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Petit à petit l'idée d'abandonner des projets LGV fait son chemin. Et aussitôt de "grands élus" montent au créneau (voir deux articles). D'une part c'est avec raison quand ils constatent que des millions ont été investis sans suite. D'autre part c'est avec tort car à poursuivre dans le même sens les pertes seraient encore plus colossales. La raison finira-t-elle par l'emporter ?

Quand on va sur le site de RFF concernant cette LGV on constate que depuis mars 2012, suite à un article se réjouissant du financement, il n'y a plus rien, et sur le site des actualités en général c'est le calme plat depuis un an. JPD

Abandon de la LGV Rhin-Rhône ? Marie-Guite Dufay se dit "stupéfaite" et écrit à la SNCF et à l'Etat

Publié le 30 juillet 2014

Après l'annonce de l'avenir incertain de l'exploitation de la LGV Rhin-Rhône dans un article du site Les Echos publié le 23 juillet 2014, Marie-Guite Dufay dit être "stupéfaite" et "conteste formellement les bases sur lesquelles les scénarios ont été établis"...

Dans l'article des Echos, trois scénarios sont proposés "pour sauver le TGV" alors que la SNCF est actuellement en période de réflexion concernant la pérennisation du TGV : "la direction a présenté aux membres du conseil d’administration trois scénarios exploratoires basés sur un horizon à dix ans, dont deux scénarios extrêmes" indique le site. Parmi les trois possibilités, l'abandon de l'exploitation Rhin-Rhône.

"Présidente d’une Région qui a financé à hauteur de 216 millions d’euros, sur un total de plus de 2,5 milliards d’euros, la première phase de la LGV, et Présidente de l'association Trans Europe TGV qui a su mobiliser l'ensemble du territoire pour y faire entrer la grande vitesse", Marie-Guite Dufay "conteste formellement" les bases sur lesquelles ces scénarios ont été établis. Elle ajoute que "C’est méconnaître la montée en charge progressive mais réelle de la fréquentation de cette nouvelle ligne, qui approche les 10 millions de voyageurs par an, après un peu plus de deux ans d'exploitation, alors qu'Eurostar a mis plus de 20 ans à franchir ce cap. Sa fréquentation internationale (plus de 20% de la clientèle) en fait l'un des maillons essentiels de la carte ferroviaire européenne".

Elle a saisi mardi 29 juillet 2014, par écrit, le Président de la SNCF et le secrétaire d'Etat aux transports pour en appeler à la responsabilité collective. La nouvelle loi ferroviaire prévoit en effet une gouvernance équilibrée entre l'Etat, les collectivités locales, les gestionnaires et les exploitants du réseau, pour réguler le marché ferroviaire au service de l'intérêt général.

Les réactions du côté de l'UDI

Selon Philippe Gonon, vice-président de l'UDI 25, "Ce serait porter un coup terrible à notre territoire que d’être obligé de prendre un TER pour se raccorder aux grandes lignes TGV, les seules rentables." Selon lui, cette "affaire" déclenche trois réflexions :

"Dans la bataille du rail qui s’engage, la dimension Bourgogne Franche-Comté est manifestement insuffisante car la ligne Rhin Rhône déborde largement le cadre géographique de notre future petite entité régionale puisqu’elle concerne aussi l’Alsace et Rhône Alpes. Le cadre qui sera demain le notre est déjà dépassé en terme de transports."

"Il faut pour discuter face au binôme RFF/SNCF, une autre dimension économique que celle d’une petite région ( plus petit PIB de France) , même regroupée, pour s’opposer à des choix de ces puissantes citadelles publiques . La région Centre Est ou Grand Est seraient certainement plus adaptées à ces bras de fer."

"Le prolongement vers le sud est implicitement condamné financièrement par ces réflexions, de même que l’extension vers le nord."

Philippe Gonon indique également qu'"Il faut des à présent une autre politique de transport qui développera la ligne TGV Rhin Rhône, qui affirmera son rôle essentiel par ses prolongations Nord / Sud et qui n’hésitera pas à ouvrir des négociations avec des opérateurs privés pour exploiter cette ligne avec des rames pouvant être achetées par des entités régionales : un service régional TGV du grand est et du Centre Est." Il ajoute que "Sans cette nouvelle approche, la Franche Comté reculera de 30 ans dans la gestion de ses flux de voyageurs et de fret".

