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Avec l’émission télé Pièces à conviction, nous qui nous battons depuis quatre ans contre le projet Bordeaux-Toulouse, nous avons eu le plaisir de retrouver Marie Delaplace, Raymond Girardi, Yves Crozet, Victor Plachon avec des arguments que nous connaissons bien et qui trouvaient enfin une grosse caisse de résonance. Les défenseurs du tout LGV se sont presque tous débinés sauf Martin Malvy qui, en découvrant l’émission, a dû se sentir un peu solitaire. Nous avons vérifié nous aussi que RFF et toutes les forces qui tournent autour ont toujours refusé un débat public d’égal à égal, y compris devant le Conseil général du Lot et Garonne où RFF n’a accepté de parler aux côtés de Monsieur Claraco qu’à la condition qu’il n’y ait pas d’échanges en eux.

Pour caractériser le film, je retiens la formule : ils ont osé !

Ils ont osé montrer que sur Paris-Lyon la SNCF facture pour la part kilométrique 80 km en plus.

Ils ont osé montrer que Vinci va exploiter la ligne et que si le nombre de trains ne n’est pas suffisant la ligne sera retourné à l’Etat qui paiera deux fois : la ligne et les bénéfices de Vinci ! (10 à 20% plus cher dit le spécialiste) Ce n’est pas un révolutionnaire qui indique : « Pour Vinci l’essentiel c’est de capter les subventions publiques ! »

Ils ont osé demander à Malvy : « La ligne est saturée ? » et celui-ci de répondre : « Si elle ne l’est pas, elle le sera ! » Bien, mais quand ?

Ils ont osé montrer à Bussereau un rapport de 1998 contre la folie du tout LGV qu’il ne connaissait même pas.

Ils ont osé rappeler que si le TGV ne se vend pas dans le monde, le pendolino récupéré par Alstom oui… sauf en France !

La gare TGV, un effet d’image démontre Marie Delaplace.

Pourtant ça continue !

Dans le débat il y avait un défenseur des usagers qui a su répéter que l’argent mis dans les LGVs avait nui au train du quotidien mais qui, en même temps, car il est sans doute du secteur du Mans, reconnaît que Le Mans-Rennes c’est une bonne chose et que si à Reins il n’y a pas eu de retombées, au Mans oui. Sauf que dans la bouche de Malvy, au cours d’une réunion publique, celui-ci rappela que le cas de la gare du Mans tient plus à l’effet Fillon qu’à l’effet TGV, Fillon étant alors le baron de la Sarthe.

Le scoop

Martin Malvy annonce qu’il est prêt à payer pour Bordeaux-Toulouse 1 milliard 400 millions. La somme est colossale de chez colossal ! Au départ c’était 500 millions et comme nous le disons dans nos documents, il faut multiplier par trois, ce qu’il confirme ainsi ! Mais ce n’est pas que le Conseil régional qui doit multiplier par trois…

Quand va-t-on nous présenter publiquement la facture ?

Nous nous sommes adressés au préfet de région Aquitaine pour qu’on nous dise l’état du financement de Bordeaux-Tours mais sans réponse. Nous jonglons avec les milliards dans le secret des couloirs du pouvoir.

L’Etat et la SNCF ont d’abord refilé aux régions les trains régionaux et maintenant le train à grande vitesse… sur demande régionale ! Le monde à l’envers !

Bref, une émission fouillée d’où ont été absent les syndicats de cheminots qui vont à nouveau être en grève contre la privatisation. S’ils dénonçaient avec la même énergie la privatisation que représente la LGV Tours-Bordeaux, le lien avec les autres luttes sociales autour du rail serait plus facile à faire. Dans le cas de la grève, ils sont trop nombreux à penser qu’en fait il s’agit surtout de défendre le statut des cheminots, sans qu’apparaisse clairement le lien entre ce statut et les orientations de la SNCF en matière de grande vitesse. JP Damaggio

Pièces à conviction : débat sur TGV-LGV
Tag(s) : #médias, #Malvy, #LGV, #bordeaux, #toulouse
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