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Que Malvy se range à nos analyses au sujet des problèmes du TER, c'est génial. Que Malvy prenne la tête des révoltés du TER c'est superbe ! Aujourd'hui encore, ce sont les usagers du TER Agen-Toulouse qui célèbrent son coup de poing contre la SNCF ! (voir articles ci-dessous dans La Dépêche)

Sauf qu'il y a un petit problème : qui est l'opérateur ferroviaire pour le TER ? M. Malvy !

Double langage d'un élu ? C'est pire encore à mes yeux car sous cette opération doit se cacher des bagarres autres et les usagers mécontents du TER vont sans doute devoir attendre longtemps une amélioration du service malgré les cris de colère de celui qui est responsable du service qu'il dénigre !

En effet, il nous manque les documents indispensables pour combattre ce qui se passe. Quel élément de la convention n'est pas assuré par la SNCF ? Pourquoi le développement du TER provoque la crise du TER ? Quand la CGT déclare que Malvy demande trop, de quoi s'agit-il exactement ? Dans une région de l'Est (je vais vérifier laquelle) le président de Région a demandé une expertise pour évaluer le rapport entre les sommes versées par la Région et les services rendus par la SNCF. Résultat : les sommes versées sont surévaluées donc la Région en question peut organiser une pression plus précise sur la SNCF. Bref, nous suivons ce dossier avec attention car comme nous le disons depuis longtemps la priorité des financements doit aller au train du quotidien et non à la LGV. JPD

Articles de La Dépêche

Le TER Agen-Toulouse (13-02-2014)

«Martin Malvy a raison de taper du poing sur la table !» Les passagers du TER qui devait quitter la gare d’Agen à destination de Toulouse, mardi, à 18 h 22, ne décolèrent pas. «Certes, nous étions que dix passagers, mais on aurait aimé un peu plus de respect de la part des personnels de la SNCF».

Point de départ de cette mésaventure, «un passager visiblement alcoolisé qui refusait de quitter la voiture». Comme en plus il menaçait et expliquait à qui voulait l’entendre qu’il était «un ancien taulard», l’inquiétude est montée d’un cran dans le TER. «On imaginait que les agents de la SNCF alerteraient rapidement les policiers agenais et que l’affaire, au bout de dix minutes, aurait été réglée». Las ! À 19 heures, le passager ivre est toujours dans le train et un deuxième passager lui aussi dans un état second se mêle à la discussion. De fait, «la SNCF annule le train de 18 h 22 et commence à parler de taxis pour conduire tout le monde à bon port». Bien vite, cette solution de transport disparaît des négociations entamées par les passagers pour certains déjà remontés par une mésaventure datant de lundi soir, «le TER en provenance de Bordeaux est arrivé en gare d’Agen avec un retard de 3 minutes… la correspondance pour Toulouse n’a pas attendu». Résultat, «on a été obligé d’attendre le train suivant qui a quitté Agen à 20 h 23 !» Pas fiable, pas respectueux des passagers : ainsi les passagers du TER de 18 h 23 de mardi soir jugent-ils la SNCF. «En plus on a l’impression que les systèmes en Aquitaine et en Midi-Pyrénées ne fonctionnent pas selon les mêmes règles». Seule solution, mardi soir, attendre, de nouveau, le train de 20 h 23 pour une arrivée à Valence-d’Agen, destination de notre «grand témoin», programmée, d’abord, vers 19 heures. Deux heures de retard, «après une journée de travail, franchement, c’est inadmissible !» J.-L. A.

Le TER en général

Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées, a décidé de suspendre ses dotations à la SNCF, soit 140 millions d’euros par an. Une réponse exceptionnelle «justifiée par la dégradation du service», en particulier dans le quart nord-est de la Région, où «retards et suppressions de trains sont devenus chroniques.» Ce que les Régions Alsace-Lorraine et Aquitaine menaçaient de faire, Midi-Pyrénes a décidé de l’appliquer. Et d’autres régions pourront suivre, qui ont plus que jamais le sentiment de payer au prix fort le fonctionnement de leurs TER. «Cette suspension, ça couvait. Les usagers sont lassés par ces problèmes qui perturbent leur vie familiale et professionnelle», indique Alain Berthoumieu, de la Fédération des usagers (Fnaut).

«Voilà 25 ans, la micheline reliait directement Toulouse à Albi en 50 minutes. Maintenant, il faut 1 h 10», déplore Henri Plantevin de l’Unsa -cheminots, qui siège au comité d’entreprise de la SNCF et aux délégués du personnel pour les TER. L’élu albigeois emprunte tous les jours la ligne et vit sous la double casquette d’usager et de cheminot : «Ces retards sont récurrents, entre 5 et 40 minutes. On comprend l’agacement des voyageurs qui ont fait déjà le sacrifice de prendre le car pendant quatre mois, le temps des travaux de doublement de la voie vers Saint-Sulpice. Et voilà qu’ils sont à nouveau pénalisés…»

Là on tout le monde rêve d’un taux de régularité des trains maintenu à 95 %, ce taux a brusquement chuté à 70 % en décembre.

«En avril 1993, un certain Marc Censi, candidat à sa propre succession, projetait d’assurer, dès l’An 2000, des liaisons Toulouse-Rodez en 1 h 30. Aujourd’hui encore, il faut 2 h 10…», rappelle encore la Fnaut. Mais les usagers ne sont pas au bout de leur peine. La rénovation du viaduc du Viaur jusqu’au 28 septembre, eti la mise en chantier par l’Etat de la ligne Toulouse-Tarbes, rendront obligatoires des liaisons routières de substitution beaucoup plus longues. Vers Tarbes, 300 M€ seront affectés, jusqu’en 2024, au renouvellement par tronçons successifs de la totalité des voies.

Le doublement partiel du tronçon Toulouse-Saint-Sulpice laissait croire que tout rentrerait dans l’ordre et clôturerait en beauté le Plan Rail Midi-Pyrénées de 800M€ avec une amélioration des dessertes vers Albi, Rodez, Figeac, Castres… La réalité est autre.

Mais d’où proviennent ces dysfonctionnements en série ? D’abord du vieillissement du matériel à l’heure où la livraison des Regiolis d’Alstom nouvelle génération a pris du retard. Les motrices «X2 100», entre 30 et 40 ans d’âge, se heurtent à de fréquentes pannes moteur, à des circuits électriques défaillants, à des portes qui ne se referment pas, quand les roues ne patinent pas sous l’effet du film gras laissé par les feuilles mortes sur les rails… Le tableau est dressé par les cheminots et la CGT.

À cela s’ajoute l’apprentissage des conducteurs sur une ligne qu’ils apprennent à maîtriser. Sans parler des effets du «déverminage» des différentes fonctions : passages à niveau, signalisation… Et puis, la SNCF se heurte parfois au manque de mécaniciens, de contrôleurs, qui estiment travailler déjà à flux tendus. Sans oublier les divagations : en décembre, un âne trop aventureux et des moutons se sont fait écraser sur les voies…

Les cheminots espèrent un retour rapide des relations entre la SNCF et la Région. Pour eux, l’autorité organisatrice des transports a peut-être placé la barre très haut dans un plan de transport que la SNCF est incapable d’honorer. Et ce n’est ni l’État, ni les collectivités, compte tenu de la faiblesse de leurs budgets, qui pourront sortir la SNCF de l’ornière.

Jean-Marie Decorse

Tag(s) : #LGV, #train, #agen, #toulouse, #Malvy

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