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Dans le dernier numéro du journal du Conseil départemental, J-M Baylet en ajoute une couche :

« L’explosion démographique de notre territoire et l’arrivée confirmée de la LGV avec la création d’une gare à Montauban appellent à des décisions et non à des tergiversations qui ne font que masquer l’absence totale de vision pour le développement de notre département. »

 

Cette phrase mérite de servir de modèle dans les écoles de journalisme !

Elle n’a pas pour fonction d’informer mais d’alimenter un jeu politicien savant.

D’où le décryptage qui suit !

Elle débute par une évidence qui en principe met le lecteur en confiance.

Aussitôt après on apprend que l’arrivée de la LGV est confirmée or avant d’aboutir à cette confirmation, des mesures légales s’imposent : opinion du Conseil d’Etat, signature de la DUP en juin 2016, réponse aux recours et l’essentiel aux yeux des citoyens : trouver le financement.

Mais pour beaucoup de politiques aujourd’hui, le financement est le dernier des soucis d’où une dette de la SNCF et de l’Etat qui font frémir les esprits sensés (sauf les banques qui font leur beurre avec les intérêts).

Puis : « la création d’une gare à Montauban ».

Le lecteur ne sait pas qu’en réalité Baylet veut ainsi saluer Barèges en se disant que leur union va effondrer la majorité du Conseil départemental. Que nos deux féodaux aillent à Angoulême qui devait avoir une gare, et ils découvriront l’incroyable : la LGV va être finie mais pas la gare reportée à l’échéance de 10 ans !

Le lecteur se dit : « mais comment est-ce possible ? » Pour les rares arrêts à Angoulême le train ira dans l’ancienne gare, d’où le temps perdu ! Sur la LGV Perpignan-Figuères le problème a été le même pour la gare de Figuères !

D’où l’information donnée par le Conseil départemental sur le comité gare de Montauban :

La conclusion devient donc doublement ridicule : alors que le CD n’a aucune compétence en matière de LGV c’est lui qui doit « décider » et non « tergiverser » !

Pour aboutir à un final qui va devenir la rengaine pendant six ans : « masquer l’absence totale de vision » !

Or Christian Astruc, le président qu’il faut abattre, sait parfaitement qu’avec un adversaire comme le patron de presse Baylet, il ne va pouvoir rien masquer !

On part d’une évidence pour, pas à pas, arriver à la plus folle des contre-vérités : le roi du masque c’était justement du temps de l’unanimisme du Conseil général ! Quand rien ne pouvait transparaître ! Par exemple, en matière de LGV qui rester sur le sujet, le Conseil général a voté une délibération il y a deux ans (27 janvier 2014) restée sans suite alors qu’elle est de la plus haute importance : financer Tours-Bordeaux ! Sur ce point l’astuce a été la suivante : RFF a brandi la menace de reporter l’enquête d’utilité publique sur le GPSO si le Conseil général ne finançait pas Tours-Bordeaux, alors la délibération a été faite mais sans le moindre chèque signé ensuite ! Depuis, Barèges a compris que de son côté (le Grand Montauban) elle pouvait aussi cesser de signer les chèques. Parce que finalement, on en arrive au point décisif : une LGV ça coûte cher ! Un coût qui n’apporte rien au développement du département mais qui au contraire plombe des budgets au point de tuer « toute vision d’avenir » !

D'une évidence on termine par un contre-sens ! Mais si une telle phrase a mis de la division dans le camp Astruc alors c’est l’essentiel pour Baylet !

Jean-Paul Damaggio

Tag(s) : #baylet

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