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(Photo François Simon obligé de parler debout car au départ il y avait quarante chaises et donc la table n'avait pas besoin de l'estrade, mais finalement avec 70 personnes, au fond, il devenait invisible). 

Comme indiqué par Patrick Puech, les défenseurs de la ligne existante ont très peu de moyens, et il a donc fallu du courage à Pierre, Michel, Daniel, Charles pour donner vie à une réunion citoyenne qui, au bout du compte, a rappelé à tous que les opposants existaient. Seuls, à notre connaissance, Le Petit Journal et Radio Totem ont relayé notre annonce à cette réunion organisée par l’association locale « Non à la LGV ». Notre effacement global dans les médias (tout comme les autres luttes contre des LGVs) fait croire à ceux qui ne jugent la réalité qu’aux effets de communication, que nous n’existons pas !

François Simon a pu rappeler, en tant que vice président EELV du Conseil régional (comme sans doute Gérard Onesta sur France 3, Samedi matin) la position de son groupe sur sujet :

-le gouffre financier.

-le souhait de défendre en priorité les lignes existantes.

-les nuisances d’un tel projet qui partageant deux zones, créent pour la biodiversité des dégâts malgré les mesures en place.

-les méfaits écologiques avec l’augmentation de la consommation énergétique.

 

Par a suite, et c’était le but essentiel du débat, il a été rappelé que les jours à venir étaient ceux de l’intervention citoyenne dans le cadre de l’Enquête d’Utilité Publique (EUP). Des modèles de lettres ont été distribués, l’Alternative LGV Midi-Pyrénées a également mis au point un dossier. Après avoir indiqué ses noms, prénoms et adresse, on peut écrire sur les registres, y agrafer des textes, registres qui sont l’élément clef de cette démocratie cependant partielle puisque le gouvernement n’est pas contraint d’en tenir compte, après le rapport des commissaires enquêteurs. On peut aussi agrafer une pétition mais comme indiqué par un participant à l’EUP sur l’usine de Montech, il appartient à chacun de faire preuve d’originalité. Les commissaires veulent prendre la mesure de la réalité de l’opposition par l’acte individuel et non par des actes machinaux dictés et répétant les mêmes propos. Il a justement été rappelé que les textes distribués à chaque participant étaient seulement des aide-mémoires, tout comme le petit abrégé distribué par les associations.

Le souhait d’un débat public contradictoire en Tarn-et-Garonne a été rappelé car c’est le meilleur moyen pour les commissaires enquêteurs de prendre la mesure de la validité des arguments des uns et des autres. Pierre Ortavent a indiqué avec humour que nous étions prêts à écouter les arguments des défenseurs du projet, qui devaient sans doute être parmi les 70 participants (chiffre réel à l’adresse des renseignements généraux) puisqu’invités ils n’ont pas annoncé leur absence[1], afin de leur répondre. Depuis cinq ans nous rêvons de débats contradictoires entre nous et Jean-Michel Baylet ou Brigitte Barèges mais nos réclamations sont restées sans réponse. L’EUP est le moyen exceptionnel pour que sous le contrôle d’un commissaire chacun puisse juger des questions et des réponses. En Midi-Pyrénées, RFF a accepté de se déplacer seulement deux fois, à Bressols. Nous avons joué le jeu. Nous sommes allés poser des questions. Et tout le public a pu constater le mal que les autorités avaient à répondre à des questions simples : « Combien ça va coûter ? » Le responsable de RFF prenant la tangente, devant l’insistance de l’interlocuteur « je veux seulement un chiffre », il a alors lâché : 12 milliards d’euros au total (en 2013). Aujourd’hui nous apprenons que le tronçon Dax-Espagne qui n’est plus dans le projet est à 4 milliards donc le total passe à 13,5 milliards (9,5 affiché + 4) ! Et ce total n’englobe pas toutes les dépenses annexes. Par exemple, une sortie d’autoroute à Montech etc.

Nous sommes donc face à ce paradoxe : plus le gouvernement baisse ses recettes en ce domaine, plus il veut augmenter ses dépenses ![2] Comme ce fut rappelé, même EuroSud Transport avait été obligé de le reconnaître en 2005 : en privatisant les autoroutes le gouvernement a temporairement gagné une grosse somme d’argent, mais pour les financeurs des infrastructures dont les recettes majeures étaient justement les sommes apportées par les société d’autoroutes, ils ont tué la poule aux œufs d’or, donc il a fallu ensuite inventer l’écotaxe. Là aussi, pas un centime de gagné mais par contre on parle au total de deux milliards d’euros de perdus !

Les gaspillages ne concernent pas que les dettes contractées mais aussi les richesses de l’existant. C’est ainsi que, comme vous l’avez lu sur ce blog, ils veulent déclasser la grande ligne POLT or, malgré les plans de communication qui incitent à prendre le TGV, elle résiste bien en emportant vers Paris la moitié des Toulousains qui prennent cette destination.

A parler des Toulousains qui seraient enthousiasmés par la LGV car en effet elles sont surtout faites pour les métropoles, j’ai moi-même répété l’autre face de pièce. Les petits budgets toulousains voulant passer par Limoges que vont-ils dire ? Les habitants du quartier Matabiau dont nous avons rencontré des associations que vont-ils dire ? Ceux qui subissent les embouteillages avec y compris le métro bondé aux heures de pointe, que vont-ils dire ? Que la LGV va résoudre leur problème ? Un mot a été rappelé au sujet de la situation catastrophique des TERS : la conseillère régionale Annie Bonnefont a rappelé que si Martin Malvy a annoncé qu’il refusait de payer pour le TER c’est pour de bonnes raisons : les retards, les trains manquants et tous les dysfonctionnements qui ne correspondent pas au cahier des charges à partir duquel est fixé la part financière de la région. J’ai alors rappelé que plutôt que des déclarations tonitruantes dont Malvy sait qu’elles vont être relayées par La Dépêche, il ferait bien d’applique une méthode qui fonctionne en PACA : une échelle de pénalités infligées à la SNCF pour service non rendu. Mais avant les municipales il était bien de crier fort pour reconnaître ensuite que la Région se devait de respecter ses engagements signés. Dans un cas pareil, il faut toujours réagir en amont soit à la signature du Contrat.

 

Les amis de TEG 82 ont rappelé justement qu’avec la LGV les Plans Rail étaient terminés alors que les besoins restent immenses.

Nous confirmons qu’on peut inscrire sur le registre une question sur la légitimité d’une EUP qui ne donne rien du bilan de financement. Le message de la réunion semble avoir été bien compris puisque la très grande majorité a indiqué qu’elle irait bien sur les registres pour inscrire ses revendications. A suivre. Jean-Paul Damaggio

[1] Seule Valérie Rabault a pris la peine d’annoncer son absence.

[2] Nous avons appris par ailleurs que c'est pareil pour la Région Midi-Pyrénées :

baisse de la dotation de l'état : - 2014 : - 8 millions ; - 2015 : - 28 millions ; - 2016 : - 48 millions ; - 2017 : - 68 millions.

On arrive à une baisse de 152 millions sur 4 ans ! 

Réunion de Lacourt Saint Pierre
Réunion de Lacourt Saint Pierre
Tag(s) : #enquête d'utilité publique

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