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Sauvetage d'Alstom à Belfort

Je n'ai rien dit jusqu'à présent sur le dossier Alstom-Belfort. J'attendais les décisions et à présent tout est clair. Le gouvernement commande 15 TGV Euroduplex pour utiliser sur la ligne Bordeaux-Marseille. Des TGV roulent depuis des décennies sur des voies ferrées ordinaires donc il n'y a là rien de nouveau sauf que ces lignes avaient un petit élément LGV. Je pense à Paris-Bordeaux-Toulouse avec la LGV Paris-Tours. Donc le gouvernement anticipe avec dix ans d'avance car il y aurait demain la LGV Bordeaux-Toulouse et peut-être (car là on en est encore plus loin), Montpellier-Perpignan. Et pourquoi pas Paris-Toulouse par Limoges ? De toute façon des rames TGV sont déjà disponibles en grand nombre dans les garages de la SNCF ! On parle de 120 !

Toute la question prouve qu'on va dans le mur car la réalité est simple, le rail a besoin d'un matériel intermédiaire entre les anciens trains et le TGV, un train roulant autour de 220 km/h, moderne, agréable et efficace. C'est d'ailleurs cette commande de matériel qui a été faite par l'Etat aux constructeurs. C'est un peu comme si les politiques avaient acheté un Concorde pour sauver l'aéronautique plutôt que de lancer le projet industriel des Airbus. D'un côté l'avion a compris qu'il fallait regarder du côté des bus, et de l'autre la SNCF a cru qu'elle devait regarder du côté de l'avion pour dire aujourd'hui, au démarrage d'un TGV : "on décolle".

Cette mesure ne peut qu'enfoncer Alstom, comme le fait la politique du ferroviaire depuis des décennies mais élection oblige, on verra plus tard. Tout ça est presque comique mais je n'arrive pas à rire. J-P Damaggio

 

L'argumentation du gouvernement

(avec notes personnelles)

 

"Christophe Sirugue secrétaire d'Etat à l'Industrie a défendu la rationalité économique de cette décision devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée Nationale.

Il a rappelé que la liaison Bordeaux-Marseille, à laquelle sont destinées ces 15 rames de TGV Euroduplex, était une des trois lignes "structurantes"[1] identifiées par un récent rapport parlementaire et que leur matériel roulant vieillissant devait de toute façon être remplacé à plus ou moins brève échéance.

L'Etat, en tant qu'autorité organisatrice des transports sur les liaisons Intercités, avait deux possibilités, a expliqué le secrétaire d'Etat à l'Industrie. L'une consistait à acheter d'abord des trains Intercités pour 350 millions d'euros[2], puis, lors de la mise en service des futures LGV, des rames TGV pour 450 millions d'euros. L'autre, retenue par le gouvernement, consiste à acheter dès maintenant des TGV, quitte à les faire rouler à la vitesse des trains Intercités en attendant l'arrivée des tronçons LGV.

"Ce n'est donc pas une commande supplémentaire", a fait valoir Christophe Sirugue. "Le gouvernement a fait le choix de ne pas acheter du matériel deux fois. Ainsi il prend, me semble-t-il, la meilleure décision à long terme pour le contribuable."

Faire rouler des TGV sur des lignes traditionnelles n'est pas nouveau, a-t-il souligné. Il a notamment cité le cas des liaisons Marseille-Nice, Le Mans-Quimper et Tours-Bordeaux.

Enfin, le choix de rames TGV Euroduplex "permet des gains substantiels" sur les frais de maintenance et de développement en mutualisant ceux-ci avec le parc existant, a-t-il ajouté.[3]"Cela compense le surcoût de fonctionnement."

Christophe Sirugue a également écarté l'idée que cette commande directe de l'Etat, sans appel d'offres, puisse être contestée au niveau européen par des concurrents d'Alstom.

"L'Etat s'appuie (...) sur un contrat-cadre existant entre la SNCF et Alstom[4] pour la fourniture de TGV, qui a en son temps donné lieu à un appel d'offre", a-t-il expliqué.

Cette décision et les autres mesures annoncées donnent, selon lui, de la "visibilité" à six sites d'Alstom et pérennisent 1.500 emplois directs et 3.000 emplois indirects[5].

Notes J-P D.

[1] Combien de trains et combien de voyageurs sur cette ligne à ce jour ? Le tronçon Toulouse-Montpellier va sans nul doute concurrencer cette destination, par le TER, vu qu'à présent c'est la même région.

[2] Des trains nettement moins chers, à la maintenance nettement moins chère, et donc aux billets pour le voyageur nettement moins cher.

[3] La mutualisation a bon dos. Et le calcul a même était fait du coût en plus du fonctionnement ?

[4] Ce contrat n'a pas été signé par l'Etat qui va devoir se rattraper

[5] Les emplois sauvés ? Les cars Macron devaient créer 22000 emplois et pour le moment nous sommes loin de 1000 donc d'ici 22 ans peut-être….

Tag(s) : #train

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