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Pour cette réunion c’est Jackie Bernardin qui a rappelé les différentes raisons justifiant notre condamnation du projet LGV au bénéfice d’une rénovation des lignes existantes.

Exposé clair, argumenté que nous avons à présent l’habitude de présenter dans les dizaines de réunions réalisées depuis 5 ans.

Puis le débat à porté de manière spécifique sur le moment crucial de l’enquête d’utilité publique qui vise à faire passer le projet de la discussion à la décision. Pendant cinq ans on pouvait s’inquiéter par exemple sur le fait que le chemin de l’amitié à Angeville soit coupé, détourné ou maintenu. Avec les documents de l’EUP la réponse est claire : ce chemin sera maintenu, tel autre sera supprimé et dans certains cas il y aura des détournements. L’exemple des chemins n’est ici qu’un exemple mais un exemple difficile à trouver dans les 12 000 pages de l’EUP.

C’est dans la réunion du lendemain que Pierre Ortavent pointera le fait que dans le glossaire, le mot « financement » est absent.

Or cette question est majeure car si demain la décision peut être prise par la DUP (prévue à la mi-2016) nous savons qu’il y a ensuite loin de la décision à l’acte. Une DUP est valable 5 ans et peut être prorogée 5 ans de plus voilà pourquoi en 2014 il a fallu commencer à construire le contournement de Nîmes-Montpellier dont la DUP avait été signée en 2005 !

Une discussion a eu lieu sur le rapport entre EUP, DUP et plan de financement.

Jackie Bernardin relisant le dossier du maître d’œuvre de 2005, donc RFF a pointé une phrase claire et nette p.89 :

“L’étude du plan de financement du projet d’infrastructure n’intervient en effet qu’au moment de la phase d’APS et fait partie intégrante du dossier d’enquête préalable à la Déclaration d’utilité publique (DUP)”.

En matière de LGV nous vérifions une fois de plus qu’il y a loin de la loi à la pratique. Pour la LGV Bordeaux-Tours la construction a commencé sans un financement global puisqu’encore en septembre 2013 le préfet de région Aquitaine reconnaissait qu’il manquait 500 millions ! Pour le projet Limoges-Poitiers le gouvernement a d’abord insisté : pas de DUP sans plan de financement clair pour les deux milliards nécessaires. La date limite de signature de la DUP approchant (mi-décembre) les élus régionaux du Limosin ont rencontré Hollande et en sont revenus en disant qu’ils avaient l’assurance de cette signature même si seulement 700 millions sont rassemblés et même si la séance du Conseil régional du Limousin du 14 octobre se proposait de voter seulement une convention de financement de 110 millions pour payer les nouvelles études de pré construction ! Preuve que cette fin d’années 2014 va être cruciale pour la folie LGV !

Il a été question des problèmes concrets sur le secteur d’Angeville qui au départ avait semblé très peu impacté. Ainsi, comme sur Caumont, sur Campsas et ailleurs, des personnes se sont vues avec une ligne devant leurs fenêtres, qui étaient prévues ailleurs. Comme l’avait expliqué l’avocat à Roquefort, il faut que chacun n’hésite pas sur les points particuliers à vérifier les propositions du dossier, à faire les réclamations souhaitées en prévision d’éventuels recours devant les tribunaux.

Cette première réunion de mobilisation, en présence d’un commissaire enquêteur venu pour écouter attentivement (nous l’en remercions), a donc été le moment de faire les comptes surtout sur le secteur des petits villages de Lomagne. A été pointé le fait d’attitude variables des élus : à Auvillar le maire ne souhaite discuter qu’avec les personnes strictement impactées comme si un projet ferroviaire n’était pas l’affaire de tous, à Dunes par contre une réunion publique est prévue pour la première fois, et à Angeville la moitié des élus étaient présents pour écouter dont le maire et les deux adjoints. C’est aussi au moment de l’EUP que chacun et en particulier les élus peuvent prendre conscience de ce qui les attend si le projet se réalise car ensuite ils seront si je puis dire en première ligne. Bien comprendre le dossier en 2014 aidera de toute façon à suivre les événements futurs. D’abord parce qu’avec des habitants bien informés il est plus facile de dialoguer et ensuite parce qu’avec des dossiers bien étudiés il est plus facile d’intervenir.

Le point cependant inquiétant c’est que dans les petites communes les citoyens soient intimidés par le registre de l’EUP et n’osent y écrire dessus. Comme à Donzac, Saint-Cirice, Castelmayran et tant d’autres endroits chacun sait qu’il existe des personnes mobilisées prêtes à aider chacun à formuler ses revendications.

Jean-Paul Damaggio

Réunion d’Angeville : et le plan de financement ?
Tag(s) : #enquête d'utilité publique
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