Enfin le vice-président de l'UDI 25 considère que "Si la menace de fermeture de la ligne se précisait : quid de la zone d’Auxon à coté d’une gare TGV qui n’atteint pas ces objectifs. Pas d’entreprises, moins de voyageurs et d’échanges ; tout est lié. Quel avenir pour ces 100 000 mètres carrés d’une zone toujours vide depuis 2011 et dont la vocation a déjà changé de nature ? La réponse est simple : il conviendrait de la transformer en une grande réserve naturelle dédiée à la protection d’une espèce en voir de disparition dans notre région: l’homo economicus."

Lignes à Grande Vitesse : les projets POCL et Rhin-Rhône probablement abandonnés

Par Michel Deprost le 2 août 2014

La SNCF a décidé ces dernières semaines l’abandon de deux projets de Lignes à Grande Vitesse : Paris Orléans Clermont Lyon et Rhin-Rhône.

Les effets de la réforme ferroviaire adoptée par le Parlement ne tardent pas à se faire sentir. La réforme crée trois établissements liés: la SNCF, qui deviendra établissement de tête, et deux établissements, SNCF Réseaux pour les infrastructures et SNCF Mobilité pour le transport ouvert à la concurrence.

Le but est de gérer d’une manière plus rationnelle un système à bout de souffle à plusieurs égards: LGV à la rentabilité incertaine, réseau classique à moderniser et à sécuriser, TGV à leur apogée, Trains d’Equilibre des Territoires à la recherche d’un nouveau souffle, TER onéreux pour les Région.

Il y a deux ans le rapport Duron a préconisé de mettre de l’ordre dans les priorités pour tenir compte des contraintes financières de la nation et de la rentabilité envisageable. L’abandon de POCL par le futur groupe, annoncé par le quotidien les Echos il y a quelques semaines, après le report au delà de 2030, contraindra à étudier des solutions pour quand même améliorer la desserte Paris-Clermont-Ferrand et de là les dessertes vers d’autres villes d’Auvergne.

La LGV Rhin-Rhône, avait elle du plomb dans l’aile depuis longtemps. Certes Rhône-Alpes veut être mieux reliée à l’Allemagne, à l’Alsace, au nord de la Suisse. Et réciproquement. La Franche Comté souhaite être aussi désenclavée.

Thierry Zettel, qui fut pendant près d’un quart de siècle le secrétaire général de l’association Trans Europe TGV Rhin-Rhône créée par Jean-Pierre Chevènement, rappelle que » dans l’ombre du sénateur du Territoire de Belfort, il a oeuvré pour que la Franche-Comté ait enfin son TGV. « Le terme est symbolique: avoir « son TGV ».

Le fait qu’elle puisse le perdre le met hors de lui : « C’est clairement le début d’une campagne de déstabilisation, avec la volonté de couper l’herbe sous le pied à tous ceux qui veulent porter le projet à son terme. Notre TGV est tronqué, la branche Est notamment n’est pas totalement terminée et nous ne bénéficions pas des temps de parcours normaux. Les dessertes du Rhin-Rhône devant être renégociées en 2015, la SNCF ne voudra jamais en rajouter, alors qu’elles sont déjà insuffisantes. Pire, elle fait preuve de malhonnêteté en lançant un tel ballon d’essai au coeur de l’été, afin de placer le TGV Rhin-Rhône en mauvaise posture. Il faut dire qu’il a toujours été sur la sellette ».

Thierry Zettel poursuit : « La suppression de la totalité de la ligne telle qu’elle est envisagée, en termes d’exploitation, est un scénario insupportable. On ne peut que s’inquiéter d’une telle perspective alors que le frein est mis sur la deuxième phase du projet et que le TGV-Est va bientôt relier Paris à Bâle, avec un temps de transport comparable au Rhin-Rhône. Il faut d’ailleurs noter que la gare de Lyon à Paris, est saturée alors que la gare de l’Est ne l’est pas… ».

C’est une nouvelle vision du rôle du rail qui se dessine, dans laquelle l’Etat entend reprendre la main en définissant le schéma national ferroviaire.

michel.deprost@enviscope.com

Abandonner des LGV ?
Tag(s) : #LGV

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