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Rousset toujours en pointe

Si pour la session d'octobre du Conseil Régional Malvy n'a pas daigné mettre au vote une motion pro LGV, Alain Rousset n'a pas fait de même avec l'appui du PRG, du PS et pour la première fois des deux élus communistes. Les élus EELV ont refusé de voter cette motion avec les arguments donnés ensuite. J-P Damaggio

PS -PRG

Séance Plénière du Lundi 20 octobre 2014

Motion En faveur du Grand Projet du Sud Ouest

35 ans après l'inauguration de la LGV Paris-Lyon, la capitale d'Aquitaine sera enfin reliée au maillage ferroviaire à grande vitesse en 2017 grâce à la liaison Tours-Bordeaux. Cette première étape de la LGV Sud Europe Atlantique constitue la porte d'entrée tant attendue du grand Sud-Ouest au réseau LGV. Mais comme l'a sans cesse rappelé majoritairement notre assemblée, cela ne doit constituer qu'une étape.

Le 1er septembre 2014, le Premier Ministre a annoncé la tenue des trois enquêtes publiques pour la première phase de réalisation du Grand Projet du Sud-Ouest

- sur les Aménagements Ferroviaires au Sud de Bordeaux (12km), - sur tes Aménagements Ferroviaires au Nord de Toulouse (19km),

- sur les 327 km des Lignes Nouvelles (327 km).

La complémentarité et les nouvelles synergies entre les deux Régions partenaires et solidaires autour du projet, donnent tout son sens à cette nouvelle phase de réalisation de la LGV SEA, prévue dès 2024 entre Bordeaux et Toulouse et au plus tard 2027 entre Bordeaux et Dax via Mont de Marsan, puis à l'horizon 2032 pour la connexion transfrontalière.

Il s'agit de construire et de structurer un nouveau système de transport pour répondre à la demande de mobilité croissante des Aquitains et des habitants du quart Sud-Ouest de la France, dont la population croît plus vite que la moyenne.

Le GPSO est un facteur de développement durable: avec des perspectives avérées de report modal de l'aérien (1,5 millions de passagers) et du routier (6,1 millions de passagers, 10 millions de tonnes de Fret par an) vers le mode ferroviaire, il apporte une réponse efficiente à la saturation du réseau routier (plus de 8000 poids lourds au quotidien à Biriatou) en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

Le GPSO est complémentaire des lignes existantes : il permet de libérer de la capacité ferroviaire sur les axes existants pour les TER et le fret, et d'offrir une meilleure qualité de desserte. C'est ainsi plus de sécurité et de régularité pour les trains du quotidien sur un territoire vaste où les demandes de mobilité sont croissantes ; car plus de 25 millions de voyageurs annuels sont attendus à terme sur les deux branches du GPSO.

Le GPSO est une révolution dans les temps de transport vers le Sud par exemple, le trajet Bordeaux-Madrid sera réalisé en 4h30 au lieu de presque 9h aujourd'hui et Bordeaux-Bilbao en 2h15 au lieu de 8h. Le GPSO répond ainsi pleinement aux besoins des usagers par les gains de temps spectaculaires, notamment avec les villes d'Espagne, qu'il autorise entre les métropoles françaises et européennes ainsi qu'aux attentes des acteurs du monde socio-économique. Les temps d'accès entre métropoles deviennent concurrentiels vis-à-vis de l'aérien.

En révolutionnant les temps de transport, le GPSO participe à l'aménagement et la compétitivité des territoires : 3,1 millions d'habitants seront à moins de 45 minutes d'une gare desservie par TGV.

Le maillage LGV constitue un atout certain pour les territoires. Il se prolongera un jour par l'interconnexion de Toulouse vers la Méditerranée avec la réalisation des sections Montpellier-Perpignan et Toulouse-Narbonne.

Il reliera les 23 millions d'habitants des espaces de cohérence territoriale des aires urbaines métropolitaines du Grand Sud, de part et d'autre des Pyrénées (Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Barcelone, Saragosse et Bilbao).

C'est une vision stratégique à plus de 50 ans. 3 Régions françaises et 4 Communautés autonomes espagnoles sont concernées par cette perspective d'aménagement du territoire à l'échelle européenne. Le GPSO est une véritable opportunité de désenclavement des agglomérations de territoires complémentaires. Les pôles urbains du Sud de l'Aquitaine seront ainsi accessibles plus rapidement depuis Bordeaux mais également entre eux, notamment avec la liaison vers Toulouse.

Le GPSO est un investissement qui sert la relance de l'économie: 10 000 emplois directs sont attendus dans un premier temps pour la réalisation de Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax. Cela représente 22 000 emplois dans l'économie en général avec des perspectives de retour à l'emploi pour les personnes en difficulté. L'effet chantier contribuera ainsi à l'économie de l'Aquitaine de manière significative. De plus, les gains de temps de transport favoriseront l'attractivité et la compétitivité des pâles urbains en rapprochant les centres décisionnels des outils de production et de recherche.

