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Les ombres de la Société du Grand Paris (SGP)

Puisque Delga-Sauzy célèbrent chaque matin en se réveillant la SGP voici quelques mots à ce sujet en commençant par ce sénateur qui indique le 19 mars dans le débat sur la loi LOM :

« Je suis surpris que mon amendement visant à dissoudre la société du Grand Paris au sein d’Île-de-France Mobilités ait été ainsi discrètement écarté. »

 

En fait le 24 janvier une info a défrayé les chroniques : Anticor avait, suite à un rapport de la Cour des Comptes, lui avait écrit le 15 novembre 2018 pour lui demander de transmettre un signalement au Parquet National Financier (PNF) et a obtenu satisfaction le 24 janvier : «Nous sommes très satisfaits que cette enquête soit ouverte sur cette affaire hors norme qui porte sur un budget total de plus de 38 milliards d'euros, dont 13 milliards de dérapages et avec 164 marchés publics passés sans aucune mise en concurrence », a signalé le président d'Anticor, Jean-Christophe Picard.

 

C'est dans un nouveau rapport dévoilé au public le 17 janvier dernier que la Cour des comptes avait posé un diagnostic plutôt sévère sur les finances de la Société du Grand Paris (SGP), l'établissement public chargé en premier lieu de construire le futur métro automatique autour de la capitale.

 

Voyons les faits : Chiffré à 19 milliards d'euros lors du débat public en 2010, le supermétro de quelque 200 km était déjà évalué à 22,63 milliards lorsque le projet a été affiné en 2013. Au final, le coût total du Grand Paris Express serait de 38,48 milliards d'euros, en incluant les «contributions financières» de la SGP à d'autres projets franciliens de transport, selon la Cour des comptes. « Les coûts prévisionnels (...) n'ont cessé de dériver », ont résumé à l'époque dans ce rapport les gendarmes des deniers publics en soulignant aussi que des «règles de procédures» ont «parfois (été) contournées» dans l'attribution de marchés conséquents.

 

Voici ce qu’écrit la journaliste de Marianne :

« Mais les magistrats avaient également pointé les procédures d’attribution de ces juteux marchés. Ils avaient ainsi identifié des marchés « pour lesquels les procédures et les grands principes de mise en concurrence n’avaient pas été respectés, soit attribuant un marché à une entreprise dont l’offre aurait dû être rejetée pour irrecevabilité, soit en modifiant en cours de procédure les modalités de calcul des offres financières, ce qui a eu pour effet de modifier l’ordre de sélection des candidats ». Beaucoup de précautions de langage pour désigner des faits constitutifs d'un possible délit de favoritisme, le nouveau petit nom juridique de la corruption.

Des centaines de millions d’euros pour des dizaines de marchés, remportés notamment par des géants du BTP tels que Vinci, Eiffage et Bouygues. Mise en cause également par le rapport de la Cour des comptes, la responsabilité des bureaux d’étude en tant qu'assistants à la maîtrise d’ouvrage (AMO), au premier rang desquels Artelia, sera elle aussi scrutée par les policiers.

Contacté début janvier, un porte-parole de la SGP s’étonnait même de la tardive transmission du dossier au PNF : « Cela fait un an que la Cour des comptes a publié son rapport et ils ne bougent que maintenant. Pourquoi ? ». De son coté, l’association Anticor, qui a vainement tenté de saisir la justice sur le sujet en juin dernier, se félicite : « C’est une très bonne nouvelle au regard des sommes exorbitantes mises en jeu ». »

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