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En tant qu’acteurs de la lutte sociale en faveur d’une alternative au «Tout LGV», nous avons eu l’occasion (et nous l’avons toujours) de nous battre contre la politique gouvernementale du ferroviaire de Sarkozy, Hollande et à présent Macron. Tous ont témoigné qu’au moins sur ce plan, droite ou gauche c’est pareil. Macron tente plus que les autres le double langage : d’un côté, il dit non à la politique passée mais dans les faits le 13 juin 2017 ses services envoient au Conseil d’Etat un mémoire en réponse aux recours des associations, qui reprend exactement la politique précédente de la SNCF et du gouvernement Hollande (le gouvernement le plus LGVs de toute l’histoire du pays). Mémoire dont les juges au Conseil d’Etat feront leur livre de chevet avec le résultat que l’on sait.

 

Dans cette lutte nous avons donc contre nous à la fois droite et gauche… et le syndicat CGT des cheminots[1]. Nous l’avons vérifié dans une réunion à Limoges où un de nos membres a interrogé le dirigeant national de ce syndicat, nous l’avons vérifié au moment des Etats généraux du Rail à Montauban avec Jacques Agrain en grand défenseur du système LGV etc.

Personnellement j’ai participé à une réunion sur le rail à Castelsarrasin organisée par le PCF avec Thomas Portes en invité. A ma grande surprise la question de la LGV n’a pas été évoquée jusqu’à ce que je me résigne à poser une question sur le sujet, or tout un hameau de la commune devrait être massacrée par le projet ! J’ai appris par la suite que l’intervenant que je ne connaissais pas, était en fait un responsable CGT-Cheminots membre du CESER où, avec ses amis, il a toujours soutenu le président Chauzy, un des rois du lobby LGV !

Voilà que l’homme doté des habits de dirigeant local du PCF propose une tribune en soutien à la grève des cheminots où les questions locales sont présentes mais pas la LGV. Sans doute un geste «unitaire»…

Des organisations opposées à la LGV ont accepté de signer sans référence à la LGV au nom de l’unité en soutien à la grève.

J’ai lu cette justification : «Le texte n’est pas antinomique avec le refus de la ligne LGV, il n’en parle pas puisque ce point fait désaccord.»

Une façon de vérifier une fois de plus que le dossier LGV n’est pas saisi pour ce qu’il est. En effet, «le Tout LGV» est antinomique avec une SNCF au service des citoyens(nous en avons fait souvent la démonstration), et ne pas acter ce fait, c’est se tirer une balle dans le pied !

Le « Tout LGV » a permis de massacrer le fret, l’intercité et pour le TER les Régions ont été obligées de mettre la main à la poche pour sauver les meubles (avant l’argent d’impôts nouveaux).

 

Si la SNCF est une belle construction voutée, le «Tout LGV» n’est pas une pierre parmi d’autres, mais ce qui pèse lourdement sur la clef de voûte pour aboutir à l’écroulement de toute la voûte, un écroulement désiré par des gouvernements qui agissent depuis des années pour marginaliser cette entreprise. Oui je dis entreprise car ça fait des années que la SNCF ne fonctionne pas comme un service public. Qui répète que dans le Groupe SNCF le ferroviaire représentes seulement la moitié du chiffre d’affaires ?

 

Si pendant des décennies la CGT, par ses luttes, a permis le développement de la SNCF, je considère que depuis 1995 l’organisation n’a pas su s’adapter aux nouvelles conditions sociales (d’où d’ailleurs le développement de syndicats nouveaux). Le couple CGT-PCF (toujours très fort chez les cheminots) a surtout géré des acquis plus que construit une alternative au rail actuel. Il existe une conception de l’unité qui privilégie le nombre de sigles en bas d’un texte, pour taper fort, et tant pis si le texte est incohérent du fait des concessions des uns et des autres. Cette conception, elle aussi, n’est plus d’actualité.

 

Bien sûr, on va me dire que je vole au secours du gouvernement, mais quand la CGT est pro-LGV ne fait-elle pas mieux ? Les plus grands utilisateurs du rail sont à Paris et pour eux, inclure le refus du «Tout LGV» dans la grève aurait été une source de mobilisation supplémentaire car ainsi, l’investissement sur les lignes actuelles aurait pu être multiplié par dix. Mais c’est vrai Carole Delga n’aurait pas applaudi, ni son bras droit du PCF. Depuis 20 ans PS-PCF gèrent le train régional et il n’y a pas besoin de la privatisation, ni de Pépy, ni du gouvernement pour vérifier les détériorations toujours oubliées par la propagande du journal régional.

Si on veut une alternative à l’actuel système ferroviaire il faut prendre le mal à la racine. Il ne suffit pas de dire non à la concurrence (le fret a démontré que ce n’est pas la solution). Il ne suffit pas de dire que la SNCF paie trop l’infrastructure (une loi l’en empêche à présent), il faut reconstruire un système non productiviste aux coûts équilibrés.

J-P Damaggio

P.S. On tirera le bilan de la grève à la fin et je l’avoue je crains le pire.

 

[1] [1] CFDT et UNSA furent invisibles mais partagent le point de vue de la CGT tandis que Sud Rail nous a apporté son appui et a dernièrement rappelé dans les médias sa dénonciation du « Tout LGV ».

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