Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Les mauvaises nouvelles concernant le rail pleuvent comme des giboulées de mars. Et il est difficile de saisir une vue d'ensemble sauf à comprendre comme il est dit : "sabotage de l'intérieur".

J-P Damaggio

 

Limousin > Limoges 30/03/16 - 17h57

Plusieurs gares limousines fermeront dès le 1er avril

Point-presse improvisé des syndicalistes cheminots dans le hall de la gare. « L’entreprise Sncf ne cherche plus à développer son activité. Au contraire, elle se saborde de l’intérieur » - Thomas JOUHANNAUD

Les premières fermetures de gares seront effectives dès vendredi. Les cheminots dénoncent un passage en force, décidé sans concertation.

C’est désormais officiel : les fermetures de gares redoutées par les syndicats de cheminots (1) sont imminentes. Selon des informations communiquées par la direction aux représentants des personnels, les gares du Dorat, de Saint-Sébastien et de Bugeat devraient être définitivement privées de leur guichet, dès ce vendredi 1er avril. Certes, les trains continueront (pour l’instant) à circuler et à s’arrêter selon les horaires habituels. Mais il ne devrait plus y avoir aucun agent présent sur le site. Les voyageurs ne pourront plus acheter de billet sur place, et ils ne trouveront plus aucun interlocuteur dans la gare.

Annoncée lors du Chsct (2) par la direction aux représentants du personnel, la nouvelle n’est pas une surprise. Mais elle n’en a pas moins jeté un froid. Déplorant « un passage en force décidé sans concertation », les syndicats ont claqué la porte de la réunion. Il faut dire que la liste précédente n’est pas exhaustive. La fermeture de la gare de Saint-Sulpice-Laurière serait programmée pour juin, celle d’Aubusson pour fin septembre, et les gares de Saint-Léonard et d’Eymoutiers ne seraient plus ouvertes (dans un premier temps) que les jours de semaine. En Corrèze, des réductions d’ouverture touchent également Uzerche et Ussel, tandis que la gare d’Allassac ferme définitivement. Au total, une dizaine de postes devrait disparaître, essentiellement par le biais de départs non remplacés.

La fin programmée des petites gares n’est donc guère du goût des cheminots. Leurs représentants syndicaux (CGT et FO) ont organisé à la hâte, en début d’après-midi, une conférence de presse dans le hall de la gare des Bénédictins à Limoges. « Ce n’est pas seulement une question d’emplois, c’est aussi une question de respect des usagers et de logique d’aménagement du territoire », estiment Christian Lavallée (secrétaire -CGT- du CHSCT) et ses collègues. « Comment ne pas tenir compte du fait que tous les usagers en milieu rural n’ont pas internet pour acheter leur billet ? Qu’il y a aussi des zones blanches sans réseau, notamment vers Bellac ? Et, comment oublier qu’il n’est peut-être pas judicieux de laisser les voyageurs livrés à eux-mêmes sur le quai, surtout lorsqu’il s’agit de collégiens ou de lycéens le matin à l’aube ? »

Alors que le TGV Brive-Lille devrait disparaître fin mai (- 5 emplois), que la pérennité des trains de nuit n’est plus assurée, et qu’une refonte de la grille horaire des intercités est annoncée pour juillet 2017, le dialogue semble difficile entre la direction SNCF de la région de Limoges et les syndicats de cheminots. Le Chsct devrait lancer sa propre enquête interne à partir du 4 avril. « L’entreprise Sncf ne cherche plus à développer son activité, estime Frédéric Tronche, secrétaire général de la CGT. Au contraire, elle se saborde de l’intérieur. »

(1) Notre édition du 17 février. (2) Comité hygiène et sécurité Florence Clavaud-Parant

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :