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Débat sur les transports collectifs toulousains

C'est la quatrième fois que l'association Alternative LGV Midi Pyrénées est invitée à débattre à Toulouse, dans un cadre pluraliste de la question transport. De l’intervention de Gilles Daré je retiens le rappel de la revendication de la gratuité qui fera débat. Henri Sellié va répéter ce qui sera au cœur des débats ensuite : on ne peut pas réfléchir aux transports collectifs sans réfléchir aux données plus générales sur le réseau, comment on le finance, comment il fonctionne. Les transports sont au croisement de la réflexion locale et globale. Le global pour comprendre, le local pour lutter.

L'association AUTATE plus portée sur les transports urbains à Toulouse et dans les environs a été très impliquée dans deux débats toulousains, la troisième ligne de métro, le plan de mobilité. Et je vais d’abord commencer par ce point.

L’état des lieux a été fortement étudié par l’association, et, la dépense prévue de trois milliards pour une nouvelle ligne de métro pourrait être mieux utilisée dans le cadre d’une réflexion plus globale sur un réseau, sur un maillage, sur l’interconnexion. Le cas de Tournefeuille et de l’ouest toulousain a été décortiqué (zone d’habitat avec moins de transports en commun qu’autrefois). Dans le débat une dame rappellera que le grand centre commercial toujours prévu s’annonce, contrairement à la loi, sans accès transport en commun. Et le constat ce ne sont pas tant les embouteillages dans Toulouse mais plus en périphérie. Problèmes de transport qui conduisent à de la pollution.

Dans le débat le premier intervenant fait l’éloge du vélo sur la base du modèle de Copenhague. Pourquoi le vélo ne gagne-t-il pas plus de terrain ? Il évoquera la LGV mais je traiterai ce point au chapitre sur ce sujet.

La gratuité

J’ai comme un souvenir d’avoir déjà entendu ce débat pour et contre la gratuité. Plutôt que des transports gratuits, des tarifs adaptés à l’échelle des revenus, propose un intervenant. Mais il y a là comme une confusion : la justice sociale passe par un impôt dégressif sur le revenu. C’est par la fiscalité que la solidarité doit fonctionner. Le refus de la gratuité dans les services rejoints en partie un discours sur la baisse des impôts (sur le revenu car pour les injustes impôts indirects le discours n’est pas le même avec les augmentations de TVA). Bien sûr, rien n’est gratuit socialement mais déjà de toute façon les transports collectifs sont payés très largement non pas le ticket de bus mais par les impôts et la Cour de Comptes le reconnaît la tarification c’est pour dissuader certaines personnes (parmi les plus pauvres) de prendre les transports en commun sinon ils seraient trop pleins !

Une autre observation contre la gratuité m’est apparue plus judicieuse avec le cas de la ville de Colomiers où finalement elle vient d’être abandonnée. En effet la gratuité n’implique pas automatiquement l’usage des transports collectifs si le réseau n’est pas conséquent : circuits, fréquence, confort etc. La gratuité doit être prise dans un ensemble. Nous l’évoquerons pas pour le train en référence au train à 1 euro mais l’expérience (avec ses limites) a démontré le succès de l’opération si bine qu’en principe pour un nombre limité de places le système va être présent sur toute la région Occitanie (j’attends de voir l’écart entre les effets d’annonce et la réalité).

La LGV

En quinze minutes j’ai essayé de dire l’essentiel : nous souhaitons le développement du rail du quotidien plutôt que celui de la grande vitesse. Mais ce point n’a pas été entendu par le défenseur du vélo qui a rappelé une proposition faite à Carole Delga : la construire sur l’autoroute ainsi on réduit les impacts etc. Au nom du refus de la voiture il n’est pas très bon de faire des propositions saugrenues qui dénaturent un combat général. Sur ce point je me suis retrouvé d’accord avec Delga, techniquement l’idée est ridicule : les voies ferrées ont toujours eu des impératifs stricts de courbe et de pente et c’est encore plus vraie si on veut de la vitesse. De toute façon, pour nous cette LGV est inutile donc la question n’est pas d’économiser ou de réduire les nuisances par des tracés nouveaux.

