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Un tract passionnant. J-P Damaggio

Le scandale financier de la ligne de Castelsarrasin à Beaumont de Lomagne

Petit récapitulatif sur l’historique de la ligne de Beaumont de Lomagne :

Depuis quelques années, les cheminots de l’Infra-pole SNCF assuraient l’entretien courant de cette ligne de 24 km et injectaient de 500 à 1000 traverses (lorsque RFF était généreux) sur cette ligne, avec l’aide de l’ELOG régional.

En tant qu’entreprise publique dont l’objectif premier était de faire rouler les trains, cette opération se faisait en début d’année, pour ne pas perturber les trains FRET qui desservent les coopératives agricoles Calisol (semences, grains, engrais) qui se trouvent sur cette ligne Voie Unique à Trafic Restreint (vitesse maxi 30 km/h). Cette ligne dessert aussi un dépôt d’essence appartenant au ministère de la Défense.

2012, RFF a décidé de remplacer 17600 traverses sur cette ligne de 24 km.

Vu l’importance du chantier et la politique menée à l’équipement, l’ELOG régional n’avait pas les moyens d’intervenir, et donc, ce chantier a été donné (offert) à une entreprise privée.

Pour faciliter la tâche à cette entreprise, RFF a décidé de travailler en domaine 3. La ligne a donc été fermée pendant environ 3 mois, alors que les cheminots SNCF ont, eux, toujours travaillé sans impacter les circulations ferroviaires.

Résultat : une partie du trafic a dû passer par la route !

Une fois le chantier terminé, la voie a été restituée à l’exploitant. Mais quelques jours plus tard, alors que des trains FRET avaient déjà circulé, INEXIA, filiale qui assurait la maitrise d’oeuvre et la sécurité, s’est aperçu que la voie n’était pas conforme pour les circulations ferroviaires ! Mesure d’urgence : l’UP INFRA décide d’arrêter les circulations sur une bonne partie de la ligne.

L’entreprise privée est revenue pour réparer les dégâts et la ligne a été fermée une deuxième fois; (on ne va pas énumérer toutes les anomalies mais pour la petite histoire, sachez qu’ils avaient quand même enfoncé des tirefonds bois dans des traverses bétons !!!)

Une fois tout remis en ordre, RFF a passé un appel d’offre pour la maintenance et l’entretien de cette ligne.

La ligne dédiée à un prestataire gestionnaire d’infrastructure (PGI)

C’est l’entreprise AGENIA (EGENIE + SFERIS) qui a remporté le marché et devient le nouveau Gestionnaire d’Infrastructure. Pour rappel, AGENIA est également le nouvel Opérateur Ferroviaire de Proximité (OFP) de Midi-Pyrénées…

Depuis le 02/04/13 la maintenance n’est donc plus assurée par des cheminots SNCF.

(Astreinte comprise).

Aujourd’hui RFF verse 360 000 euros/an à cette entreprise pour la maintenance de la ligne de Beaumont de Lomagne. Avant ces travaux, l’INFRA POLE ne disposait que de 140 000 euros par an pour faire l’entretien de cette même ligne !

Cherchez l’erreur : la somme pour entretenir cette ligne a plus que doublé alors qu’il y a eu pour 2,5 millions d’euros de travaux (17600 traverses neuves et 600 de réemploi ont été mises en voie, 2 platelages de passages à niveau refaits, des curages d’ouvrages hydrauliques effectués (7600 m), la peinture de 2 ouvrages d’art avec le remplacement d’attaches sur ces 2 ouvrages d’art et le câblage de tous les Passages à Niveau refait avec des câbles neufs, etc.….)

C’est scandaleux !!!

Et, comme nous ne sommes plus à un scandale près, la partie de voie comprise entre la gare de Castelsarrasin et le début de la ligne de Beaumont de Lomagne reste à la charge de l’UP INFRA ; c’est la seule partie sur laquelle l’entreprise privée n’a effectué aucun remplacement de traverses alors que celles-ci, toujours en bois, n’assurent plus le maintien correct de la voie au niveau de l’écartement ! De plus, cette portion de voie est contigüe à la voie principale qui roule à 160 km/h. !!! On n’ose imaginer les conséquences d’un déraillement à cet endroit.

Pour clôturer cette escroquerie, il a été répondu à nos dirigeants qui demandaient 500 à 1000 traverses pour rénover cette partie de voie qu’il n’y avait pas de budget…

Et oui, d’un côté on arrose les entreprises privées et les filiales SNCF et de l’autre on serre la ceinture aux cheminots et à l’entreprise publique.

Voilà, le résultat des politiques conjointes de RFF et de la SNCF

VOILÀ L’AVENIR DU FERROVIAIRE QU’ILS SOUHAITENT CONSTRUIRE EN FRANCE

Pour défendre l’avenir du service public, de l’entreprise publique SNCF et des cheminots, la CGT porte une proposition alternative : « la voie du service public »

Pour la CGT, ENSEMBLE ET MOBILISÉS, les cheminots doivent se mobiliser pour stopper la politique de casse du service public et imposer une réforme ayant pour finalité de faire du service public SNCF (fret et voyageurs) une réponse aux besoins de la population.

Toulouse le 14 avril 2013

Tag(s) : #action associations

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