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La lettre du Nouveau Monde, groupe au conseil régional du Grand Sud, propose un entretien avec le communiste Jean-Luc Gibelin et le Vert Christian Dupraz. Nous les diffusons à titre d'information avec les commentaires nécessaires. Ils parlent avec enthousiasme des EGRI '"Etats Généraux du Rail et de l'intermodalité" en évitant le mot LGV pourtant significatif : pendant les EGRI qui questionne les gens sur la LGV, Carole Delga, comme indiqué dès la présentation du document, poursuit une politique pro-LGV arrogante. Autant dire que l'écoute est maximum... Elle dira qu'elle anticipait sur les résultats de la consultation faite pour obtenir un appui à la dite politique.

Mais laissons la langue de bois pour le communiqué concernant la faillite de TP Ferro. On aurait aimé un communiqué en bien d'autres occasions et dernièrement suite au rapport du Sénat qui déclare impossible le financement du GPSO. Sur cette faillite nous nous sommes exprimés et plus que l'éventuelle faillite du PPP de la gare de Mogère on aurait pu évoquer celui de la LGV Tours-Bordeaux. JPD

 

Jean-Luc Gibelin, vous êtes Vice-Président en charge des Transports sur la Région Occitanie. La tenue des EGRI en Occitanie est une première sur le territoire français. Qu’est-ce qui vous a poussé à mettre en place une mesure aussi ambitieuse ?

Il s’agit d’un engagement de campagne électorale, précisément d’un des éléments du projet de la liste du second tour. Il était donc important de le mettre en œuvre rapidement. Nous y avons travaillé dès les premières semaines pour rédiger le questionnaire mis à disposition, projeter les rencontres publiques dans les préfectures et les sous-préfectures des treize départements, prévoir les pages dédiées du site Internet… . Aller à la rencontre des ayant-droits et des usagers quotidiens, mesurer leur attachement à certaines lignes, faire émerger aussi les sujets qui fâchent, tout cela était effectivement très ambitieux, mais à la hauteur des attentes des citoyens de notre grande Région.

Quelles sont à votre avis, les forces et les faiblesses en matière de transports de notre région Occitanie ?

Notre Région à un potentiel encore actif de réseau Ferré et routier important. Il est indispensable de le renforcer pour mieux répondre aux attentes mais la base existe notamment du fait des luttes et résistances locales. Notre Région comporte de magnifiques sites à relier par le rail.

Notre Région en développement justifie qu’une politique novatrice et offensive anime les orientations transports. Les moyens financiers sont contraints et risquent de limiter les possibilités de déploiement des transports ferrés dans la Région.

Aujourd’hui, quel regard portez-vous sur ces 80 jours de consultation des EGRI ?

Je considère que nous avons réalisé un temps fort de concertation et d’écoute citoyenne. Les associations locales, les élu-e-s locaux, les organisations syndicales, les citoyennes et les citoyens ont eu l’occasion de donner leur point de vue, de faire part de leur inquiétude, de porter leurs propositions alternatives. Des espoirs ont sans doute été confortés par cette période. Cela nous confère maintenant de grandes responsabilités.

Qu’attendez-vous des résultats de la concertation ?

Nous avons travaillé tout l’été pour préparer les éléments de restitution de cette première phase des Etats Généraux du Rail et de l’Intermodalité. Nous avons la volonté ainsi de répondre aux besoins des populations des treize départements. J’attends que les résultats de la concertation participent à cette indispensable appropriation des problématiques de transport. Nous allons construire un plan pour les quinze prochaines années, ça n’est pas rien !

Vous avez ouvert votre mandat d’élu et de vice-président sous l’égide de la concertation et de la rencontre : est-ce ainsi que vous mènerez votre politique des transports ?

Comme je l’indiquais, c’est un engagement de campagne de penser la politique à partir des besoins de la population, de faire émerger l’intervention citoyenne et le contrôle démocratique. C’est exigeant ! Cette phase d’écoute, de concertation, de démarche citoyenne alimente grandement la phase de construction de la politique régionale pour les quinze prochaines années que nous réalisons depuis cet été. Nous aurons l’occasion d’en faire un retour citoyen, bien entendu…

 

ENTRETIEN – Christian Dupraz, élu régional Nouveau Monde en Commun, et conseiller régional délégué aux EGRI.

– Christian Dupraz, quelle a été votre mission sur ces EGRI ?

Ces Etats Généraux ont été plus que des Etats Généraux. Tout le monde a pu s’exprimer, alors que dans des Etats Généraux au sens classique, seuls des délégués participent. J’ai été le gardien de l’esprit de cette consultation démocratique : permettre à chacun de s’exprimer, pour faire sa propre révolution, sans tabous. Ouvrir un lieu de débat aussi large que possible. Eviter les stratégies de repli, dont les tentations étaient permanentes. La transparence de la démarche a été mon leitmotiv. Ce fut un combat quotidien, utile, passionnant.

