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Le Conseil régional vint de faire avancer le projet d'autoroute Castres-Toulouse, par concession. La Dépêche a rendu compte de la décision en publiant une photo d'une manifestation de mai 2013 en faveur de ce projet alors que le jour même les opposants étaient rassemblés devant le Conseil régional ! (site des opposants) Opposition également passée à la trappe en ne disant rien des interventions d'EELV.

Comme pour le dossier LGV on assiste donc à la désinformation mêlé à des observations justes :

- oui, le PPP car il faut appeler par son nom le type actuel de concession, permet une construction plus rapide… - mais à quel prix ?

- oui, on peut améliorer le réseau routier… - mais avec quelles alternatives ?

A suivre. Jean-Paul Damaggio

La Dépêche

Moins chère, réalisée plus rapidement, l’option d’une autoroute pour relier Castres à la métropole régionale a été choisie, hier, par les élus régionaux.

«La seule option dont le coût soit raisonnable pour les collectivités est la mise en concession des 61 km séparant Castres de Verfeil» a affirmé Marie Déqué, vice-présidente du groupe Républicains & Territoires». «Il est indispensable que cette infrastructure routière soit réalisée» a renchéri Jacques Thouroude, du groupe Osons Midi-Pyrénées. «Entendez la voix des habitants du sud du Tarn et des acteurs sociaux économiques : une voie rapide, de toute urgence» a pour sa part affirmée Martine Gilmer, du Parti socialiste et Républicain.

Par 65 voix pour, 20 contre et 5 abstentions, la majorité des élus du conseil régional a voté, hier en séance plénière, pour la poursuite des études de l’aménagement de l’itinéraire Toulouse-Castres sous forme de concession. Les groupes Europe Écologie-Les Verts et le Front de gauche ont voté contre, regrettant que d’autres alternatives n’aient jamais été étudiées par l’État.

Le ton a été donné dès le matin par Martin Malvy. Pragmatique, il a plaidé pour une mise en concession de la RN 126, estimant que les aménagements sous forme de concession étaient plus rapides.

«Pourquoi refuser à Castres ce qui a été fait ailleurs»

Pour illustrer cette affirmation, le président du conseil régional a cité deux exemples des retards pris par les projets routiers sous maîtrise d’ouvrage de l’État : les raccordements d’Auch et de Rodez à Toulouse. Pour Auch-Toulouse, a-t-il expliqué, le débat a réellement commencé dans les années soixante-dix. Les premiers travaux ont débuté en 1987 et ne devraient s’achever que vers 2017. Soit plus de 30 ans de chantier. «Entre Toulouse, Albi et Rodez, on en parlait quand j’étais jeune. Les premiers travaux ont débuté en 1989 et devraient s’achever en 2016. Je me souviens aussi du débat sur l’aménagement de la RN20, du sud de la Corrèze à Montauban. Je pense que si un autre choix que la concession avait été fait, Cahors, Caussade et Montauban ne seraient toujours pas reliés à Toulouse et Paris par une voie rapide. Les travaux ne seraient pas finis. Il en serait de même pour Saint-Gaudens et Tarbes, Pamiers et Foix qui sont raccordés par autoroute à Toulouse», a-t-il précisé.

Pour Martin Malvy, les chefs-lieux de département raccordés à Toulouse par des deux fois deux voies l’ont tous été par des concessions. Ceux qui ne l’ont pas été, Auch et Rodez notamment, attendent toujours. «Que l’on ait une préférence pour la maîtrise d’ouvrage publique est une chose. Peut-on, au nom d’une préférence, refuser à Castres ce qui a été fait ailleurs», a-t-il ajouté.

Après le conseil général du Tarn, la communauté d’agglomération de Castres-Mazamet, les élus régionaux ont donc donné leur feu vert en faveur de la concession, non sans avoir, au préalable, évoqué quelques incertitudes. Un concessionnaire se présentera-t-il ? Quelles seront ses conditions ? Quid du tracé définitif, des échangeurs ou des itinéraires de substitution ? Quel sera le prix du péage, actuellement évalué à 7 euros environ pour l’intégralité du parcours Toulouse-Castres ? Un tarif qui, pour Jeanne Jimenez, du Front de gauche, laisse craindre une «autoroute pour les riches».

Au-delà de ces questions, le Tarnais Bernard Raynaud (PRG) a estimé que ce vote constituait une «étape déterminante» dans le futur désenclavement du sud du Tarn.

Coûts et délais

Dans les deux cas, autoroute ou mise à 2x2 voies phasée gratuite, l’estimation du coût de l’aménagement complet est équivalent : 500 millions d’euros. La différence, c’est le coût pour les collectivités appelées à participer au financement à parité avec l’État : 90 millions d’euros en cas de concession, 275 millions d’euros dans le second cas.

Dans un contexte budgétaire tendu, cet écart important a pesé sur les décisions des collectivités.

Autre élément qui explique le vote des élus : la date d’achèvement théorique. 2021, 2022 pour l’autoroute, 2030, au minimum, pour un réseau routier classique à 2x2 voies. Quand on sait que ce dossier de la liaison Toulouse-Castres date de plus de 30 ans, on comprend mieux l’impatience des uns et des autres. Une fois finalisée la concertation engagée pour les échangeurs, les itinéraires de substitution, une fois le tracé arrêté, la mise à l’enquête publique pourrait intervenir au deuxième trimestre 2015. Le décret de déclaration d’utilité publique pourrait être pris au premier semestre 2016 et les travaux engagés mi-2019 pour une mise en service fin 2021 début 2022. S.B

Autoroute Castres-Toulouse
Tag(s) : #action associations, #castres

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