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Midi Libre relance encore le débat sur les LGVs. A cause de l'Europe. EuroSud confirme l'information mais j'ai cherché sur internet, sans succès, le document officiel pour comprendre. De quel bas de laine secret l'Europe sortirait-elle ces milliards là ? Mais pour comprendre le fonctionnement de la commission il faut se lever tôt ! ET en atendant, rien sur Bordeaux-Toulouse ! J-P Damaggio

LGV Montpellier-Perpignan : l’Europe prête à financer neuf corridors transfrontaliers

PHILIPPE BERJAUD 26/10/2013,

Le projet de LGV Montpellier-Perpignan va-t-il ressortir des tiroirs ?

L’Europe fixe de nouvelles priorités, prenant l’État français à contre-pied. Elle a 26 milliards d’euros à distribuer pour financer des LGV. Une annnonce faite jeudi soir à Nîmes par l’eurodéputé aquitain Alain Lamassoure, président de la commission des budgets au parlement de Strasbourg et ancien ministre.

Alain Lamassoure était invité par son homologue gardois Franck Proust à disserter sur l’Europe et les entreprises devant un parterre de responsables économiques. La rencontre était organisée par l’Interconsulaire du Gard, jeune structure qui réunit la chambre de commerce de Nîmes, celle d’Alès, la chambre de métiers et la chambre d’agriculture du Gard.

Le tronçon Bordeaux-Pays Basque réinscrit au rang des priorités nationales

Alain Lamassoure a révélé que le gouvernement français a discrètement réinscrit, il y a trois jours à peine, dans le calendrier des lignes TGV prioritaires à réaliser, le tronçon Bordeaux-la frontière espagnole, le long de la façade atlantique. Or la réalisation de cette ligne avait été reportée au-delà de 2030, par le gouvernement Ayrault durant l’été, tout comme le tronçon tant attendu Montpellier-Perpignan, les caisses de l’État étant exsangues.

Pourquoi un tel revirement, a demandé Alain Lamassoure ? "Parce que Bruxelles, il y a quinze jours, a décidé de consacrer 26 milliards d’euros entre 2014 et 2020 à l’édification d’un réseau de transport européen, prenant la France à contre-pied. Cette somme, trois fois plus élevée que celle de la période précédente (2008-2014), sera exclusivement consacrée au financement de neufs projets de réseaux de transports transfrontaliers."

Il s’agit de neuf "corridors européens" de lignes ferroviaires à grande vitesse qui seront financés jusqu’à hauteur de 40 % par l’Europe. Parmi ces axes stratégiques de l’UE, deux concernent le Sud de la France : le TGV Paris-Bordeaux-Madrid et le TGV Paris-Montpellier-Perpignan-Barcelone-Madrid.

Changer les priorités françaises

"Dès que nous l’avons appris, en Aquitaine, nous avons dit au gouvernement de changer les priorités françaises pour ne pas perdre l’argent de l’Europe et nous venons d’obtenir que la ligne atlantique soit réinscrite dans les priorités nationales", a expliqué Alain Lamassoure. Une bonne nouvelle pour l’Aquitaine, a-t-il dit, et - "mais cela dépend de vous" -, une bonne nouvelle aussi pour le Languedoc-Roussillon, si les élus régionaux arrivent à convaincre le gouvernement d’en faire autant pour le tronçon Montpellier-Perpignan.

"Vous avez davantage d’arguments à faire valoir que nous n’en avons eu, en Aquitaine, pour plaider votre cause auprès du gouvernement, car vous êtes en avance sur nous du point de vue des études et parce que vous avez déjà Barcelone-Perpignan", a conclu Alain Lamassoure.

Le député européen nîmois Franck Proust réagit à l’annonce surprise d’Alain Lamassoure. "Nous avons abordé le sujet ce matin, en préfecture du Gard, où se tenait un comité du chantier de contournement Nîmes-Montpellier". "J’écris immédiatement au président du conseil régional, Christian Bourquin. Il faut vite que nous montions tous à Paris, quels que soient les bords politiques, les élus de la région, les députés, les sénateurs, les présidents des conseils généraux, les présidents des chambres économiques... pour demander la réinscription du tronçon Montpellier-Perpignan dans le calendrier des priorités nationales.

Quand on voit nos amis Aquitains, il est clair que la situation n’est pas immuable. Et je suppose que Bourquin a autant de pouvoir, à Paris, que les élus du Pays Basque. Nous avons la possibilité de bénéficier d’une manne de Bruxelles tout à fait considérable puisqu’elle peut aller jusqu’à 40 % des coûts. Il serait incompréhensible qu’on passe à côté de cette chance."

Eurosud transport

Le 17 octobre, à l'occasion des TEN-T Day's, grande réunion européenne consacrée chaque année aux réseaux trans-européens de transport (RTE-T ou TEN-T en anglais), l'Union européenne a confirmé depuis Tallin en Estonie, patrie du Commissaire européen chargé des transports Siim Kallas, le caractère prioritaire de la liaison Montpellier-Perpignan. Ce projet, repoussé à l'après 2030 par la commission Mobilité 21 en juin dernier, est pourtant bel bien éligible aux fonds européens considérables que l'UE souhaite attribuer dans les 10 ans à venir à 9 corridors de transport jugés prioritaires. En effet, pas moins de 26 milliards d'Euros sont prévus sur la période 2014-2020 pour ces projets, dans lesquels figure la liaison Montpellier-Perpignan. Ces financements peuvent être débloqués à condition que les états membres concernés (et dans ce cas précis, la France) en fassent effectivement la demande et présentent aux autorités européennes des projets argumentés. La Région Languedoc-Roussillon qui soutient activement cette liaison s'est félicitée de cette confirmation. (lire le communiqué de presse)

Ces informations corroborent les échanges tenus entre les élus du Languedoc-Roussillon (Jean-Claude Gayssot, Hélène Mandroux et Hervé Baro) et la Commission européenne (Matthieu Bertrand) lors du colloque du 9 octobre organisé à Paris par Eurosud Transport sur les LGV du Sud Ouest Européen.

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