Rétrospectivement quel regard portez-vous sur ces 80 jours de concertation ?

Pour tenir nos engagements, nous avons dû aller très vite, avec des moyens limités. On aurait pu imaginer une démarche plus lourde, plus longue, plus construite, mais nous nous en sommes bien sortis, je pense. La participation a été forte, les débats de qualité, les participants en général reconnaissants pour cette liberté de parole, certaines contributions citoyennes sont remarquables. Et pour les élus, ce fut un sacré marathon !

Quelles sont à votre avis, les forces et les faiblesses en matière de transports de notre région Occitanie ?

Nous sommes une des régions de France où le transport collectif interurbain par rail ou autocar est le plus faible de France. C’est une faiblesse, mais du coup les marges de progression sont considérables. Et la confiance dans le train est au plus bas, suite à des retards trop fréquents, qui découragent les usagers. Imaginez que pour une liaison entre villes de tailles comparables, vous avez 50 000 voyageurs par jours dans le train entre Genève et Lausanne, alors que nous n’en avons que 10 000 entre Montpellier et Nîmes. La marge de progression est énorme.

Qu’attendez-vous des résultats de la concertation ?

J’espère qu’avec le recul du temps, on reconnaitra que ces EGRI ont été un moment fort du débat démocratique, et le lieu où un changement radical de politique régionale des transports a été imaginé. Certains dossiers contestés ont été largement évoqués, sans tabou. Cela va marquer.

Les EGRI reposaient sur l’écoute et le dialogue, est-ce ainsi que vous concevez votre mandat d’élu régional ?

La concertation est une étape importante, et elle doit être menée avec déontologie : transparence, écoute, respect, priorité aux argumentaires construits visant l’intérêt collectif, du point de vue du citoyen, de l’usager, du contribuable. Sans oublier les objectifs de développement durable et de transition énergétique, qui s’imposent à tous. Mais le travail de l’élu ne s’arrête pas à savoir concerter. Il faut ensuite construire une politique, prendre ses responsabilités, l’expliquer, et l’appliquer. Pour ces EGRI, nous n’en sommes qu’au début. Sans déflorer les résultats de cette consultation, les conclusions sont très cohérentes et indiquent de nouvelles voies pour le développement des transports collectifs en région. Il nous faut maintenant traduire cette consultation en actes. Les citoyens pourront nous accompagner dans cette démarche, par leur vigilance, par leur participation aux instances de suivi que nous allons mettre en place, mais aussi par leur bienveillance. Les EGRI ont ouvert bien des espoirs chez les participants, il y aura nécessairement des déceptions, mais aussi, espérons-le, beaucoup de satisfaction. Gouverner, c’est choisir…

 

Communiqué sur la faillite de TP Ferro

La société TP Ferro, concessionnaire de la Ligne à Grande Vitesse entre Perpignan et Figueras, a annoncé ce jeudi sa mise en liquidation judiciaire. Cette annonce n’est pas une surprise, tant la situation de cette société contrôlée par Eiffage et le groupe de BTP espagnol ACS était dramatique, avec une dette de 557 millions d’euros.

Comment en est-on arrivé là ? Par l’aveuglement de la grande vitesse à tout prix, et le choix désastreux d’un partenariat-public-privé (PPP).

Le phasage du projet a été catastrophique : 10 ans de travaux n’ont permis la réalisation que de 40 kms de lignes. Perpignan-Figueras devait être le maillon trans-frontalier d’une LGV reliant Paris à Barcelone via le tunnel du Perthus. Mais alors que la concession date de 2003 et que les travaux furent terminés en 2009 côté français, il fallu attendre décembre 2013 pour que la partie espagnole soit raccordée au réseau grande vitesse ibérique. Pendant cette période, ni trafic, ni recette. Mais même lorsque le trafic a pu être mis en place il fut bien en deçà des prévisions, qui avaient été volontairement gonflées pour vendre ce projet. Pour qu’il soit pris en charge par un PPP ! CQFD.

Cet échec est donc celui du Partenariat Public Privé. Notre groupe rappelle son opposition à tout recours au PPP notamment pour la construction ou la rénovation de lignes ferroviaires. Le PPP est un jeu de dupes pour les collectivités territoriales ou les Etats qui doivent à chaque fois compenser un trafic sous-évalué et des coûts d’exploitation en augmentation pendant que l’entreprise privée empoche les bénéfices….ou laisse les Etats assumer une dette faramineuse en cas d’échec.

Et ce n’est pas fini : le PPP de la gare de la Mogère à Montpellier sera-t-il le prochain à mener à une telle faillite ? On peut le craindre, compte tenu de l’absurdité de cette gare si mal placée que les opérateurs ferroviaires risquent de ne pas l’utiliser. Ce qui pourrait conduire à une nouvelle faillite, ruineuse pour les partenaires publics.

Communiqué de presse des élu-es régionaux Nouveau Monde en Commun

Tag(s) : #conseil régional
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