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L’agitation continue autour de la LGV et cet article de Sud-ouest fait un résumé du feuilleton qui comporte une surprise. Carole Delga aurait déclaré être prête à mettre un milliard sur la table ! Je vois qu’à Bordeaux on en sait plus que Le Dépêche sauf qu’à Bordeaux on ne dit rien du montant possible de Rousset. L’article a le mérite de rappeler d’une phrase la stratégie des opposants : réaménager la ligne existante. Et il mentionne la disparition des radars de Bordeaux-Hendaye. Disons qu’il est moins triomphant que La Dépêche. JPD

Sud-Ouest 28 septembre : LGV Bordeaux-Toulouse validée mais pas financée

Le Conseil d'État vient de lever le dernier obstacle juridique au projet de ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax. Même si l'État apporte 4 milliards d'euros, le premier coup de pioche est encore loin.

Benoît Lasserre

Y a-t-il un scénariste dans le TGV ? Si oui, qu'il reste à bord et se mette au travail. Avec la grande vitesse française, il tient un filon qui peut lui ouvrir les portes de Netflix. Rien qu'avec le GPSO (Grand projet du Sud-Ouest) et ses nombreux rebondissements, il a de quoi nourrir plusieurs saisons.

Le GPSO est un double projet. Une double extension de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique qui, depuis le 2 juillet 2o17, a réduit le trajet entre Paris et Bordeaux à 2 h 04 et dont personne ne conteste la réussite, plus pour la fréquentation que pour la rentabilité. Cette LGV est prévue pour se diriger d'un côté vers Toulouse, seule grande métropole française avec Nice à être privée de grande vitesse. Il faut aujourd'hui 4 h 15 pour aller de Matabiau à Montparnasse, il n'en faudrait plus que 3 h 10, toujours en passant par Bordeaux, puis Agen et Montauban, deux villes qui attendent aussi la réalisation du projet.

7 milliards d'euros

L'autre branche du GPSO filerait vers l'Espagne, via Dax et le Pays basque. Cette connexion européenne est d'ailleurs essentielle pour percevoir un financement de Bruxelles, indispensable pour accélérer le lancement d'un chantier évalué à au moins 7 milliards d'euros, aujourd'hui loin d'être réunis sur la table.

C'est un des arguments principaux des partisans du GPSO, dont Alain Rousset, le président PS de Nouvelle-Aquitaine, et Geneviève Darrieussecq, ancienne maire Modem de Mont-de-Marsan et ministre du gouvernement Castex, qui refusent que celui-ci soit amputé de sa partie basco-landaise. Ils soulignent, de surcroît, que les Espagnols, indifférents aux soubresauts de leurs voisins, avancent à marche rapide et seront vers 2024 à la frontière, transformée du même coup en cul-de-sac pour LGV.

Péripéties juridiques

Depuis une poignée d'années, le moral des pro et anti GPSO joue au yoyo, selon les coups de théâtre que réserve le feuilleton, qu'ils soient politiques, juridiques ou financiers, les trois étant bien sûr enlacés.

Quand le GPSO obtient, en juin 2016, le feu vert du ministre des Transports, le socialiste landais Alain Vidalies, malgré l'avis défavorable de l'enquête publique, les Toulousains peuvent croire que c'est en 2024 qu'ils ne mettront plus que trois heures pour rallier la capitale. Les péripéties juridico-administratives vont se succéder avec, parmi les principaux acteurs, un avocat qui n'est pas encore maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, agissant au nom d'associations environnementales comme la Sepanso, de viticulteurs, de sylviculteurs ou de chasseurs.

A un an d'intervalle, en juin 2017 et juin 2018, les tribunaux administratifs de Bordeaux et Toulouse annulent les deux DUP (déclaration d'utilité publique) qui portent non sur l'ensemble du projet mais sur deux tronçons d'une vingtaine de kilomètres, à la sortie des deux métropoles. Sans cette DUP, pas de travaux et donc pas de ligne à grande vitesse.

En revanche, le Conseil d'État, la plus haute juridiction française, valide l'ensemble du GPSO en avril 2o18. Depuis, les cours administratives d'appel ont donné raison aux défenseurs du GPSO, et le Conseil d'État vient, ce lundi, de lever le dernier obstacle Mais ces rebondissements juridiques fragilisent forcément le projet en donnant le sentiment que la politique l'emporte sur le droit et sur la sagesse budgétaire.

Une seule ligne

Le 2 juillet 2017, le large sourire des tégévéphiles à l'inauguration de la ligne Paris-Tours-Bordeaux s'estompe en entendant le nouveau ministre de la Transition écologique, en charge aussi des Transports, Nicolas Hulot, affirmer que le temps de la grande vitesse est dépassé et que l'heure n'est plus aux projets pharaoniques.

Ça sent le brillé pour Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax C'est carrément la grimace lorsque le député Philippe Duron, missionné par la ministre Élisabeth Borne, remet en février 2014 un rapport qui valide certes le GPSO mais renvoie à 2037, en la saucissonnant, la ligne Bordeaux-Toulouse. Quant à la ligne Bordeaux-Dax, elle disparaît des écrans radar.

Du berme au cœur des anti qui persistent à dire qu'il ne faut pas créer une deuxième ligne, coûteuse et gloutonne d'espaces naturels alors que la Nouvelle-Aquitaine a adopté sa feuille de route écologique Néo Terra, Où il est clairement écrit qu'il faut cesser l’artificialisation des sols. Pour eux, il suffit de rénover la ligne existante et, de fait, bien mal en point « La grande vitesse coûte des milliards pour ne gagner .qu'un quart d'heure », expliquent les élus EELV.

On sait, par des études scientifiques, que le sud de Bordeaux est la partie la plus polluée de la région, répète inlassablement Alain Rousset. Aujourd'hui, 1o 000 camions transitent dans la zone. Par ailleurs, la seule ligne ferroviaire existante est totalement saturée à partir de la gare de Facture (en Gironde, NDLR). Ce n'est pas normal que la région Nouvelle Aquitaine n'ait qu'une seule ligne. »

Jean Castex en Zorro

Déjà confortés par un sondage « Sud Ouest »/Ifop de février 2018 qui révèle une forte majorité en faveur de la ligne à grande vitesse vers Toulouse et l'Espagne, les partisans du GPSO retrouvent le moral à l'été 2019; avec le vote de la LOM (Loi d'orientation des mobilités) qui accorde aux métropoles de province ce qui a été créé pour le Grand Paris, à savoir une taxe sur les bureaux de société. Loin d'être cependant suffisante néanmoins pour financer les travaux.

Le Zorro du GPSO se nomme Jean Castex Quelques semaines avant les élections régionales de juin, le Premier ministre annonce que, dans la foulée du plan de relance post-Covid, l'État débloque 4 milliards d'euros pour la ligne Bordeaux-Toulouse. Cerise sur le gâteau pour Carole Delga et Alain Rousset, réélus à la tête de l'Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine leur majorité a perdu sa couleur verte, hostile à la LGV. La présidente d'Occitanie se dit prête à apporter un milliard d'euros sur le tapis vert et Alain Rousset semble être dans les mêmes dispositions, sachant, comme il le rappelle, que « c'est un investissement pour les cent ans à venir ». L'horizon de la mise en service se rapproche à 2030, même si le feuilleton est loin d'être fini. Surtout pour la branche vers l'Espagne, toujours ensablée. Les pro-GPSO ont encore du boulot.

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