pour encombrer encore plus Montparnasse.

C’est également la fonction du barreau Limoges-Poitiers !

La décision de la commission Duron de couper en deux le GPSO, d’abord Bordeaux-Toulouse à l’horizon 2025 puis Bordeaux-Hendaye après 2030 correspond à ce mode de pensée, alors que dans le même temps le discours ambiant dit : une LGV c’est pour se relier aux grandes capitales européennes, donc favorisons le Bordeaux-Hendaye !

Nous combattons avec la même énergie les deux LGV mais les deux LGV ne nous combattent pas avec les mêmes armes.

En conséquence, le choix semi-prioritaire de la LGV Bordeaux-Toulouse change dans l’histoire la fonction de Toulouse qui, après avoir été le moteur de l’axe central, se met à la remorque de l’axe atlantique, avec les tristes conséquences visibles pour le réseau ferré et l’aménagement équilibré du territoire.

Et avec de tristes conséquences pour les finances car si par miracle 8 milliards d’euros arrivent à se mobiliser sur Bordeaux-Toulouse, imaginons tout ce qui va manquer comme ressources dans des tas de domaines !

Et imaginons ce qui va en coûter de prendre le train ! Roland Ries, dans un rapport au Sénat du 30 mai 2013, indique au sujet des conséquences d’un PPP : « La concession de TP Ferro (1ère concession ferroviaire en France) entre Perpignan et la frontière espagnole en est un bon exemple : il faut compter environ 3000€ pour faire circuler un TGV Duplex en heure de pointe, contre moins de 600€ sur un tronçon de longueur équivalente sur la LGV Med. »

Jean-Paul Damaggio

Tag(s) : #dans les médias, #toulouse, #bordeaux

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