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TGV et avion

TGV et avion

Depuis des années je répète que Martin Malvy et son double aux transports Charles Marziani étaient favorables à la fois à la LGV et au nouvel aéroport. Ils étaient favorables au nouvel aéroport pour les mêmes raisons que pour la LGV. Observons en passant qu'ils ne parlent pas de LGV mais de TGV une stratégie classique.

L'aéroport a été abandonné grâce à la lutte sociale plus facile à développer contre un aéroport que contre une LGV. Depuis 2003, sans LGV Toulouse s'est développé et l'aéroport de Blagnac aussi. Avec les nuisances qui vont avec. Mais la lutte justifiée contre les dites nuisances ne peut se régler en les envoyant ailleurs ! Bref voilà un article qui peut aider à la réflexion. J-P D.

 

Article de La Dépêche 25 avril 2003

Toulouse, dernière grande métropole « enclavée », pourtant au cœur de la plus vaste région du pays, certes bien loin d'être la plus peuplée mais rattrapant à vive allure son retard grâce à l'attractivité de ses activités d'avenir à haut contenu technologique.

Que ne l'a-t-on entendu depuis des décennies cette litanie paradoxale assortie des inévitables colloques pour y voir plus clair et des projets pour sortir de cet isolement, de cette impasse. Des projets controversés, aussitôt remisés dans les cartons pour être ressortis encore.

Quoi de neuf, alors, dans les dernières réflexions des aménageurs du territoire rendues publiques hier ? Alors que l'audit sur les transports commandé par Matignon semblait, à l'automne encore, renvoyer à bien plus tard, à l'horizon 2020, l'espoir d'une vraie liaison ferroviaire TGV, mettant Toulouse, à terme, à 3 heures de la capitale (au lieu de 5), la Datar (Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale) semble vouloir accélérer le processus.

Deuxième inflexion de taille dans la pensée de nos aménageurs, investis de la mission de « stratège » en matière des transports, la réalisation de la liaison TGV Toulouse-Bordeaux n'est pas contradictoire avec la construction d'un deuxième aéroport destiné à soulager une plateforme de Blagnac bientôt saturée et dont le développement est jugé insupportable en terme de nuisances dans le site actuel rattrapé par l'urbanisation. Sans plus de précision, la Datar insiste sur la nécessité d'implanter le nouvel aéroport à proximité de l'agglomération. Voilà qui ne fait pas l'affaire des nombreux opposants au projet. Ici, la Datar semble retoquer le projet de consensus appuyé notamment par le président de la région Midi-Pyrénées Martin Malvy. Ce dernier préconisait un site à mi-chemin des deux métropoles toulousaine et aquitaine. La Datar estime, quant à elle, qu'il « s'agit plutôt de choisir sa localisation en lien avec les études menées sur le TGV ». Pour faire en sorte que les deux projets ne soient plus «concurrents» mais «connectés» et complémentaires. Pour Toulouse, ce serait donc nouvel aéroport plus TGV. La Datar privilégie cette double approche, ouvrant la voie à un Paris-Toulouse en trois heures. La liaison avec l'aéroport étant conçue comme un « plus » dans la perspective de conforter la métropole du Midi toulousain dans une vocation européenne déjà largement tracée par l'essor des industries mères du développement régional : l'aéronautique et l'espace. Au total, pour les aménageurs, ces deux projets sont «intimement liés», s'alimentant l'un l'autre, au point qu'il est «difficile d'établir une priorité» entre les deux. Chat échaudé craignant l'eau froide, ne faut-il pas craindre que cette ultime hésitation de nos experts ne fournisse un alibi pour retarder encore et l'un et l'autre projet. On n'ose le croire. D'ailleurs, la Datar redouble de prudence comme effrayée, déjà, par sa témérité dans la volonté de bouger les lignes : aéroport et TGV « ne peuvent être envisagés qu'à échéance relativement lointaine... » Et quelques grosses déceptions sont en vue : Castres, Mazamet, Decazeville et Auch risquent, au vu des projets en cours, de rester plutôt mal connectés au réseau routier à fort gabarit. Et la Datar observe par contre un silence fracassant sur le projet ferroviaire de « Traversée centrale des Pyrénées », cher à la Région et visant à décongestionner le trafic transfrontalier de poids lourds. Il ne faut pas rêver. Jean SAVARIC.

Tag(s) : #médias, #toulouse, #2003

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