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(Photo de la réunion : le débat était si riche que nous avons oublié la photo en cours de réunion donc ici le côté EELV en discussion après le débat et il manque donc les acteurs du PG mais nous aurons l'occasion de mettre leur photo une autre fois.)

Pour cette cinquième réunion où participait Alternative LGV Midi-Pyrénées, la présentation était encore différente. Après, Jacky Bernardin à Angeville, François Simon (EELV) à Lacourt-St-Pierre, Claude Semin et Patrick Puech à Dunes et Labastide St Pierre, cette fois le dossier a été mis en image par Philippe Sabatier (EELV) et Ivan Jacquemard (PG). Le déroulé a été clair, précis, et classique pour les lecteurs de ce blog donc je n’y reviens pas. Avec une information officieuse mais sérieuse : pour le TetG le coût serait de 60 millions d’euros donc quatre fois plus que prévu (alors que pour le moment nous disions seulement trois fois plus).

La discussion est toujours le moment le plus riche et nous en avons eu la confirmation.

Bien sûr des questions reviennent à l’identique mais elles ont porté beaucoup plus sur la prise en compte de l’EUP en distinguant ce qui relève de l’opinion et de l’argumentation.

1 ) Dire « nous préférons la rénovation des lignes existantes à une LGV » est de l’ordre de l’opinion. Est-ce utile pour convaincre les commissaires ? La municipalité de Grisolles a pris une telle position, à la majorité, et c’est au moins utile pour montrer que le Conseil municipal s’est penché sur le dossier ce qui est très rare en TetG. A ce jour le commissaire enquêteur que je viens de croiser à la permanence d’Angeville reconnaissait qu’ils n’ont pas été submergés par les observations d’élus. Et puis pourquoi les promoteurs de la LGV seraient-ils dispensés d’argumenter, et les opposants sommés d’argumenter ? Une discussion a eu lieu sur le rôle de RFF qui n'est pas le commanditaire (ce sont les grands élus). Si on lui avait demandé de mettre Toulouse à quatre heures de Paris sont travail aurait été différent. Mais comment être juge et partie? Le barrage de Sivens a été étudié, proposé par ceux-là même qui voulaient le construire et il s'agit non pas de multinationales mais d'organismes para-public.

2 ) Face au silence des élus et des médias, n’est-il pas possible de lancer des campagnes de presse ? C’est un constat simple, qui dépasse le cas de cette EUP, de telles enquêtes se font en silence si bien que le gouvernement envisage de les supprimer par souci d’économie. Chaque dossier a coûté seulement à l’impression 12 000 euros.

3 ) A été évoquée la place faite à un promoteur de la LGV dans La Dépêche. Pourquoi pas un entretien avec les syndicats agricoles, les syndicats de cheminots, ATTAC, les partis politiques… et les opposants à la LGV ? Pour un projet à 10 milliards d’euros dont l’impact sera colossal, ce travail est-il inutile ?

4 ) Les commissaires pourront constater que nous jouons le jeu de la démocratie car là où nous sommes organisés, ils peuvent rencontrer le plus de monde pour se faire une idée. Ils sont bien sûr sensible au dernier rapport de la Cour des Comptes qui pour nous n'est qu'un indice de plus de la folie du "tout LGV" pour le rail lui-même mais un indice qui tombe bien. On peut y puiser des questions argumentées.

5 ) Parmi les questions précises peu évoquée car il faut se pencher sur l’analyse socio-économique : dans le décompte des destructions de bâtis et de terres, fait-on le décompte des emplois perdus ? Des agriculteurs qui décident d’arrêter leur exploitation, des entreprises qui ne souhaitent pas être transférées ? Pour les statistiques agricoles on mentionne le nombre de maisons d’exploitants détruites mais pas pour les activités industrielles ou commerciales. Nous avons le cas de Bressols où il va falloir chercher des compensations mais qui va payer pour mettre en place une nouvelle zone artisanale ?

6 ) Faut-il insister sur les questions plus générales ou sur des questions plus spécifiques ? Rappelons, comme nous le faisons dès le début que les réactions sur les registres ne concernent pas que l’opposition à la LGV mais dans le cas où elle se ferait il faut aussi intervenir pour obtenir des murs anti-bruits, défendre des sources etc. D’ailleurs c’est une autre EUP qui sera lancée pour l'analyse des conséquences sur le réseau hydrologique. On n’est donc pas sorti de l’affaire.

7 ) Le maire et conseiller général de Grisolles et la maire de Campsas présidente de l’intercommunalité étaient présents. Ils ont apporté leurs éclairages, leurs doutes et leurs réflexions. Jamais les défenseurs des voies existantes n’ont prétendu détenir la vérité cherchant plutôt le débat avec tous. Ainsi il y a toute les questions autour des aménagements de la future gare qui restent du domaine d’une commission-gare où siègent les trois communes du Grand Montauban (Bressols, Montauban, Montbeton) sans infos pour les autres. Ajoutons qu'aux réunions précédentes (Angeville, Dunes, Labastide St Pierre et Lacourt St Pierre) nous avons toujours eu la présence des maires sauf une Lacourt St Pierre. A ce sujet une question a été posé sur les rapports entre les maires et les grande autorités : le maire de Grisolles a rappelé pour sa part qu'il agit en toute indépendance (et son action en fait foi) mais son cas n'est pas le plus fréquent.

8 ) Et mes regrets ? Nos avions rêvé avec un cinéaste semi-professionnel de faire un film sur le chantier LGV et c’est sûr, 15 minutes de projection seraient plus efficaces que tout discours et dans ce film, second regret nous devions mettre des images d’un TER à l’heure de pointe à Montauban, or c’est un point à lui seul qui mériterait plus d’attention. Au cours des discussions fructueuses d’après réunion, quelqu’un me faisait observer que chez beaucoup d’utilisateurs de TER l’idée est répandue qu’avec la LGV, le TER devrait aller mieux, or la vérité est inverse ! Voilà pourquoi établir des solidarités entre utilisateurs de la POLT, utilisateurs des TER, défenseurs de la ligne Toulouse-Luchon, et opposants à la LGV est difficile.

9 ) Preuve par l’exemple que je découvre dans les discussions d’avant réunion : un ami m’indique qu’à Lespinasse des personnes demandent une halte TER. Souhait tout à fait honorable pour le bien du rail. Mais quels rapports avec la LGV ? RFF explique que grâce à la LGV, le TER va s’améliorer donc il faut attendre 2025 pour améliorer le TER ? On ne peut pas tout de suite mettre des Régiolis deux étages ? On ne peut pas dès aujourd’hui ajouter un voie s’il la faut ? On ne peut pas dès aujourd’hui installer une halte à Lespinasse ? Quand on met des milliards sur une LGV alors qu’il y a possibilité d’améliorer largement l’existant, on plombe globalement l’avenir du rail ! Les précédentes constructions de LGV n’ont jamais amélioré le fret par exemple comme on nous me bassine souvent.

10 ) Et parce qu’il me faut conclure nous notons avec plaisir que pour une fois le correspondant de La Dépêche comme en 2010 a fait son travail en annonçant la réunion et en suivant une partie de son déroulement.

A suivre. Jean-Paul Damaggio

EUP : Des regrets à Grisolles
Tag(s) : #Alternative LGV 82, #enquête d'utilité publique

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