J’ai aussi tenté de rappeler que le 1 avec 10 zéros qui suivent et qui est le coût de l’opération n’en fait pas une question parmi des milliers d’autres sur la fréquence, le confort etc. comme l’a présenté les Etats Généraux du rail. La LGV est devenue le boulet de la SNCF alors que pendant longtemps, le TGV (mais c’est différent) a été présenté comme la vitrine glorieuse du rail. La mise en service de la LGV Tours-Bordeaux qui avait été programmée dès le début des années 90 est claire : la SNCF va devoir accroître son déficit de 200 millions d’euros par an (on parle de 90 millions pour cette année… qui est une demi année). Le premier PPP mis en place pour Perpignan-Figueres a été en faillite et c’est donc une société publique qui a pris le relais car il faut bien le faire fonctionner. Avec quel coût ? Et avec quels résultats demain ? Mais bon je ne vais pas refaire tout le discours qui est sur ce blog. Simplement, tant que l’épée LGV pèse sur les finances régionales les politiques ferroviaires du train du quotidien ne pourront pas se développer.

Est alors venu l’idée que techniquement on ne peut pas faire circuler des trains à plusieurs vitesses sur la même voie. Sur une voie ferrée à une voie c’est incontestable mais la ligne existante est à deux voies avec dans les gares des quais de dérivation. Si on veut un train à 360 km/h c’est incontestable mais sur Bordeaux-Toulouse même avec la LGV et même sans arrêt la moyenne annoncée est de 200 km/h.

Les AFNT

Pour compléter l’embrouille les autorités ont décidé de scinder le projet GPSO en projet, strictement LGV, et projets d’aménagements ferroviaires nord Toulouse et sud Bordeaux. La réunion m’a permis de comprendre encore mieux l’opération de division qui a un but financier (faire baisser le prix de la LGV pour la rendre réalisable en enlevant en plus le tronçon Dax-Hendaye) mais un but « politique ». Tout comme les autorités ont vanté les mérites des associations qui luttaient contre le tracé pour faire oublier celles qui lutaient contre la LGV, avec les aménagements qui sont la construction de deux lignes nouvelles continuant la LGV, on divise ceux qui veulent des trains du quotidien à Toulouse et ceux qui refusent la LGV. Or la réalité, c’est le contraire : c’est en mettant les aménagements à la remorque de la LGV qu’on porte grand tort au train du quotidien. J’ai été plus convaincu car sur Toulouse personne n’a étudié le dossier AFNT et les décisions défavorables des commissaires enquêteurs. La réflexion est simple : on crée deux lignes en plus, on libère des sillons et donc on peut développer le TER. Toute la réunion l’a démontré, le simplisme n’est jamais adapté au transport. Le FERRROVIAIRE n’est pas en manque d’infrastructure. Et j’en reviens au boulet : les dépenses LGV tue l’entretien des voies du quotidien. Comme il a été rappelé par Patrick : si on avait continué le remplacement des passages à niveaux, tout le monde y gagne. Si on répare les voies tout le monde y gagne car sur la ligne existante TOUS les trains peuvent circuler.

 

Le pouvoir des élus et des associations

En tant qu’association active Alternative LGV Midi-Pyrénées fait la démonstration que l’action citoyenne joue son rôle. Nous considérons que nous ne sommes pas étrangers, avec d’autres associations, à la décision des commissaires enquêteurs donnant un avis défavorable au projet. Mais notre expérience montre en même temps qu’en dernière instance les pouvoirs politiques tiennent en main les clefs de la décision. J’ai rappelé le cas du prolongement de la ligne de métro qui après débat, enquête et DUP était proche de la réalisation jusqu’au moment où Moudenc (avec ensuite l’accord de Delga) a décidé de tuer le projet au profit du sien, la troisième ligne de métro ! Il a été bien expliqué par les membres d’AUTATE avec lesquels j’ai été totalement d’accord que déjà, ce projet de troisième ligne tue d’autres projets moindres et pourtant efficace. Il a été frappant de constater que les autorités politiques n’ont pas fait le déplacement.

Je conclus car j’ai déjà été trop long mais c’est preuve que la réunion a été riche en discussions. J-P Damaggio

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