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Pas à pas, de manière étudiée et mesurée, mais sans faiblir, le train à 1 euro s'impose en Languedoc Roussillon. Il y a des contraintes variables mais le fait est là et face à cette réalité, nous ne pouvons que nous interroger sur les grands cris de Malvy contre la SNCF. Ce principe du train à 1 euro avait été lancé par Georges Frèche qui avait une mauvaise image du "tout LGV". Voici un long article du Midi Libre qui fait le point aujourd'hui 1er mars. Jean-Paul Damaggio

Languedoc-Roussillon / SNCF : dans le train à 1 €, les places seront chères

OLIVIER SCHLAMA

Il faudra obligatoirement réserver son TER par internet dès le 5 janvier 2015, quand toute la région Languedoc-Roussillon sera desservie.

Les rails vont être en surchauffe. Dans moins d’un an, le train à 1€, chère idée du président PS de Région, sera généralisé aux 1 500 km du réseau SNCF du Languedoc-Roussillon. La date ? "Le 5 janvier à 0 heure", a dit précisément Christian Bourquin, vendredi 28 février lors d’un point presse.

La Région compte sur la réservation par internet

Si le succès est au rendez-vous, à l’image du test effectué sur cinq lignes depuis 2011, les deux cents TER quotidiens qui sillonnent la région n’y suffiront pas. La Région compte sur la réservation par internet et le futur contournement de Nîmes et Montpellier qui permettra de rajouter un TER par heure - en heures de pointe - entre Nîmes et Béziers.

"Chaque jour, quelque 23 000 voyageurs empruntent les TER régionaux, dont la moitié sont des abonnés", a expliqué Alain Le Vern, nouveau directeur régions de la SNCF qui s’exprimait pour la première fois depuis sa prise de fonction (lire ci-dessous). Les usagers vont devoir changer radicalement leurs habitudes : "Tous les usagers devront réserver obligatoirement leur place sur internet", a répété Christian Bourquin. "Pour les abonnés, dans un premier temps, rien ne change, a précisé Alain Le Vern. Leur place est réservée a priori et leurs tarifs ne bougent pas pour l’instant. Nous verrons avec eux en septembre 2015 notamment en terme de tarifs", rappelant que le tarif est inférieur à 1 € (0,85 cent) pour 50 km.

Hors abonnement, il y aura donc un quota de places pour le train à 1€

On pourra toujours acheter un billet au dernier moment au guichet mais à plein tarif et sous réserve qu’il y ait encore de la place. Cela risque d’être un joyeux casse-tête... Hors abonnement, il y aura donc un quota de places pour le train à 1€. "Entre 2 000 et 4 000 places quotidiennes seront réservées au train à 1 €", a complété Alain Guédira. Le futur ex-responsable régional de la SNCF, qui doit bientôt s’occuper des Intercités, a précisé que la réservation par internet "permet de réduire les coûts.

"Mon ambition est que les trains soient pleins aussi en dehors des heures de pointe"

Variable, ce quota dépendra des lignes, des heures, des lieux". C’est-à-dire que les places à 1 € seront majoritairement réservées dans les TER les moins remplis. Du coup, "il n’y aura pas de gens debout ni de trains bondés. Chacun aura une place. Il sera possible de réserver dès le 15 décembre prochain", a promis le président Bourquin. "Mon ambition est que les trains soient pleins aussi en dehors des heures de pointe", a-t-il encore assuré. La SNCF, elle, y trouve son compte en remplissant des lignes parfois faméliques.

"Ce train à 1 € est une première en France"

Et si on emprunte un TER sortant de la région, deux tarifs s’ajouteront : "Jusqu’à la frontière administrative, on paiera un 1 €. Au-delà, on appliquera une péréquation du tarif habituel", a souligné Alain Le Vern. "Ce train à 1 € est une première en France. Elle doit permettre une croissance à deux chiffres du nombre de passagers. On doit optimiser le matériel mis sur les rails. La clef, c’est la réservation", a repris le directeur régions et Intercités de la SNCF, Alain Le Vern.

"J’ai beaucoup aimé", a encore confié Alain Le Vern

Lancées depuis 2011, des expérimentations dans chacun des cinq départements de la région ont toutes rencontré le succès, hausse de fréquentation à la clef. Ainsi en est-il de la ligne entre Nîmes et Le Grau-du-Roi qui a fait un bond de 170 %. "En août dernier, quand j’étais dans le Gard dans ma maison secondaire, j’ai emprunté cette ligne, elle est très bien : bucolique et familiale. J’ai beaucoup aimé", a encore confié Alain Le Vern. La dernière ligne expérimentée en décembre 2012, pour des trajets domicile-travail, entre Béziers et Ceilhes (Hérault), a aussi connu une hausse de 30 %.

ALAIN LE VERN : "LES CRITIQUES DES RÉGIONS, UN BRUIT DE FOND INJUSTE"

Le directeur général régions et Intercités de la SNCF, Alain Le Vern, qui présidait jusqu’en septembre le conseil régional de Haute-Normandie, a réagi aux retards et suppressions de trains "inacceptables", selon le président (PS) de la région Midi-Pyrénées Martin Malvy.

Le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais a aussi gelé ses versements, en raison d’un désaccord sur une réduction des horaires d’ouverture de certains guichets. Pas de ça en Languedoc-Roussillon, où Christian Bourquin a dit vendredi 28 février que les discussions sont ardues mais que la convention avec la SNCF - actuellement de 106 millions d'euros - sera reconduite jusqu’en 2015, le temps de prendre la mesure de la généralisation du train à 1 euro qui fait l’objet pour la Région d’une contrepartie de 3,5 millions d'euros, comblant notamment le manque à gagner pour la SNCF.

"Ce qui me frappe, c’est qu’il y a un bruit de fond qui me semble un peu injuste et disproportionné, avait dit un peu plus tôt Alain Le Vern. Parce que le système TER en France a présenté un taux de 92 % de régularité en 2013. Les régions ont raison d’être exigeantes vis-à-vis de la SNCF, et de se soucier de l’argent public. Et elles ont des raisons de se plaindre, de vouloir transparence et efficacité. Difficulté financière ou pas, une entreprise de transport et de service public comme la SNCF doit de toute façon procéder au prix juste."

Selon Alain Le Vern, son rôle est d’aller à la rencontre des présidents de régions. "J’espère qu’après avoir eu une discussion courtoise et transparente, j’aurai établi un climat de confiance. La transparence vis-à-vis des régions est une priorité : nous allons ouvrir nos comptes, ligne par ligne, activité par activité, région par région. Dans les leviers qui concernent les coûts du service ferroviaire, il y a la maintenance, la conduite des trains, mais aussi les gares. Par exemple, pour les guichets, leur coût n’est pas le même selon que l’on vend dix tickets par jour ou des centaines.

"À propos des régions, qui financent les trains et qui demandent régulièrement à en être propriétaires et à se tourner vers la concurrence, il dit : "Les régions ont beaucoup investi depuis 2002, à hauteur de 9 milliards d’euros pour le matériel roulant. Le 5 mars, l’Association des régions de France (ARF) procède à des auditions (...) et auditionne donc la SNCF. On est très ouverts. Les régions décideront des suites à donner : ou bien elles constatent que le système actuel n’est pas si mauvais, ou bien, il faudra trouver une méthode autre. La concurrence n’est pas un épouvantail, c’est une façon aussi de vérifier notre performance".

Le train à 1 euro en Languedoc Roussillon
Tag(s) : #train

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