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Voilà que Moudenc continue le projet Matabiau. Comme toujours le coût est un détail. Et comme toujours on interroge les habitants du côté ville (des commerçants qui rêvent) et non de l'autre côté (des habitats qui habitent).

Rénover un tel quartier peut avoir du sens et nous sommes à l'écoute. Avec en particulier des associations de quartier qui veulent avoir leur mot à dire. Croire que le miracle LGV sera géant est autre chose. A suivre. JPD

«La Dépêche du Midi» s'est procuré en exclusivité les images de la maquette du projet d'aménagement de la gare Matabiau imaginé par Joan Busquets, dans la perspective de l'arrivée du TGV en 2024.

Cette représentation de la future gare de Toulouse et de ses environs n'existe pour l'instant que dans l'esprit de Joan Busquets et, sous forme de maquette, dans ses bureaux barcelonais, mais il y a fort à parier qu'à l'horizon 2024, Matabiau ressemblera à ça. En juillet dernier, Jean-Luc Moudenc qui organisait une réunion de travail avec l'urbaniste catalan, a découvert sa proposition architecturale pour une gare et un quartier que l'arrivée du TGV va profondément bouleverser. Une vision que le maire de Toulouse a validée, et qui servira de base de réflexion aux partenaires de cette gigantesque opération dont le processus décisionnel sera enclenché au second semestre 2015. Pour Jean-Luc Moudenc qui a reconquis le Capitole en mars 2014, «il va s'agir du plus important projet structurant de la région pour les vingt prochaines années. Avec l'arrivée du train à grande vitesse et la connexion à cette plateforme multimodale de la future troisième ligne de métro, Matabiau va définitivement se hisser au rang de première porte d'entrée de Toulouse. Ce sera la carte de visite de la ville», indique le maire, qui rêve pour Matabiau et son quartier d'un décor à la hauteur du scénario urbain qui s'annonce. Il faut croire que Joan Busquets l'a en partie exaucé.

Pour «La Dépêche du Midi», Jean-Luc Moudenc commente les images exclusives que s'est procurées «La Dépêche du Midi». En préambule, il précise toutefois ne détenir aucun élément budgétaire à ce stade du projet qui, par son ampleur dit-il, «doit logiquement faire l'objet d'un cofinancement de toutes les institutions, de la Métropole à l'Europe».

1. La circulation automobile enterrée devant la gare. «Joan Busquets propose de creuser un souterrain boulevard Pierre-Semard, entre la gare et le canal», révèle Jean-Luc Moudenc. Sur la maquette, le «tunnel» s'étend du pont de Bonnefoy aux allées Jean-Jaurès. C'est la solution qu'a trouvée l'urbaniste catalan pour libérer l'espace devant Matabiau.

2. Un ensemble d'immeubles de bureaux. «Au croisement du boulevard Pierre-Semard et de l'avenue de Lyon, trois immeubles de bureaux sont proposés par l'urbaniste. Ce triangle peut devenir la «cité d'affaires» du futur quartier», considère le maire de Toulouse, qui n'a pas renoncé à l'idée d'ériger ici non pas un gratte-ciel, mais pourquoi pas un immeuble de grande hauteur. «Dans ce que nous envisageons, nous pouvons nous permettre une certaine audace», affirme M. Moudenc.

3. Des immeubles d'habitation. «Avec l'arrivée du TGV, c'est une zone de 400 hectares en plein centre-ville qui sera requalifiée selon une formule de «mix urbanistique» mêlant immeubles de bureaux, surfaces commerciales, et habitat», rappelle l'élu toulousain. Entre 5000 et 10 000 logements pourraient émerger, en façade, comme le propose Joan Busquets avec ces deux volumes, mais également à l'arrière de la gare.

4. Une vaste esplanade autour de la gare. L'organisation de la circulation en souterrain permet à l'urbaniste catalan de dégager une vaste esplanade tout autour de la gare, de l'avenue de Lyon à Marengo. «Cet ensemble extérieur homogène fait écho à la fusion, sur l'emprise SNCF, des gares Matabiau et Raynal», observe Jean-Luc Moudenc.

5. Une seconde entrée à Marengo. «De toutes les bonnes idées du projet, celle-là est la meilleure», considère M. Moudenc. Joan Busquets a imaginé une seconde entrée dans la gare Matabiau, côté Marengo, en exploitant un passage réservé jusqu'à présent au personnel de la SNCF. La maquette conçue par l'urbaniste suggère un prolongement de la future esplanade jusqu'à l'arche Marengo, et des liaisons au bâtiment historique de Matabiau par passerelles aériennes.

6. Un nouvel hôtel à Jean-Jaurès. L'arrivée du TGV va faire bondir le nombre de passagers qui empruntent la gare Matabiau, de 17 millions par an actuellement, à 38 millions en 2024. Toulouse devra ajuster sa capacité hôtelière à une probable forte hausse de la demande. «Cette hypothèse, Joan Busquets l'a intégrée dans son projet où figure une proposition de création d'un nouvel hôtel en haut des allées Jean-Jaurès», conclut jean-Luc Moudenc.

Le chiffre : 1 million de mètres carrés. C'est la surface théorique du projet du nouveau quartier Toulouse Euro-Sud-Ouest. Une répartition provisoire attribue 500 000 m2 au volet «affaires et bureaux», 400 000 m2 aux logements, 50 000 m2 aux surfaces commerciales et 50 000 m2 aux équipements publics. Au total, cette opération sans équivalent s'étendra sur 400 hectares. Plus de 5 millions d'euros ont d'ores et déjà été consacrés à des études des toutes sortes. Lionel Laparade

La nouvelle configuration du quartier Matabiau-Bayard avec l'arrivée en 2024 du TGV est attendue avec impatience par les habitants du quartier. Rue Bayard, Daniel Billard, président de l'association des commerçants ne dit pas autre chose : «L'arrivée du TGV est «capitale». Cette rue «sacrifiée» depuis plusieurs années est unique : vous en connaissez beaucoup qui vont en ligne directe sur 1 kilomètre jusqu'au cœur de la ville ?». Et ce porte-voix des commerçants ne manque pas d'idée : «Une rue semi-piétonne arborée avec des trottoirs élargis pour accueillir des terrasses. Un esprit sud dans une rue apaisée, sécurisée et propre». Jean-Michel Rancoule, gérant de l'hôtel Ibis rue Bayard acquiesce : «Avec l'arrivée du TGV et donc de touristes, la rue Bayard va devenir l'une des artères les plus importantes de la ville. Elle doit donc connaître les priorités du centre-ville». Autre artère amplement impactée par ce projet, la rue Matabiau. Là aussi, la rue a grand besoin d'être valorisée : «Il faut revoir la sécurité, la propreté. Deux points qui positifs sont sources d'attractivité, relève une commerçante. Elargir aussi les trottoirs et créer des terrasses. Christophe Pujol, enseigne emblématique de la rue, dit sans détour : «Avec l'arrivée du TGV, la rue Matabiau va devenir une rue d'affaires. Elle doit se mettre à cette hauteur avec des restaurants mais aussi se doter de commerces de proximité (librairie, prêt-à-porter). Donner aussi une aisance aux piétons. Le quartier de la gare doit devenir incontournable dans la vie de la cité et surtout rattraper son retard». Silvana Grasso

Tag(s) : #toulouse, #LGV

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