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Le Canard enchaîné révèle dans un article bref une ineptie : il faut raboter des quais pour y faire passer les nouveaux TER ! La dépêche du Midi reprend le même jour l’article du Canard, à croire que certains ont le journal avant d’autres. Pour y apporter deux infos de plus : Martin Malvy disant que « le problème est connu depuis des mois » et Cuvillier disant : « une situation rocambolesque ».

Malvy connaissait le problème depuis des mois (et on s’en doute puisque 300 km de quais ont déjà été rabotés !) mais l’info n’était pas digne de La Dépêche ? Il faut que Canard sorte le sujet pou qu’il soit digne d’intérêt ?

Cuvillier et d’autres expliquent le problème par la division RFF-SNCF, division votée par la droite et mise en place par Jospin avec son ministre des transports communistes J-C Gayssot.

Pour moi, la leçon de cette affaire, c’est la preuve de la désinformation autour de la SNCF (l’article du Canard ne révèle qu’un pan de l’affaire puisque rien de précis n’est donné quand aux lignes touchées) et la preuve que l’ineptie doit être beaucoup plus vaste. Par exemple, rien n’est dit sur le fait que les trains sont plus larges pour l’accès handicapés question qui en fait doit être étudiée avec minutie. A suivre. J-P Damaggio

1200 quais dans les brumes

La SNCF a commandé près de 2 000 nouvelles rames pour ses futurs TER. Problème : elles sont un poil trop larges. Il faudra raboter les quais de centaines de gares.

Une véritable histoire de trains fous. La SNCF et les Régions ont mis sur les rails, depuis cinq ans, un vaste plan de renouvellement des trains express régionaux (les TER). Deux constructeurs se partagent le marché, qui, s’il arrive à quai, s'élèvera au total à une quinzaine de milliards d'euros : Alstom, avec un millier de promesses de commandes pour son Régiolis, le canadien Bombardier, avec 860 réservations pour son Régio 2N. La SNCF a réglé toute l'ingénierie. C'est elle qui a organisé et géré l'appel d’offres. Elle aussi qui a défini le cahier des charges, avec, notamment, les dimensions des nouvelles rames.

Train-train administratif

La société nationale devait en particulier s'assurer que les futurs TER, plus larges que les rames actuellement en service, puissent rouler sans problème sur les voies de nos provinces les plus reculées. Elle a donc interrogé Réseau ferré de France (RFF), propriétaire et gestionnaire des rails de l'Hexagone, avant de fixer les dimensions des futures rames. Dans un climat de franche hostilité, RFF a donc fourni à la SNCF les écarts existants entre les wagons et les quais, qui datent d’une trentaine d'années. Soit une dizaine de centimètres de part et d'autre. Compte tenu du progrès qui permet de ramener à 1 cm cet intervalle, la SNCF a autorisé les constructeurs à élargir leurs voitures de 20 cm. En principe, ça aurait pu coller, parfois d'extrême justesse. Sauf que nombre de gares ont été construites plus de cinquante ans avant l’adoption de ces normes, c'est-à-dire à une époque où les trains étaient nettement moins bedonnants.

Gare à l'embonpoint

Or les savants ingénieurs de la SNCF ont omis de vérifier la réalité sur le terrain. Conséquence, selon l'Association des Régions de France sue préside le socialiste Alain Rousset : 1200 quais sont trop proches des voies pour laisser passer les trains. RFF en a raboté, à ce jour, 300, tantôt intégralement, tantôt sur quelques mètres. La Région Midi-Pyrénées a été l'une des plus touchées. Pas de chance : le président du conseil régional Martin Malvy, vient à peine de financer un plan pharaonique (500 millions d'euros) de modernisation du réseau. A Lyon, il a fallu déplacer des rails à l'entrée d'une gare, car un train aurait pu en casser un autre. De nombreuses gares du Centre risquent de connaître la même galère avec ces rames.

Qui va payer ? RFF, qui vient de débloquer d'urgence 80 millions (mais la note risque d’être beaucoup plus salée), s'est tourné vers les Régions pour obtenir de partager la douloureuse. Celles-ci font la sourde oreille. Or RFF subit aussi une réduction de la dotation de l'Etat et s'enfonce chaque année un peu plus dans l'endettement. Du coup, le propriétaire du réseau envisage de tendre sa sébile à la SNCF. Laquelle crié également famine. La largeur des crédits est mal calculée.

Jérôme Canard

Ineptes rails à raboter ?
Tag(s) : #médias, #Malvy, #train

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