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Reprenant ma vie normale, je suis allé sur le site de CFM pour télécharger les émissions en retard que j’anime toutes les semaines, et je suis tombé sur la réponse à un auditeur qui interrogeait Maximilien Reynès-Dupleix… sur la LGV. La réponse date du 8 juin et je la communique en entier car à ma connaissance c’est la première version écrite d’un dirigeant du PCF du 82, sur le sujet. Je rappelle que ce parti est le seul en Tarn et Garonne à faire l’effort d’informer les citoyens avec un journal, journal qui n’a jamais présenté les propositions de l'alternative, même si elles sont portées en Lot et Garonne, par des membres du Front de Gauche ! Ce texte, qui correspond aux propos de campagne du candidat, élève le débat par rapport à la théorie qui voudrait que la LGV permette de réduire les nuisances des avions au-dessus des quartiers populaires de Toulouse.

Voici donc le texte entier :

 « Sur la question de la LGV je me suis prononcé contre le projet dans sa configuration actuelle (financement public pour entreprises privées, low-coast des trains à venir.. etc…), et je souhaite que le débat soit plus large sur le droit aux transports avec la mise en œuvre d’un accès pour tous aux transports ferroviaires, la mise en place d’un forfait régional et l’augmentation du nombre de TER (train, pas les bus), la valorisation du Fret et du train/camion pour les franchissement des Pyrénées et la traversée de notre région mais aussi de la France… Mais cela passe avant tout par le retour de RFF et de la SNCF dans le giron du public et la mise en œuvre d’une politique volontariste de transports qui passe par l’avis des usagers mais aussi des salariés…. D’une politique sur les questions environnementales avec par exemple les traversées de plusieurs villes comme Moissac…Avec cela la question de la LGV prend une tout autre dimension et nous pouvons alors nous poser la question de sa nécessité… Mais un député est aussi là pour faire des lois pour la nation pas pour une région, un département…. En si peu de mots, telle est ma prime réponse! Cordialement Maximilien Reynès-Dupleix »

 Commentaires :

1 ) La configuration actuelle du projet c’est un tracé validé, une enquête d’utilité publique pour 2013 et si je suis de ceux qui répètent depuis trois ans que le projet n’est pas bouclé, sans une opposition plus forte, il risque de finir par l’être en 2013, car je ne connais aucune enquête d’utilité publique qui ne se soit transformée en réalisation. Financé ou pas par l’Etat, le projet est là. La lutte continuera après mais toujours plus difficile.

2 ) La question n’est d’ailleurs pas celle de la LGV mais celle de son ALTERNATIVE, la rénovation des voies existantes, qui est une lutte encore plus dure.

3 ) Je m’étonne que le « droit aux transports » ne distingue pas le droit aux transports populaires et le droit aux transports des classes plus aisées. Le problème de la stratégie LGV c’est qu’elle réduit un droit par rapport à l’autre. Depuis 20 ans, le fret recule au fur et à mesure que progresse le tout LGV ! Ce n’est pas la technique en soi qui est en cause mais les équilibres budgétaires, donc répétons qu’une LGV Bordeaux-Toulouse c’est huit milliards d’euros. Quant au franchissement des Pyrénées…

4 ) Même si nous nous opposons au PPP (Partenariat Public Privé) qui aggrave les factures, le giron du public n’est la garantie de rien. Au contraire, l’Etat, pour renflouer les grands groupes du BTP, est conduit de plus en plus et partout vers « les projets inutiles ».

5 ) La question de la LGV n’est ni locale, ni régionale mais bien nationale. C’est un projet à 100 milliards d’euros avec à la clef 2000 km de LGV. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de débat national que la question est seulement locale. Et ce n’est pas seulement lié aux transports mais au modèle de société sous-tendu par le projet, avec ou sans l’aide de l’Etat. La LGV c’est la métropolisation de la France alors que les Français aspirent à autre chose quand on étudie leurs comportements d’habitats. C’est une répartition du territoire en zone de travail, zone d’habitat, zone d’achat, zone de bureaux, zone de loisirs. C’est une autre ville.

Pour nous la nécessité de la LGV n’est plus une question, c’est une réponse : arrêter ce projet au profit de l’alternative proposée c’est « l’humain d’abord » pour le cas où cette formule aurait un sens.

A quand un débat public entre Charles Marziani et un défenseur de l’alternative ? Nous ferions avancer la démocratie participative… Jean-Paul Damaggio

Tag(s) : #favorables aux LGVs

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