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Moudenc sur Sud-Ouest

C’est avec retard que je découvre cet entretien avec Moudenc. Sud-Ouest a toujours le mérite de poser les questions franchement et ainsi d’informer clairement. Moudenc reconnaît les difficultés de Rousset avec sa majorité, l’absence de suites au vote de 45 millions d’euros, et la quête de « financements innovants » que j’appelle la recherche du père noël. Il raconte des salades quand il invoque le plan Juncker et quand il dit que la LGV est la meilleure alternative à la route. Malgré la clarté des questions il reste évasif. Il accepte cependant de montrer que la bataille est rude. J-P Damaggio

 

Sud-Ouest le 1er Avril

Le maire (LR) de Toulouse s'inquiète du silence de l'État et de la situation politique d'Alain Rousset

PROPOS RECUEILLIS PAR BENOÎT LASSERRE

« Sud Ouest » Le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, a déclaré que la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux était le dernier projet pour l'instant.

Moudenc : Je me suis ému de ces déclarations, car j'estime qu'il n'est pas du ressort du président de la SNCF de tenir ce genre de propos. Je lui ai adressé un courrier et il m'a répondu pour reconnaître que la SNCF n'était, en effet, pas décisionnaire. Je regrette évidemment ce qu'il a déclaré, car ses propos ont été médiatisés et donnent une tonalité négative à un projet qui a été validé par le gouvernement.

 

Vous ne pouvez pas reprocher à Guillaume Pepy de veiller au budget de la SNCF, qui n'a effectivement pas les moyens de financer une telle infrastructure.

Moudenc : Mais je n'ai jamais prétendu que c'était à elle de financer le projet. Le rôle de la SNCF est d'attendre que l'État prenne les décisions et avance, et, en attendant ces décisions, de garder le silence. Les rôles sont clairs : l'État est le décisionnaire et la SNCF est l'exploitant.

 

Guillaume Pepy dit-il tout haut ce que beaucoup de gens pensent tout bas ?

Moudenc: Pour le moment, il est le seul à s'être exprimé en ce sens. Je rappelle que le 12 juillet et le 19 septembre, les présidents des Métropoles de Toulouse et de Bordeaux, ainsi que des Régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie ont été reçus par Alain Vidalies, le secrétaire d'État aux Transports, après la déclaration d'utilité publique, en juin, du projet de prolongation de la LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax. Nous avons, tous les quatre, été d'accord pour mettre en œuvre ce projet et mettre au point un schéma de financement À cette époque, la SNCF ne s'est pas manifestée.

 

Depuis, rien n'a bougé.

Moudenc : C’est ce qui m'inquiète. Dans le bureau d'Alain Vidalies, il a été décidé de commander une étude sur des projets de financement innovants déjà expérimentés dans d'autres pays européens. Il a également été décidé de lancer ce qu'on a appelé une convention d'initialisation pour financer des acquisitions foncières et des études, le tout pour un montant de 45 millions d'euros. L'État en prenait la moitié à son compte, le reste se partageait entre les quatre collectivités. Or la Métropole de Toulouse et la Région Occitanie ont voté et mis en place les crédits que je viens d'évoquer. Côté Nouvelle Aquitaine, en revanche, le dossier n'a pas été voté et il a été retiré de l'ordre du jour, faute de majorité. Alain Rousset est prisonnier d'une partie de sa majorité, les écologistes, hostiles au projet, et il n'a pu compter sur les voix de la droite et du centre, ce que je déplore. Mon inquiétude vient aussi du fait qu'Alain Vidalies fait désormais preuve d'une grande passivité sur le projet Nous n'avons plus aucune nouvelle. À mes yeux, c'est beaucoup plus grave que la déclaration malencontreuse de Guillaume Pepy.

 

Vous avez décidé d'interpeller les candidats à la présidentielle...

Moudenc : Le temps des élections n'est jamais propice à l'avancement des dossiers, mais il permet en revanche d'obtenir des engagements. Nous venons d'abord de lancer une pétition à Toulouse qui a déjà recueilli plus de 10 000 signatures. Nous demandons simplement à l'État de tenir sa parole. C'est d'autant plus simple que c'est un dossier qui n'oppose pas la droite et la gauche, c'est un dossier consensuel qui réunit quatre collectivités. Je sais qu'en Nouvelle Aquitaine, les socialistes ne sont pas unis autour du projet, mais, en Occitanie, les socialistes, qui sont nombreux, sont tous d'accord. Il n'y a que les écologistes à s'y opposer.

 

La prolongation de la LGV depuis Bordeaux coûterait 9 milliards d'euros. Comment financer ?

Moudenc : Il y a ces financements innovants qui existent dans d'autres pays. C’est une idée poussée par Alain Rousset et Carole Delga. Une étude est en cours, je ne peux donc pas vous en parler dans le détail. Après, peut-on imaginer d'autres formules juridiques que les traditionnels partenariats public-privé, concession ou délégation de service public ? Alain Vidalies s'était montré favorable. Il y a également le plan Juncker en faveur des grandes infrastructures. On peut aussi envisager un emprunt sur cinquante ans qui rendrait les remboursements plus soutenables pour les collectivités.

 

Toulouse n'a pas eu besoin du TGV pour se développer ? Avez-vous vraiment besoin de la grande vitesse ?

Moudenc : La LGV est la meilleure alternative à la voiture et à l'avion. C'est le mode de déplacement le moins polluant Ensuite, il n'est pas envisageable que Toulouse reste la seule grande ville de France (avec Nice, mais ce n'est pas le même cas de figure géographique) à être tenue à l'écart du réseau LGV. C’est l'agglomération qui a gagné le plus d'habitants et créé le plus d'emplois, 150 000, ces vingt dernières années. Aujourd'hui, de nombreuses entreprises sont pénalisées par l'absence de liaison ferroviaire à grande vitesse. C’est pourquoi nous nous mobilisons pendant cette campagne présidentielle et que nous continuerons après le 7 mai, quel que soit le prochain chef de l'État.

Tag(s) : #toulouse

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