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Le débat sur la loi LOM au Sénat n’a pas donné lieu à de grandes émissions télé. Voici le résultat.

« M. le président. - Voici le résultat du scrutin n°73 :

Nombre de votants     345

Nombre de suffrages exprimés     266

Pour l'adoption  248

Contre       18 »

(j'ai déjà évoqué l'amendement 772 qui a été voté mais sans donner les résultats du vote peut-être les présents étaient si rares!)

 

Les 18 qui ont voté contre sont les communistes et leurs amis et le vote le plus amusant est celle de la sénatrice ex-socialiste Marie-Noëlle Lienemann qui indique pendant la discussion  :

« M. le président. La parole est à Mme Marie-Noëlle Lienemann, pour explication de vote.

Mme Marie-Noëlle Lienemann. Je voterai ces amendements [en faveur de plus de LGV], car je considère qu’en l’état actuel du texte la masse des investissements prévus pour l’ensemble du secteur ferroviaire n’est pas suffisante.

Par ailleurs, nous n’avons pas réellement réglé le problème de la dette de la SNCF ; nous n’avons pas de plan ambitieux d’investissements articulant le soutien aux LGV et aux petites lignes, qui doivent, elles aussi, recevoir des investissements.

Dans la période actuelle, la France a besoin d’un plan de relance. On me rétorque que la croissance est au-dessus de la moyenne européenne. Mais cette croissance est très faible et elle n’est pas de nature à résorber le chômage de manière significative dans notre pays. Je le redis, nous avons besoin d’un plan de relance, qui doit avoir deux piliers.

Le premier pilier, c’est le pouvoir d’achat, qui n’est pas le sujet de notre débat d’aujourd’hui.

Le second, ce sont des politiques d’investissement, parce que l’investissement public soutient aussi des secteurs industriels décisifs en France.

Il faut donc accompagner, par ces deux politiques, une politique globale de relance. La question des transports en commun est vitale pour la réduction des émissions de CO2. On ne peut pas isoler chaque mode de transport pour savoir combien il permet d’économiser d’émissions de CO2, parce qu’il s’agit de pratiques : soit on prend les transports en commun, soit on continue de privilégier la route ou d’autres modes. Il faut donc un maillage de transports en commun complémentaires.

Cela étant, notre pays a besoin de nouer un nouveau partenariat entre l’État et les collectivités locales. Annuellement, une grande conférence sur le rail devrait être organisée, pendant laquelle toutes les collectivités locales pourraient débattre du cofinancement de certains secteurs, pour définir la part de l’État et celle des régions, voire, dans des cas plus limités, celle des collectivités plus restreintes.

Cette question est vue par le petit bout de la lorgnette.

Que va-t-il en résulter ? On va dire non à telle ou telle ligne, ce qui va complètement démoraliser un certain nombre de territoires qui auront le sentiment que leurs besoins de développement, notamment en termes d’infrastructures nécessaires, ne sont pas pris en compte.

Pour ma part, je voterai ces deux amendements identiques, mais je ne voterai pas ce projet de loi. (Exclamations amusées sur les travées du groupe Les Républicains.) »

 

Je retiens cette phrase qui n’est pas que la sienne mais qui est en général celle des socialistes, communistes et autres :

«Nous n’avons pas de plan ambitieux d’investissements articulant le soutien aux LGV et aux petites lignes, qui doivent, elles aussi, recevoir des investissements. »

Tout le développement de l’argumentaire appartient à un monde ancien, mais prétendre articuler le soutien aux LGV et aux petites lignes c’est se moquer du monde quand depuis trente ans (y compris et surtout le temps de gestion du PS) tout démontre que le soutien aux LGV cause la mort du rail en général (fret, TER et intercités).

Est-ce que je me rallie pour autant aux thèses de ceux qui veulent surtout baisser l’investissement dans le rail ? Non bien sûr. La question n’est pas investissement ou pas mais QUEL TYPE d’investissements ! Les promesses d’Hollande concernaient 36 milliards d’euros pour les seules LGV ! Quand ensuite débloquer 1 milliard pour les lignes existantes devenait un exploit. Sur ce plan le gouvernement tente de rectifier le tir face à des sénateurs qui tous ont plaidé pour la LGV de leur secteur sans se soucier d’un plan d’ensemble. Une nouvelle LGV, ça se voit. Une ligne existante rénovée ça ne se voit pas ! Dans un monde où compte ce qui se voit, voyez le résultat ! J-P Damaggio

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