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Nouvelle Aquitaine vote le financement

Voici le compte-rendu de Sud-Ouest que je reprendrai vu que j'ai régardé tout le débat, comme celui à la région Occitanie, et les différences sont importantes même si le résultat est le même. JPD

P.S. La photo c'est celle de la manifestaiton devant le Conseil régional qui illustre un autre article que je n'ai pas.

 

Article de Sud -Ouest

Le débat aura donc duré, hier, le temps d'un trajet en TGV entre Bordeaux et Paris... mais avant juillet 2017. Près de trois heures d'échanges, souvent techniques, toujours politiques, au terme desquelles les élus régionaux ont largement validé la délibération présentée « avec solennité et gravité » par Alain Rousset. La Nouvelle-Aquitaine adhère à l'établissement public qui portera le Grand Projet du Sud Ouest (GPSO), soit les lignes grande vitesse de Bordeaux vers Toulouse et Dax. Elle apportera également plus d'un milliard d'euros, à régler sur quarante ans, ramenés à 760 millions d'euros grâce à des retombées fucales.. Ce sera environ 20 millions d'euros par an à comparer aux 760 millions d'investissement annuels», précise la vice-présidente aux finances. Sandrine Derville.

Les votes de chaque groupe étaient connus d'avance seule petite surprise, le vote défavorable du RN. «Nous disons oui à la LGV mais non au plan de financement », résume Jacques Colombier pour qui l'État et l'Europe sont trop pingres et qui rejette la taxe spéciale que devront payer les entreprises et les propriétaires fonciers.

Échanges acides

L'hostilité des écologistes était en revanche sans surprise et elle s'est exprimée avec trois orateurs. Une hostilité égale désormais à celle qui sépare Alain Rousset de ses anciens alliés. « Au fond, vous êtes mieux dans l'opposition que dans la majorité » lance-t-il au cours de la matinée à Nicolas Thierry qui de son côté, déplorait l'aveuglement de l'exécutif et la stratégie du clash permanent.

«Qui peut voter les yeux fermés ce projet ?», demande l’élue lot-et-garonnaise Maryse Cambres qui évoque la centaine de camions qui seront nécessaires au chantier, camions à opposer à ceux qu'Alain Rousset veut retirer de la route et mettre sur le rail grâce à une deuxième ligne ferroviaire. Maryse Combres s'insurge contre 5 000 hectares d'espaces naturels engloutis par la LGV, le vice-président à la Biodiversité Guillaume Riou réplique par l'économie annuelle de 125 000 tonnes de CO2. Tout en sachant le vote acquis d'avance, Christine Seguineau réclame néanmoins le retrait de la délibération.

Pour le MoDem, Geneviève Darrieussecq, Jean Dionis et Fabien Robert approuvent le texte « Mais les choses se sont faites ici à l'arrache », regrette la ministre landaise. «Il faut y aller maintenant», conclut-elle, décrivant « un moment historique », tandis que le maire d'Agen se réjouit d'avoir fait bouger Alain Rousset sur le montant de la Région. Comme d'habitude, les deux élus sortent le sabre. «Marchand de tapis», assène Alain Roussel à son adversaire qui dénonce «un procédé détestable. »

Les relations sont plus courtoises avec Les Républicains. Et pour cause. L'intervention de Christophe Duprat, le maire de Saint-Aubin-de-Médoc, pourrait être à la virgule près celle d'Alain Rousset. Pour rejeter la proposition écologiste de rénover la voie existante, l'élu souligne qu'en 1995. l'agglomération bordelaise a choisi le tramway plutôt que le bus à haut niveau de services (GINS) parce que ça roule plus vite et parce que ça transporte plus de passagers». «La droite vient toujours à votre secours quand il s'agit d'aller contre l’écologie » ironise Iran-Louis Pagés  Un enfeu moral

Pour les communistes, Frédéric Mellier rappelle que son parti «a toujours eu un temps d'avance pour le ferroviaire ». Lui et ses colistiers votent la délibération en déplorant eux aussi que l'État ne mette pas davantage d'argent sur la table. « Mais la bataille du financement ne fait que commencer», promet-il. Et, à Maryse Combres qui rappelle « qu'en quinze ans, il s'est créé 1700 kilomètres de LGV et le fret a déclivé d'un tiers », l'élu PCF répond que « l'infrastructure n'est pas responsable de ce déclin. C'est une absence de volonté politique ». La parole finale revient au vice-président aux Transports, Renaud Lagrave, qui, chiffres à l'appui, affirme que le financement de la LGV n'empêchera pas la Région de continuer à investir massivement en faveur des TER. «Aujourd'hui, nous avons une responsabilité à prendre à l'égard de notre jeunesse ». conclut-il. Même tonalité chez Alain Rousset qui en appelle à la « responsabilité des élus ». Il y a des inquiétudes qui s'expriment, je les comprends. Mais cette deuxième ligne ferroviaire est un enjeu écologique, social, et je dirais même moral. C'est la vie de la Région qui se joue », dit-il avant de procéder au vote. Avec le conseil de Nicolas Florian. Demandez à ceux qui votent pour de lever le bras pour éviter un éventuel recours.

Benoît Lasserre

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