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La LGV sur Le Monde

De tous les journaux nationaux Le Monde est celui qui suit le dossier avec le plus de précision. Rien sur L'l'Humanité, sur le Figaro rien depuis trois mois. Les journalistes ont raison d'insister sur les failles toujours là en matière de financement. Pour bien suivre le dossier il cfau sa voir que pour le moment nous en somme au vote du protocole, ensuite ce protocole sera présenté devant le Conseil d'Etat, ensuite si le Conseil d'Etat donne son aval, le gouvernement devra prendre une ordonnace pour créer la Société de financment (EPL) et ensuite une Convention de financement devra revenir devant les élus avec cette fois des données moins fantaisistes qu'à présent. Comme indiqué dans l'article précédent et co,nfirmé dans celui du Monde, la SNCF ne peut avancer sans garantie un versement de 1 à 1,7 milliards d'euros. Autant de flous qui confirment combien ce projet est fou. J-P Damaggio

 

DIMANCHE 28 - LUNDI 29 NOVEMBRE 2021

Le financement de la LGV Bordeaux-Toulouse avance à petite vitesse

Malgré des progrès et le soutien affiché de l'Etat et de la SNCF, les incertitudes planent sur la levée des 10 milliards d'euros nécessaires au projet BORDEAUX, TOULOUSE

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Désirée par les uns, honnie par les autres, bloquée par le président Macron au début du quinquennat, relancée par le même en septembre, la future ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse-Dax fait le yoyo entre avancées et reculs. Le projet initié il y a quinze ans vient pourtant de faire plusieurs pas importants vers sa concrétisation, à travers l'engagement public de la SNCF et le vote favorable de la métropole de Bordeaux. Mais le chemin risque d'être encore long, tant les incertitudes sur le financement paraissent nombreuses et les oppositions arc-boutées. Mais de quoi parlons-nous ? Le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO), un chantier majeur de ligne à grande vitesse, doit relier Bordeaux à Toulouse d'une part et Bordeaux à Dax (Landes) d'autre part, soit 327 kilomètres de voies nouvelles, qui mettront Paris à trois heures et quinze minutes de Toulouse et de Bayonne.

La construction à travers la Gascogne agricole, viticole et forestière devrait coûter la bagatelle de 10 milliards d'euros (14 milliards en intégrant les effets inflationnistes se cumulant au cours des années de construction).

Le moment est crucial. Jean-Pierre Farandou, le PDG de la SNCF, s'est prononcé publiquement, mercredi 24 novembre, en faveur du projet au nom de «l'enjeu climatique». Les études d'avant-projet sommaire sont achevées, faisant place à l'avant-projet détaillé, mais qui, lui, ne pourra se lancer sans la certitude que le financement est bouclé. Le budget du projet a été défini dans ses grandes lignes : 4 milliards d'euros seront payés par l'Etat — financement déjà programmé —, 4 milliards par les collectivités locales et 2 milliards par l'Union européenne (UE). Mais ces deux derniers points sont encore loin d'être garantis. Ils font l'objet d'un bras de fer entre les « pour » et les « contre », entre ceux qui refusent de dépenser 3o millions d'euros du kilomètre pour une infrastructure quelle qu'elle soit et ceux qui justifient l'investissement par les progrès économiques et environnementaux qu'il apporte. Les oppositions sont plutôt côté aquitain. A la métropole de Bordeaux, ce 25 novembre, les débats, houleux, sur l'adhésion à la Société de financement du GPSO ont duré presque quatre heures. A l'issue, l'assemblée métropolitaine a dit oui à une participation de 354 millions d'euros par 62 voix contre 38. Mais la tension reste vive dans l'assemblée. Son président (Parti socialiste, PS), Alain Anziani, soutient la LGV, tandis que le premier vice-président, le maire Europe Ecologie-Les Verts de Bordeaux, Pierre Hurmic, est contre, préférant un réaménagement des lignes existantes. M. Hurmic a lancé un site Internet intitulé Alternative LGV, assorti d'une pétition qui a récolté 3431 signatures, dont celle de la maire écologiste de Poitiers, Léonore Moncond'Huy. Deux départements de Nouvelle-Aquitaine ont voté contre le financement : la Gironde et le Lot-et-Garonne. Dans un courrier adressé le 23 novembre au préfet de la région Occitanie, Etienne Guyot, la présidente (PS) du Lot-et-Garonne, Sophie Borderie, explique que « le Conseil départemental (...) doit en priorité se consacrer aux transports du quotidien ». Mme Borderie préfère réserver ses 12o millions d'euros de subsides à la « résilience de son réseau routier ». En Gironde, le président (PS) du conseil départemental, Jean-Luc Gleyze, a choisi de flécher 17o millions d'euros « sur les transports du quotidien, et donc sur le RER girondin », plutôt que de donner les 28o millions demandés pour le GPSO.

Angles morts financiers

En Occitanie, et à Toulouse, c'est une tout autre ambiance. «Le projet est attendu depuis plus de trente ans », rappelle Carole Delga, présidente socialiste de la région. Et, à l'unisson, les élus de tous bords ont acté leur part du financement : 616 millions pour Toulouse Métropole, 631 millions d'euros pour la Haute-Garonne, 1,3 milliard côté région. Jean-Luc Moudenc, le maire (LR) de la ville et président de Toulouse Métropole, se réjouit des avancées récentes : « Le vote entériné à la métropole bordelaise s'avère décisif et scelle un travail intense de deux mois. » La valse des subventions occitanes est, il est vrai, permise par la possibilité de créer un établissement public local en mesure de lever l'impôt, par exemple sur les bureaux, afin de financer le projet, à l'image de la Société du Grand Paris (SGP). Jean-Louis Chauzy, président du conseil économique, social et environnemental régional, met d'ailleurs en avant « le rôle du préfet Guyot, qui avait participé au montage de la SGP, et a énormément facilité depuis 2o17 la solidité du dossier ». Le hic, c'est qu'il y a encore de sacrés angles morts financiers. Côté Occitanie, on se berce d'illusions en se félicitant du fait que SNCF Réseau puisse participer à travers un montage financé à terme par les péages perçus par SNCF Réseau une fois l'infrastructure en service. «Le surplus pourrait représenter entre 1 et 1,7 milliard d'euros », avance M. Moudenc. En guise de réponse, M. Farandou a rappelé que SNCF Réseau, tenu à l'orthodoxie financière après avoir vu une partie de sa dette reprise par l'Etat, ne pouvait pas financer le GPSO. Dernier problème : les 2 milliards de l'Europe. Le tronçon entre Dax et l'Espagne ne figurant pas dans le projet à ce stade, l'UE pourrait être réticente à financer une ligne très franco-française. Mais, sur ce point, à Toulouse, tout le monde se montre confiant. «Les branches Toulouse-Bordeaux et Bordeaux-Dax figurent parmi les priorités de réalisation du corridor Atlantique du réseau [trans]européen de transport. L'Etat, SNCF Réseau et bien entendu les deux régions porteront ce dossier à Bruxelles pour obtenir ces financements », affirment les services du conseil régional d'Occitanie.

ÉRIC BÉZIAT, PHILIPPE GAGNEBET ET CLAIRE MAYER

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