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Pour permettre à ce commentaire de M. Gouverneur d'être plus lisible en tant que commentaire, je le reprends ici, en lieu et place d'un article. J'en partage globalement le contenu mais il n'est pas inutile d'entrer dans le détail ce que je vais faire dans un article complémentaire. JPD

Commentaire :

"Cet article comporte beaucoup d'inexactitudes et de manques notoires de précision, concernant les LGV, en particulier.

Avant tout il ne faut pas confondre TGV et LGV.

En France les TGV peuvent rouler sur tous les réseaux électrifiés (le réseau classique et le réseau LGV), alors que les autres trains électriques ne peuvent rouler que sur le réseau classique électrifié. Mais de nombreuses lignes classiques (comme Bordeaux-Paris) ont déjà été améliorées dans les années 70) et les trains modernes peuvent y rouler à 200-220 km/h - y compris les TGV. Ce qui fait que sur les grandes lignes tous les trains peuvent avoir des performances de vitesse intéressantes (à condition que l'entretien suive - ce qui est loin d'être le cas - et que les passages à niveau soient supprimés ou plutôt remplacés, voir plus loin !).

Mais le modèle TGV et TGV/LGV vient d'être sévèrement mis en accusation par la Cour des comptes et de nombreux rapports, commissions, études officiels et indépendants qui risquent de le faire disparaître au profit des trains pour "tout le monde", transportant plus de 90 % des passagers de tous les jours, contre moins de 10 % pour les TGV. Le TGV/LGV ressemble de plus en plus à l'avion supersonique "Concorde", des trente glorieuses, prouesse technique mais décalée par rapport au temps présent...

Les TGV/LGV sont des gouffres à argent public, extrêmement nuisants, destructeurs et destructurants pour les territoires traversés dont ils mettent en danger l'économie pré-existante.
En cela l'Espagne a devancé la France en nombre de km de trains à grande vitesse, mais il est peu probable que cela continue : de nombreuses lignes LGV ont été fermées car pratiquement sans passager. Mais comme en France les LGV potentiellement "rentables" ont été construites en 1er et on sait que les suivantes ont été des super-gouffres à argent public, et que, si on devait en construire d'autres, elles pourraient mettre sérieusement en danger les finances publiques.

Voir ce qu'en pensent des spécialistes espagnols :

http://www.lgpe.fr/La-catastrophe-financiere-des-LGV

D'ailleurs il est inopportun de dire que la France est en retard sur l'Espagne (ou l'inverse) dans les liaisons transfrontalières par LGV, car aucun de 2 pays ne parait vraiment décidé à financer Dax-Hendaye pour l'un et Irun-Vitoria pour l'autre, quoiqu'en disent les responsables politiques. Problèmes financiers certes, mais aussi problèmes techniques. on verrait plutôt Dax-Hendaye rester sur les rails actuels aménagés et modernisés tandis que Irun-Vitoria serait sur 3 rails pour compenser la différence d'écartement France-Espagne, mais sans être LGV. De plus il n'y a pas de compatibilité électrique, tout cela nécessiterait un changement de train à la frontière. Et tout cas ça ne ressemble en rien à une infrastructure transfrontalière à l'européenne, telle que définie par le plan Juncker ! Alors quid du financement ?

On peut effectivement espérer que le "plan Juncker" servira surtout à financer une remise en état SERIEUSE du réseau classique français, bien plus utile à la majorité des voyageurs que des TGV/LGV, avant qu'on assiste encore à d'autres accidents graves. Le problème est que le réseau est tellement dégradé (voir étude de l'école de Lausanne), faute de financement pendant longtemps, fagocité par les LGV, qu'il faudra faire un effort extrêmement important qui ne permettra plus de construire de nouvelles LGV, lesquelles ne seront plus nécessaires car la modernisation du réseau existant pourra pourvoir aux besoins avec des performances voisines pour 4 à 10 fois moins cher.

Enfin rappelons que "rien ne sert de courir : il faut rouler à point" et pour cela ne pas lésiner sur la sécurité. L'accident gravissime de St-Jacques de Compostelle n'aurait pas eu lieu si les Espagnols n'avaient pas fait des économies sur la sécurité pour pouvoir faire de la vitesse, mais sans installer de systèmes automatiques de limitation de la vitesse en fonction de la conformation de la voie.

Mieux vaut, comme en Allemagne, des trains qui roulent à 200-250 km/h sur les voies existantes avec une sécurité maximale que des bolides à 320 ou 350 km/h qui foncent sans rien voir !..."

Suite au Bilan France-Espagne
Tag(s) : #espagne déraillement

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