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(encore une fois, je sors des règles de ce blog pour en utiliser un service : la capacité d'archiver)

En 1992, Herrero est venu à Montauban présenter son livre, l’Ami Indien. Il y raconte son enfance et sa jeunesse du temps où il était du camp des indiens contre le cowboy ce qui le poussa à réaliser un de ses rêves, partir à 20 ans pour les Amériques. Le style ne manque pas de brio, aussi alerte qu’un trois quart centre. Et le témoignage de symboles.

Toulon est toujours en haut de l’affiche et en souvenir de ma propre enfance je ne regarde pas sans émotion le combat actuel des Verts et Noirs de Montauban pour monter en Pro D2.

Bref, sensible au rugby, aux indiens et au style d’Herrero je m’étais empressé d’acheter son livre et de lui demander, fait rare, une dédicace. « Je t’invite humblement sur les routes de mes grands espaces sans frontières… en liberté ! »

Le Western a façonné toute une jeunesse dont je me demande à présent par quoi elle est façonnée. Par le cinéma, les illustrés il fallait se prononcer entre le bon et le méchant.

Sur ce plan comme sur d’autres, 68 passera par là et Géronimo entrera alors dans la légende. Tout le drame de cet affrontement entre le bon et le méchant faisait que le défenseur du méchant pouvait, par générosité, devenir aussi bête que le défenseur du bon ! Toute l’idéologie du bon sauvage a eu de multiples conséquences : pour ridiculiser notre civilisation donc la démocratie, pour magnifier certains types de religion contre d’autres etc.

Les Incas par exemple, et ça transparaît dans le livre d’Herrero, n’était pas les infâmes exploiteurs de peuples indiens mais les glorieuses victimes de la tuerie immonde du colonisateur espagnol.

Je crois qu’on appelle ça le manichéisme qui privilégie le théâtre de la vie à la vie du théâtre.

Avec le livre comme j’en ai l’habitude, j’avais à l’époque collé un article que j’offre aujourd’hui, un article de l’Humanité Dimanche écrit par Jack Dion qui aime le théâtre et qu’on peut lire dans Marianne. C’était en 1994 et depuis vingt ans que d’eaux plus ou moins polluées ont circulé sous les ponts de nos vies.

Jean-Paul Damaggio

Herrero dans l'Huma

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