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Le RER Toulousain ?

Encore une fois une différence entre Bordeaux et Toulouse. A Bordeaux les défenseurs du RER sont des opposants à la LGV tandis qu'à Toulouse ils s'y refusent. Or à Toulouse l'étoile concerne plus de directions qu'à Bordeaux quand la LGV n'en concerne qu'une ! Pourquoi cette différence ? Impossible de s'opposer au couple Moudenc-Delga pour tenter de se faire écouter ! Et faut-il le rappeler le GPSO ce n'est pas 9 mais 14 milliards d'euros (donnée officielle) ? Alors... J-P Damaggio

 

Le collectif « Rallumons l’Etoile», qui porte un projet ambitieux d’une meilleure desserte ferroviaire de l’agglomération, appelle les collectivités à travailler ensemble. Et plus vite.

La métropole toulousaine aura-t-elle encore un train de retard ? C’est l’inquiétude du collectif.

«Rallumons l’Etoile», qui milite pour la création d’un véritable RER à l’échelle de l’agglomération en s’appuyant sur le réseau ferré existant pour répondre au défi des déplacements et à la congestion automobile de la Ville rose et de ses banlieues. Sauf que le sujet est éminemment politique et que le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, y voit d’abord et surtout «un totem à 3 milliards d’euros agité par son opposition municipale», alors que la ligne à grande vitesse e (LGV) annoncée pour 2029 va déjà coûter 9 milliards au bas mot… «Nous ne voulons justement pas en faire un sujet polémique», se défend Benoît Lanusse, le président du collectif qui a lancé, hier, un appel à la bonne volonté des collectivités locales, au moment où l’Etat veut relancer le transport ferroviaire.

Imagination et pragmatisme

«Nous voulons un débat apaisé autour d’une démarche pragmatique et fédératrice compatible avec les aménagements déjà programmés comme la troisième ligne de métro ou le TGV, poursuit Benoît Lanusse. D’autant que l’on peut avancer par étapes dans le développement de ce RER à la toulousaine en travaillant d’abord sur le cadencement des trains régionaux existants et sur l’évolution des infrastructures, notamment les gares avec des investissements raisonnables». Pour convaincre les élus locaux de travailler ensemble, le collectif «Rallumons l’Etoiles», qui compte même parmi ses adhérents les patrons du Medef de la Haute-Garonne, s’appuie sur les exemples de Bordeaux et Strasbourg, deux métropoles qui sont déjà largement engagées dans cette voie. «Il y a urgence pour intégrer la réflexion sur le RER dans la nouvelle convention des trains régionaux qui doit être signée avant la fin de l’année, souligne Benoît Lanusse, et il faut prendre le bon wagon pour le nouveau plan Etat-région 2023-2027». De fait, le projet a trouvé une oreille attentive chez le préfet Etienne Guyot, mais, prévient le collectif, la région Occitanie, dont la présidente Carole Delga a appelé à «une révolution ferroviaire», ne pourra pas faire tout toute seule. «Il faut que la régie des transports Tisséo, dont c’est la compétence, s’engage comme acteur à part entière».

Le sens de l’histoire et… du climat

L’an dernier son président Jean-Michel Lattes s’était dit ouvert à la discussion. Mais l’ouverture est restée lettre morte. Ce qui n’empêche pas Benoît Lanusse de rester optimiste. «Nous sommes résolument positifs, explique-t-il. Nous connaissons les contraintes de chacun, mais les collectivités peuvent ensemble trouver un accord. D’autant qu’il y a une forte attente de la population confrontée aux bouchons, à la pollution et à l’inflation énergétique. C’est dans les sens de l’histoire.» Sans parler de la mise en place progressive en ville de la zone à faibles émissions (ZFE) qui pénalisent les automobilistes les plus polluants et les plus précaires. Pour eux, le RER peut être une alternative…

Les exemples de Bordeaux et Strasbourg

Si Toulouse tarde à se lancer dans une vraie réflexion sur l’avenir d’un réseau ferroviaire de proximité plus performant, d’autres métropoles, il est vrai déjà desservies par le TGV, sont engagées dans des projets de RER métropolitains. À commencer par nos voisins bordelais qui sont appelés, à partir d’aujourd’hui, à participer à une vaste concertation sur le principe de ce RER qui représentera à terme, 300 kilomètres de lignes, 54 gares et haltes ferroviaires au bénéfice de 1,2 million d’habitants. Avec une prévision de 38 000 voyageurs par jour d’ici à l’horizon 2030.

Soit 20 000 nouveaux usagers des trains express régionaux (TER) par rapport à aujourd’hui et une croissance annuelle de 10 %.

À l’autre bout de l’hexagone, la ville de Strasbourg a elle aussi entrepris la mutation de son réseau régional avec, dès la fin de l’année, des cadences de trains augmentées de demi-heure, voire d’un quart d’heure aux périodes de pointe et une fréquence en hausse les samedis et dimanches. Une première étape qui représente un investissement de 14 millions d’euros, en partie financée par la hausse du nombre des usagers et pensée pour accompagner le système de zones à faibles émissions (ZFE) qui interdit l’accès à la ville pour les véhicules les plus polluants. « Le projet vise à garantir le droit à la mobilité pour tous. Chaque habitant doit bénéficier d’une alternative de mobilité adaptée », indique le schéma directeur des transports entre la région Grand Est et l’Eurométropole de Strasbourg. Des exemples à suivre ?

Gilles-R. Souillés

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