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Un film d'Etienne Clerk

Nouveau reportage TV sur une LGV et cette fois c'est Paris-Marseille (chaîne LCP et vous pouvez y accéder en cliquant sur le lien au-dessus).

La dette

Au début l'ancien ministre du PCF Gayssot, qui est le premier à parler, évoque le train en général (unité nationale, égalité des citoyens etc.) et place donc la LGV dans une histoire en continue. A la fin du reportage le même homme indique qu'à son arrivée au pouvoir "La SNCF était au bord de la faillite en 1997 à cause du tout LGV". Mais la tendance a-t-elle été inversée sous son gouvernement ? En fait la faillite de la SNCF a été reportée sur RFF même si Jospin avait promis que le loi toute fraîche sur la création de RFF serait abandonnée. Aujourd'hui c'est clair, RFF a servi à masquer une dette qui n'a fait qu'empirer depuis !

La démocratie

L'ingénieur : "Un ligne Lyon-Marseille évidente pour tout le monde : les cheminots, les techniciens, les financeurs" Car en effet c'est là… tout le monde. Or le reportage le montre : la LGV c'est pour les classes aisées avec un abonnement en deuxième classe à 7000 euros par an. Drôle de conception de la démocratie ! Il y a eu bien sûr explosion de l'immobilier dans une partie de Marseille (celle pour les plus fortunés) mais il faudrait voir commet a été porté l'effort de rénovation sur l'ensemble de la ville.

Et à la fin des personnes rappellent que pour faire Aix-Marseille en TER la ligne n'est pas encore électrifié. Que pour aller à Cavaillon, il faut prendre la voiture.

Le temps de parcours

22 septembre 1981 inauguration de la ligne n°1 (Paris-Lyon). Le succès !

Le temps de parcours Paris-Marseille : 1873, 16 h 30 ; 1962, 7 h 10 ; 1874 : 4 h 15.

Le reportage rappelle que "Le chiffre de trois heures pour Paris-Marseille était sacré". "C'est le point de basculement entre train et avion" indique la SNCF.

Pourquoi ne pas avoir vérifié si le chiffre de trois heures est réel aujourd'hui ? L'étude Claraco montre que le temps moyen est bien au-delà de 3h 30 ! Quoi qu'il en soit on a la preuve que les lignes existantes peuvent fortement évoluer : en 1962 il était donc plus rapide d'aller de Toulouse à Paris que de Marseille à Paris !

Les gares

"Tout le monde veut la gare mais pas la ligne. Donc il a fallu dépenser plus."

Informe Gayssot. Le prix au km est devenu trois fois plus cher que le Lyon-Paris. A cette époque là c'est l'Etat qui prend tout en charge. Mais le reportage pointe que : "Les gares betteraves sont des gares fantômes sauf Aix avec 3 millions de voyageurs par an."

Qui rêve de faire de Montauban l'Aix de Toulouse ?

Les luttes

Il y a eu des manifestations à 5000 mais surtout pour que le tracé passe ailleurs. Sauf à la fin où le dernier tronçon aurait pu passer par les voies existants. Les opposants pointent une histoire que nous connaissons bien d'autant qu'il n'y avait pas eu de débat public (escamoté chez nous) avec surtout la fierté des techniciens.

"1994 la DUP balaie cinq ans de lutte."

Les opposants constatent que cinq ans après on commence à les écouter avec l'effort gouvernemental en direction du transport du quotidien. Sauf qu'en 2017 on inaugurera des LGV comme jamais suite aux décisions prises avant 2012 !

La concurrence

"Le train prend alors deux tiers des parts de marché à l'avion."

Qu'en est-il aujourd'hui où l'avion a riposté avec des tarifs plus attractifs ?

Mais la philosophie de fond est là : comme aux USA on ne compte plus en km mais en minutes : le temps bat l'espace. Time is money ! Un constat qui n'est pas que négatif mais qui fait dire ensuite que la France est ainsi devenue une ville à un moment où des millions de Français veulent vivre à la campagne ! La LGV est là pour tuer les espaces intermédiaires jusqu'au jour où les métropoles devenant ingérables il faudra réorienter la politique.

Le développement économique

Un débat est évoqué pour savoir ce qui tient à la LGV et ce qui est différent.

Bien sûr des restaurants ont vu leur clientèle augmenter avec les fameux "Parisiens". Comme si le voyage se faisait dans un seul sens : Paris-Marseille et pas Marseille-Paris.

D'ailleurs le schéma est bien en place : les touristes font Paris-Marseille et des travailleurs fortunés font Aix-Paris.

Comme dans des tas d'autres études, il apparaît très difficile de faire la part des choses. Sans la LGV Toulouse a connu un tel boum de développement… qu'il sert à demander l'arrivée de la LGV !

Un reportage utile. Jean-Paul Damaggio

P.S. sur la photo la LGV à Cavaillon où le train ne fait que passer si bien que pour aller d'Aix à Cavaillon il vaut mieux prendre la voiture.

Plus belle la voie : Paris-Marseille
Tag(s) : #LGV

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