Le GPSO est rentable sur le plan socio-économique et crée de la valeur collective : la valeur actualisée nette (VAN) est estimée à ce jour par les équipes du projet à 4,9 Md€ et son taux de rentabilité interne (TRI) à 4,9%, hors coût d'opportunité des fonds publics pour la 1a phase. La contre-expertise indépendante du Commissariat général à l'investissement a confirmé ces valeurs.

Le GPSO est intégré dans le Réseau Trans-Européen de Transports. C'est une branche essentielle du corridor Atlantique qui relie la péninsule ibérique à l'Europe du Nord, qui permet un financement européen de 1 Md€. Cette liaison fait l'objet d'un accord binational avec l'Espagne qui de son côté a fortement investi dans la réalisation de la liaison transfrontalière (mise en place du 3°me rail attendue en 2018).

Pour ces raisons, et en totale cohérence avec leurs engagements précédents, Alain Rousset, président du Conseil Régional d'Aquitaine et les conseillers régionaux réunis en séance plénière ce lundi 20 octobre 2014 souhaitent réaffirmer avec force et fermeté leur soutien au GPSO, projet d'avenir structurant pour le futur de l'Aquitaine et utile pour les Aquitains.

Les élus d'Aquitaine appellent ainsi à la nécessité de réaliser au plus vite ce désenclavement du grand Sud Ouest français et de sa façade atlantique, ainsi qu'au renforcement des échanges historiques, commerciaux et culturels avec la Péninsule Ibérique.

 

La position du groupe EELV :

Le groupe EELV n’a pas voté la motion proposée par le groupe PS pour les raisons suivantes :

– La LGV GPSO ne sera pas un facteur de la transition écologique car elle entrainera des dégâts environnementaux énormes pour sa construction avec un coût financier tout aussi énorme.

– La LGV GPSO ne mettra pas un frein à la course effrénée à la concurrence que se livrent les différents modes de transport de passagers entre eux dans la mesure où les choix gouvernementaux ne sont pas de privilégier le mode de transport le plus vertueux mais tous les modes de transports simultanément au nom d’un exorbitant droit à la mobilité pour tous qui fait fi des impacts environnementaux et sociaux que ceux-ci engendrent. Ainsi par exemple, l’aéroport de Mérignac a mis en place une stratégie commerciale très agressive de vols low-cost pour concurrencer la LGV Bordeaux-Tours.

– La LGV GPSO monopolisera des financements publics de l’Etat et des collectivités au détriment du réseau ferré existant dont la modernisation et l’aménagement devraient être prioritaires alors que ce réseau est dans un état très préoccupant, du fait de l’absence de travaux de réhabilitation depuis des dizaines d’années. Si cette réhabilitation avait été prise en compte depuis longtemps, il serait tout à fait possible d’utiliser les voies existantes d’y faire coexister les TGV à 220 km/h, les TER, les trains de marchandises sans créer de lignes grande vitesse nouvelles supplémentaires

– La LGV GPSO ne sera pas une révolution dans les temps de transport des aquitains, à part pour une minorité très spécifique d’entrepreneurs ou cadres supérieurs. Qu’importe pour un habitant de l’aquitaine que le temps de parcours du trajet Bordeaux-Bilbao ne dure que 2h15 s’il doit subir les affres au quotidien d’un mode de transport peu performant comme le TER actuellement (pannes, retards, cadencement insuffisant, capacité des rames limitées…) ou s’il est bloqué dans des bouchons routiers…

– La LGV GPSO ne contribuera pas à un aménagement harmonieux du territoire, bien au contraire, il favorisera une métropolisation accrue, au bénéfice des grands centres urbains interconnectés au détriment des territoires ruraux qui dès lors s’assècheront des forces économiques qui leur restent encore

– La LGV GPSO ne sera pas un investissement pour relancer l’économie, elle ne fera encore que dégrader les ressources financières de l’Etat et des collectivités.

– La LGV GPSO n’est pas une vision stratégique sur le long terme car ses promoteurs font preuve d’un aveuglement stupéfiant à la fois sur les plans financiers, économiques, environnementaux et sociaux. Malgré les différentes études démontrant son inutilité, malgré le rapport Duron ne la classant pas dans les projets ferroviaires prioritaires, malgré le rapport de la Cour des Comptes pointant sa non rentabilité, un certain nombre d’élus persistent à nier l’évidence. Il est vrai que l’enquête publique la concernant complaisamment commanditée par le gouvernement est destinée avant tout à maintenir l’illusion de la faisabilité de ce projet et ainsi permettre à ces élus de ne pas être perdre la face à quelques mois d’échéance électorales départementales et régionales.

 

EUP : Au Conseil régional aquitaine
Tag(s) : #enquête d'utilité publique, #bordeaux

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