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Je n'ai jamais utilisé ce qu'on appelle une alerte google qui permet d'être informé dans l'instant sur les nouveautés en matière de LGV. Je préfère m'en remettre aux alertes ami-es-s qui connaissent ce blog et savent que je vais répercuter. Donc merci pour l'attention portée à cet article. Pour des raisons diverses j'aime beaucoup la ligne Toulouse-Tarbes mais qui est en fait Toulouse-Bayonne et ce qui arrive là nus rappelle une fois de plus que la priorité aux lignes existantes, si c'est à présent un objectif affiché par le gouvernement, reste encore à démontrer dans la pratique. JPD

Le mystère du rail disparu sur la ligne Toulouse-Tarbes Publié le 30/11/2013

Il manquait 129 cm de rail sur une portion de la ligne Toulouse-Tarbes, où les trains circulent à 160 km/h, mardi non loin de la gare de Carbonne. Vétusté, vandalisme, la cause reste mystérieuse.

On n’est pas passé loin du drame, mardi sur la ligne ferroviaire Toulouse-Tarbes, non loin de la gare de Carbonne. «Il manquait exactement 129 cm de rail sur une file de rail (un côté), un morceau de rail manquant datant de 1962», précise Stéphane Dedieu, délégué du personnel CGT-Cheminots, «je suis conducteur de train et je peux vous dire qu’il y aurait pu y avoir clairement un déraillement si un train était passé, car on circule ici à 160 km/h».

«L’incident n’aurait pas automatiquement provoqué un déraillement», corrige Christian Dubost, directeur régional de Réseau Ferré de France, la société nationale propriétaire du réseau ferroviaire français dont l’entretien est confié à SNCF. Le responsable n’a pas été en mesure de nous indiquer si des morceaux du rail manquant avaient pu être retrouvés sur le site. Et dans quel état.

«Les ruptures de rail arrivent, on sait les gérer, mais un manque d’une portion de rail d’1 m de long est un événement exceptionnel, très rare», avoue cependant le directeur régional RFF qui ne donne «pas d’explication a priori : des investigations sont en cours par des experts SNCF. Le problème a été détecté mardi matin et réparé dans la journée. Cela a fonctionné normalement».

«S’il y a eu vérification, c’est qu’il y avait eu signalement électrique d’un problème», note en effet Stéphane Dedieu, mais le syndicaliste CGT mandaté au CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de la SNCF met aussi en cause l’ancienneté de la ligne Toulouse-Tarbes et le manque de moyens, notamment humains, de la SNCF pour la maintenance : «Je ne fais pas de catastrophisme, je suis conducteur et j’ai confiance dans la qualité et l’entretien du réseau régional, mais force est de constater que cent emplois ont été supprimés en trois ans dans les services chargés de la surveillance et de l’entretien des rails. La ligne Toulouse-Tarbes est celle qui, sur la région, est la plus vieillissante. Les alertes y sont plus fréquentes. On a relevé sept ruptures de rail l’an dernier, on sait gérer ces incidents mais, là, le rail a cassé et plus d’1 m a disparu», rappelle le cheminot, «le CHSCT a demandé à la direction des documents sur les mesures effectuées en matière d’écartement, de nivellement et sur l’état des rails de la ligne, depuis l’incident de mardi, elle nous les refuse alors que les salariés ont pourtant le droit de savoir».

Christian Dubost a indiqué hier que 300 millions d’€ allaient être investis pour le renouvellement complet des rails sur Toulouse-Tarbes, entre 2016 et 2024, où les rails ont 50 ans d’âge : «On a décidé d’accélérer ce plan en changeant, dès janvier 2014, quelque 11 km de voies sur la portion concernée. La vitesse de circulation sera abaissée sur certains secteurs de la ligne».

La vitesse serait limitée à 100 km/h sur des portions à 160, 140 et 110 km/h, avec des limitations temporaires à 40 km/h dès le 13 décembre, de source syndicale.

travail : Un train à ultrasons ausculte les 1560 km de rails de la région

Laurent Giraud est le directeur de l’Infrapôle, le service SNCF de 600 employés chargés de la maintenance des 1 560 km de lignes circulées en Midi-Pyrénées. Revêtu d’un gilet jaune et très sourcilleux sur la sécurité des journalistes et des personnes qui l’accompagnent sur les voies de la gare Raynal à Toulouse, il explique : «Un train d’auscultation à ultrasons circule sur les voies à vitesse normale et repère chaque défaut des rails en acier, qui est marqué automatiquement par un jet de peinture jaune sur les traverses. Une équipe à pied vient ensuite sur chaque point marqué et procède à une échographie du rail, toujours par ultrasons, afin de mesurer la gravité du défaut. Suivant la profondeur et la longueur de celui-ci, il est classé «en observation», X1, X2 ou S (retrait immédiat) par niveau de gravité. On peut prévoir aussi le renforcement par la pose d’éclisses, sortes d’agrafes métalliques maintenant fermement le rail endommagé. Des travaux qui se font le plus souvent la nuit sur Toulouse-Tarbes, où il y a peu de fret».

Un autre train, appelé «voiture Mauzin», permet aussi de mesurer les problèmes d’écartement des rails et de nivellement des voies, selon Stéphane Dedieu, de la CGT Cheminots, qui se plaint de «la suppression de 100 postes en 3 ans au service maintenance». Philippe Emery

Un mètre de  rail manquant sur Toulouse-Tarbes
Tag(s) : #tarbes, #toulouse, #train

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