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Ivan Jacquemard a assisté à la dernière réunion du Conseil municipal de Grisolles et en rapporte une retranscription, qu'il espère la plus fidèle possible, des riches échanges qu'il ont eu lieu à propos du voeu déposé par 5 conseillers municipaux à propos du projet de LGV. (les signataires du voeu sont : Philippe Sabatier, Mélanie Jeangin, Cécile Busato, Andrée Kielen et Véronique Pech). Ce débat très important rappelle la spécifité de ce secteur du Tarn et Garonne. Nous y reviendrons et nous félicitons les échanges pour la qualité de TOUS les arguements. JP Damaggio

 

Le voeu est lu par Philippe Sabatier (adjoint).

"Dans le contexte économique actuel de restriction budgétaire nous nous opposons aux grands travaux inutiles, (aéroports, ligne LGV, autoroutes).

Sachant la position courageuse de la municipalité dans divers projets inutiles (Nouvel aéroport nord toulousain)

Sachant que les millions d’euros engloutis par ce projet de LGV pour gagner entre 1 quart d’heure et 1 demi heure par rapport a un réaménagement des lignes existantes, pourraient être investis auprès des collectivités locales pour réaliser des économies d’énergie, ou a l’amélioration des TER affin d’améliorer leurs infrastructures.
Émettons le vœu que la municipalité indique au cours de l’enquête publique en cours son opposition à ce projet de LGV pour les motifs précédemment cités.
"

 

Mélanie Jeangin (adjointe) prend la parole pour défendre le voeu en exprimant qu'ils ne remettent pas en cause le besoin de réduire le temps de trajet, mais le fait que seule une solution est proposée : la création d'une LGV pour y faire rouler uniquement des TGV. Elle rappelle le cout exorbitant du chantier : 7,2 millards d'€. L'étude alternative Claraco est cité pour rappeler qu'une solution alternative existe en rénovant la ligne existante Toulouse-Bordeaux pour un cout de 1,5 milliard d'€ et une différence de temps d'environ 1/4 d'heure par rapport au projet de LGV. Elle indique aussi que ce sera aux collectivités locales et la région de financer le projet, que les partenaires privés et que l'état se désengagent pour le financement. Elle cite également les désastres écologiques engendrées par la création de cette nouvelle ligne : les milliers d'ha de terres détruites, des gravières construites. Et tout cela pour une minorité car 92% des voyageurs empruntent les TER ou trains inter-cités. Pour donner des ordres de grandeurs, elle rappelle qu'1km de LGV est équivalent à la construction de 30 crèches ou 1 lycée, que 20km de LGV c'est un hôpital. Elle finit en indiquant qu'en tant que citoyen devons nous donner notre accord pour mettre autant d'argent dans ce projet alors qu'il existe une alternative ? Puis conclut en disant : Pensons au besoin collectif plutôt qu'à celui de quelqu'uns.

Alain Braut (conseiller municipal) ajoute que pour les voyageurs la différence de temps est négligeable entre la rénovation des lignes existantes et la LGV ; à mettre en opposition du cout exorbitant de la création de la ligne LGV par rapport à la rénovation de la ligne actuelle.

Hervé Taupiac (1er adjoint) rappelle l'historique en indiquant qu'il s'est battu contre l'aéroport avec comme alternative la LGV et qu'il se voit mal se déjuger après avoir porté la LGV contre l'aéroport tout en reconnaissant qu'il est dommage que la rénovation des lignes existantes n'ai pas été proposé dans le projet. Il indique que Toulouse doit être désenclavé, que l'économie doit être développée par la création de cette ligne.

Martine Barasc (adjointe) rebondit en questionnant : est-il si grave que ça de se déjuger si on nous prouve qu'il y a une alternative ? Les décisions de l'époque ont été prise en fonction de ce qu'il y avait à ce moment là.

Mr le Maire, Patrick Marty prend la parole en indiquant que le Conseil Général financera à hauteur de 60 millions €. Il rappelle également le combat contre l'aéroport dont il faisait partie et que dans les manifestions les gens étaient pour le TGV plutôt que pour l'aéroport. Il présente sa position en annonçant qu'il s'abstiendra sur ce vote. En ajoutant que le dédoublement de lignes TER ne pourra se faire entre Saint-Jory et Toulouse que si la LGV se fait, que l'enjeu n'est pas seulement Paris-Toulouse mais Toulouse-Barcelone pour le président de la région : si on ne fait la le Bordeaux-Toulouse, on ne fera pas le Toulouse-Barcelone source de beaucoup de déplacement en voitures et donc d'émission de CO2. Il émet néanmoins des doutes sur le financement ; en indiquant qu'il préfère laisser faire les choses : s'il n'y a pas de financement, il n'y aura pas de LGV, et de rappeler qu'il ne se déjugera pas non plus car la LGV était son argument contre l'aéroport.

Mélanie Jeangin rappelle que la portion Saint Jory-Toulouse n'est pas dans l'EUP Toulouse-Bordeaux. Elle rappelle également qu'il est souvent fait la confusion entre LGV et TGV.

S'en suit une discussion sur les temps de trajets (pour du centre-ville à centre-ville le train est préférable mais si le gain de temps n'est pas suffisant, les voyageurs continuerons de prendre l'avion), sur la non rentabilité des LGV.

Au final, voici les résultats du vote :

Abstention : 10

Contre : 0

Pour : 15

Le voeu sera donc expédié au commissaire enquêteur !

EUP : Voeu du Consei municipal de Grisolles
Tag(s) : #enquête d'utilité publique

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