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LGV : le Grand Tarbes, juste le principe

Cet article de La dépêche donne le point de vue du côté de Tarbes. Malgré kes critiques la Grand Tarbes décide de voter le principe. Tout le monde le comprend : au moment de voter le chèque ils ne le feront pas comme 21 collectivités territoriales qui avaient voté le protocole du Tours-Bordeaux ne votèrent pas le chèque. Mais pour créer la société financière on va compter le Grand Tarbes. A suivre. J-P D

 

Dépêche Publié le 05/11/2021 à 05:08

Le projet de LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne doit être cofinancé par les collectivités locales. Même celles qui n’en profiteront pas, comme les nôtres ?

Enterré depuis 10 ans, le projet de LGV sud-ouest refait surface. "En 2008, déjà, nous avions été sollicités pour participer au financement de ce projet", a resitué Gérard Trémège, à l’entame de ce conseil communautaire exceptionnel, destiné à présenter la chose, avant un vote de principe, le 24 novembre, "et à l’époque, le projet prévoyait un "barreau" ferroviaire censé desservir le Béarn et la Bigorre. Et puis il a disparu, comme par magie. Nous avions alors refusé de signer le protocole." Quoi de neuf aujourd’hui ? Rien, sinon que les coûts ont explosé (11,5 milliards d’euros…), et le fameux barreau n’est toujours pas prévu. "Mieux, personne n’en a jamais entendu parler", ironise le président de TLP, encore étonné de la précipitation autour de ce nouveau projet. "Nous avons été invités à une réunion, chez le préfet de Région, le dimanche 26 septembre à 20 h 30, où on nous a présenté le projet."

Un projet en deux parties, la première est la liaison entre Bordeaux et Toulouse, passant par Agen et Montauban, la seconde est la liaison depuis Dax, vers Bayonne et l’Espagne. Et, en l’absence du fameux "barreau", notre territoire semble soigneusement évité… Du coup, si les gains sur les temps de liaison sont importants pour Toulouse-Paris, Bayonne-Paris ou Bordeaux-Marseille (- 1 h), depuis Tarbes, le bénéfice ne serait que de 15 à 20 minutes…

ça fait cher la minute…

Et puisqu’on parle de bénéfice, quel est le montant de la participation demandée ? 16 millions d’euros. ça fait cher la minute… Un point de vue partagé par de nombreux élus, et qui l’ont fait savoir lors de la réunion. D’autant que le financement des 11,5 milliards est complexe : il s’agit de créer un EPL, Etablissement Public Local, abondé à 20 % par l’Europe, 40 % par l’Etat et 40 % par les collectivités locales. Toutes, à des degrés divers, le Département a été sollicité pour 30 millions… Et l’Etat pousse à la roue pour que les collectivités se prononcent avant la fin de l’année sur le principe de cet EPL, qui ne pourra pas voir le jour sans leur accord. Et déjà, certaines d’entre elles "regimbent", comme le Lot-et-Garonne (pourtant bien servi…) et d’autres devraient suivre.

16 M€ pour pas grand-chose

Parce que le coût de la participation est "effrayant", selon les termes de plusieurs élus. D’autres ont pointé le fait la solidarité régionale a ses limites, que le réaménagement des gares de Bordeaux et Toulouse devaient sortir du projet global et être assumé par les métropoles… Denis Fégné, le "Monsieur Finances" de l’agglo, a recentré le débat : "16 millions, c’est énorme, je rappelle que le budget investissement de notre agglo est de 12 millions par an. Et on nous propose d’étaler cette dette sur 40 ans, ce qui fait quand même 400 000 € par an."

"Je comprends la frustration, mais je crains que nous ne soyons obligés de passer à la caisse, on nous l’a bien fait comprendre", a glissé Gérard Trémège, "nous sommes à la merci des financements croisés." Comprendre : si on se met en marge, des représailles pourraient être exercées… "Sans les aides de la Région, nous ne pourrions pas mener de grands projets…"

Quelles compensations ?

"La vraie question, c’est de savoir si les collectivités qui des territoires qui ne sont pas irrigués doivent participer ou non. Au titre de la solidarité, je pense que oui, mais à certaines conditions. Par exemple que leur participation soit revue à la baisse ou modulée en fonction des dessertes. Ce que je vous propose, c’est de voter, lors du prochain conseil, cet accord de principe, de toute façon le premier coup de pioche n’est pas pour demain, en y ajoutant des clauses. Parce que la solidarité, ça doit marcher dans les deux sens, la Région devra être très présente pour nos projets. Il faudra des contreparties."

À commencer, puisqu’on parle de transports, par le maintien de la ligne aérienne TLP-Orly, la renégociation de l’OSP se profile en 2022. "C’est une liaison essentielle pour l’aéroport", a insisté Thierry Lavit, "et sur le projet de LGV, nous devons continuer à demander le barreau. Résistons, et on verra qui paye les musiciens à la fin du bal."

Pour conclure, Gérard Trémège a argué le fait que "notre territoire a une forte industrie ferroviaire, ce barreau serait une reconnaissance." Pour ne pas dire une sorte de logique. Une logique qui s’appliquera lors du vote ? à la lumière de ce débat, peu de chances que l’unanimité soit faite…

 

   

Christian Vignes

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