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Voici un article de La Dépêche qui nous réconcilie un peu avec ce quotidien qui est resté silencieux depuis tant d'années sur le sujet. Nous avons annoncé 150 personnes et finalement nous étions 200 et l'article est un vrai travail de journaliste. JPD

Article de La Dépêche du Midi

La salle polyvalente de Bressols a fait le plein mercredi soir à l'occasion de la cinquième et dernière réunion publique précédant la clôture de l'enquête d'utilité publique sur la LGV Bordeaux-Toulouse prévue le 8 décembre (elle avait débuté le 14 octobre). Au cours des jours précédents, les membres de la commission d'enquête présidée par Daniel Maguerez, et André Bayle responsable de mission GPSO (grand projet sud-ouest) pour RFF avaient été à la rencontre des populations dans chacun des départements concernés par le projet : Landes, Gironde, Lot-et-Garonne, Haute-Garonne et pour terminer, Tarn-et-Garonne. Une réunion qui a réuni plus de 200 personnes à la salle polyvalente de Bressols, parfois venues des départements voisins. Ce soir-là, la salle était majoritairement garnie d'opposants (du moins furent-ils les seuls à s'exprimer) dont Jean-Paul Damaggio, figure de proue du mouvement anti-LGV dans le 82, fut l'orateur désigné pour répondre à l'exposé liminaire de M. Bayle. Auparavant, le président de la commission d'enquête avait appelé de ses vœux «un grand moment de concertation»… largement exaucé, la réunion s'étirant trois heures de rang.

4 000 contributions reçues par la commission

Daniel Marguerez rappela avoir reçu plus de 4 000 contributions dans le cadre des auditions organisées sur les territoires concernés. Bressols était donc la dernière ligne droite de ces consultations d'utilité publique. «C'est la commission d'enquête que vous devrez convaincre», insista son président, notant au passage «que la conviction des uns et des autres n'avait pas vraiment changé au fil des rencontres». Daniel Marguerez conclut son propos en rappelant que les avis exprimés «seront jugés sur leur pertinence» et que l'enquête s'achèvera par un avis «favorable», «défavorable» ou «favorable avec réserves».

Derrière lui, M.Bayle rappela les différentes opérations envisagées dans le cadre du projet (constructions de lignes nouvelles, aménagement des lignes existantes, nouvelles gares, aménagements…) et les enjeux : mobilité durable, gain de temps, modernisation de l'offre ferroviaire, irrigation du territoire…

En réponse Jean-Paul Damaggio se fit le procureur d'un projet qui se tromperait d'époque, s'attachant à l'aide de chiffres et de comparaisons «à dégonfler cette gare (la future gare Montauban Bressols) mirobolante» dont RFF assure qu'elle accueillera 2 millions de passagers par an.

La solution du pendulaire sur la ligne POLT

Cette opposition dénonça en parallèle les coups portés à la ligne Polt (Paris, Orléans, Limoges, Toulouse) offrant depuis Paris un itinéraire beaucoup plus court que par Bordeaux, estimant qu'il serait plus judicieux et moins coûteux de mettre «du matériel neuf et des trains de nuit sur cette ligne», plusieurs voix s'élevant également pour réclamer une reconsidération du train Pendulaire (projet abandonné en 2003) sur cette voie existante, qui offrirait l'avantage d'un compromis acceptable entre contraintes financières et amélioration du temps de parcours entre Paris et Toulouse. Cette opposition soulignait enfin que les tendances du moment, à l'heure du Covoiturage et des vidéos conférences, risquaient fort de plomber les rêves de vitesse portés par les promoteurs de la LGV.

«Nous, on veut des TER pour aller travailler»

Rêves de vitesse ? Les échanges s'attardèrent longtemps sur les temps de parcours annoncés par RFF : 3 h 10 entre Toulouse et Paris ? Un temps de parcours qui ne concernerait que les trains ne s'arrêtant ni à Agen, ni à Montauban. Pour les autres, il conviendrait de rajouter une trentaine de minutes sur le temps de parcours. D'où «le marché de dupes» dénoncé par les opposants du 82 concernant un projet qui promet au contribuable une facture de près de 10 milliards d'euros «pour un bénéfice aléatoire», en tout cas éloigné des aspirations quotidiennes «des petites gens» : «Nous, on veut des TER pour aller au travail». Les 2 milliards d'€ que RFF assure injecter chaque année dans le réseau existant ne pouvaient contenter une opposition qui estime, à l'heure des contraintes budgétaires et de la concurrence aérienne que la LGV se trompe d'époque et de modèle… Un sentiment renforcé par les derniers avis du conseil d'état et de la cour des comptes sur la gestion du réseau LGV et son manque de rentabilité.

Cette phase d'enquête publique achevée laissera place, dans l'optique d'un avis favorable de la commission d'enquête, au déroulement du calendrier avec un début programmé des travaux en 2017 pour une mise en service en 2024.

Pierre Mazille.

La Dépêche était à Bressols
La Dépêche était à Bressols
Tag(s) : #enquête d'utilité publique

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