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Aujourd'hui l'imbroglio de Tours-Bordeaux et demain, si le projet de LGV GPSO devait être maintenu, un imbroglio cent fois plus terrible puisque sur ce dernier projet les collectivités avaient promis de payer 50% de la dépense ! Un article de Sud-Ouest qui vient de faire un point sans cependant que nous ayons toutes les carts en main puisque personne n'a jamais pu connaître les clauses secrètes entre Lisea et l'Etat. Jena-Paul Damaggio

 

 

 

LGV Tours-Bordeaux : la SNCF, Lisea et les collectivités vont-elles trouver un compromis ? 10/06/2015 à 13h17 , par Nicolas César

Jean Auroux, le médiateur de cette future ligne à grande vitesse vient de demander aux collectivités, à la SNCF et au concessionnaire de "faire des efforts" pour régler leurs divergences

Les discussions entre la SNCF et Lisea sont rompues depuis le 11 mai. Et, les collectivités refusent le plan de dessertes proposé par la SNCF

"Il y aura des insatisfactions", avait prévenu le médiateur, Jean Auroux, ancien ministre du Travail, chargé d'apaiser les tensions entre les différents partenaires sur ce grand projet, qui placera Bordeaux à 2h05 de Paris en juillet 2017. Il n'imaginait peut-être pas que les tensions seraient si exacerbées.

Des péages trop chers pour la SNCF

Les discussions entre la SNCF et Lisea sont rompues depuis le 11 mai. Depuis, c'est un dialogue de sourds. D'un côté, la SNCF estime la perte d'exploitation annuelle de la ligne entre 150 et 200 millions d'euros, "en raison du coût des péages (environ 48 euros par km et par train), alors que pour un Paris-Lyon, la SNCF paiera la même année 31 euros par train/km pour le même service", explique Rachel Picard, directrice de Voyages SNCF. De l'autre, le président de Lisea, filiale de Vinci, Laurent Cavrois, assure souhaiter "créer les conditions propices à la multiplication des fréquences et des dessertes, mais les contraintes contractuelles sont là", a-t-il dit à l'AFP.

Lisea demande des comptes à la SNCF

Il a légèrement ouvert la porte récemment en déclarant : "si on parle de dessertes qui vont au-delà de ce qui avait été fixé, des dessertes ambitieuses, on est prêt à éventuellement discuter d'un allègement des péages, au-delà de ce socle". Mais, pour la SNCF, c'est davantage un discours de "façade". Le président de Lisea dit ne pas disposer des chiffres évoqués par la SNCF sur la perte d'exploitation. Lisea évoque un prix de péage à 20 euros par km et par train, et non 48 euros, tarif avancé par la SNCF. "Nous ne savons pas ce qu'ils recouvrent ni comment ils sont calculés. La SNCF doit sortir de cette opacité", a-t-il lâché.

 

Une clause de revoyure pour calmer les esprits

En outre, les collectivités, qui financent la LGV, sont vent debout devant le schéma de desserte de la SNCF. 13 allers et retours directs entre Bordeaux et Paris en à peine plus de deux heures, contre 11 aujourd'hui en plus de 3 heures. "Inacceptable" pour Alain Juppé, qui l'a dit au débat organisé par Sud Ouest Eco le jeudi 2 avril dernier.

Jean Auroux a prévenu : "il faudra que tout le monde y mette du sien. La SNCF devra étoffer le plan de dessertes qu'elle prévoyait. Les collectivités locales devront accepter de ne pas obtenir tout ce qu'elles demandaient… Enfin, Lisea devra également faire des efforts. Personne ne comprendrait que tout le monde en fasse, sauf lui".

Le médiateur propose aux parties prenantes du projet "une clause de revoyure 18 mois après la mise en service de la ligne, compte tenu de l'évolution de trafic qu'on ne connaît pas".

Un montage financier inapproprié

A l'origine du problème, la complexité du montage financier de cette LGV, première ligne ferroviaire réalisée dans le cadre d'un contrat de concession. Sur un coût total de 7, 8 milliards d'euros, l'État et les collectivités locales financent à hauteur de 3 milliards d'euros. RFF apporte 1 milliard. Le reste est payé par Vinci, constructeur et exploitant pendant 50 ans, via sa filiale Lisea.

Au total, pas moins de 58 collectivités locales et intercommunalités ont été sollicitées pour financer cette LGV, mais seules 34 ont accepté d'engager des crédits. Parmi celles qui ont refusé, figurent le conseil régional de Poitou-Charentes, les conseils généraux des Landes et de la Dordogne… Seule une dizaine a payé en temps et en heure. Et, l'arrêt des contributions des collectivités de Midi-Pyrénées (environ 300 millions d'euros), suite à la publication du rapport d'enquête publique défavorable au prolongement de la LGV vers Toulouse, n'a pas arrangé les choses. Résultat, il manque aujourd'hui près de 800 millions d'euros dans les caisses de l'Agence de financement des infrastructures de transport en France (Afitf).

En attendant, SNCF Réseau se tourne vers les marchés et a accru un peu plus sa dette, qui a atteint 36,78 milliards d'euros fin 2014.

Tag(s) : #tours, #bordeaux, #finances

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