Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le groupe EELV du CR de Midi-Pyrénées a convoqué une conférence de presse (en donnant les documents, ce qui est important) et les associations et syndicats liés au ferroviaire pour débattre de deux délibérations mises au vote le 17 décembre en Commission permanente et qui concernent le ferroviaire. Une bonne initiative vu la participation et la nature des débats.

Film de l’événement

Le 30 mars 2012, en dernière minute un employé du ministère des transports valide le tracé des lignes LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Hendaye même si des points étaient encore en négociation. Ce document ministériel était indispensable pour que RFF puisse s’adresser aux collectivités pour leur demander un financement supplémentaire afin de préparer les études liées à l’enquête d’utilité publique. Et aujourd’hui nous avons les résultats : alors qu’il avait été provisionné 39 millions d’euros pour les dites études et acquisitions foncières, il en faut aujourd’hui 70 ! Qui va payer la note ? La réponse générale est simple : on fait basculer de l’argent prévu pour les TER vers la ligne budgétaire LGV.

Plus pour la GV donc moins pour les TERs

C’est ainsi que globalement le montant de 308 millions pour les TERS fondent et descendent à 288 millions. Proportionnellement pour la région on passe de 130 millions à 116 pour que le budget LGV grimpe de 6 à 11,8 donc pas loin du double.

A la conférence de presse François Simon a insisté sur le fait qu’en mettant ainsi le doigt dans l’engrenage on allait prendre l’habitude de déshabiller Paul TER pour habiller Jacques LGV alors que la région a reconnu dans le Schéma Régional de Transport, voté en mai 2011, que les besoins en train de proximité restaient immenses.

Diverses interventions

Auparavant nous avons pu écouter des usagers excédés sur le secteur Muret-Toulouse organisés en association qui ne comptent plus les détériorations de leur accès au train. Il a fallu six ans pour obtenir la construction d’un parking qui pas plutôt achevé est trop petit. Il s’agit d’une ligne en plein développement (11% d’augmentation du trafic par an) et pourtant RFF ne prévoit rien !

Côté syndicats, la CGT confirme que les dépenses en matière de TER sont encore nécessaires avec deux lignes qui sont prêtes à fermer (Montréjeau-Luchon et Rodez-Séverac-Millau) et des besoins immenses. Même là où on rénove on le fait de manière insuffisante avec des quais trop courts, avec une signalisation pas assez à la pointe pour pouvoir améliorer la vitesse des TERs. Mais ce besoin est complémentaire d’une LGV à construire car « la ligne actuelle Bordeaux-Toulouse est saturée » et une LGV va libérer des sillons pour le fret et le TER.

Avec Patrick Puech nous avons fait valoir nos arguments ainsi que Georges Vergnes qui a évoqué la situation vue du Lot et Garonne.

Pour Sud Rail, en interne le débat sur la LGV continue mais ce qui est sûr c’est qu’il faut un débat général pour construire une politique des transports globale.

Sur ce point le cas des bus a été évoqué. Nous savons que souvent la SNCF remplace les trains par des bus ce qui est un non sens quand on prétend qu’il faut aller vite en train. Par définition un bus va plus lentement mais là où il n’y a pas de train, il faut bien organiser l’inter modalité. A Montauban, vous arrivez à la gare et vous pouvez prendre le bus mais avec un échangeur en centre ville ce qui est très pratique pour ceux qui veulent aller travailler en zone industrielle ! Si on ne réfléchit pas globalement alors on met un bus qui part cinq minutes avant l’arrivée du train donc les gens ne prennent pas le train, donc on peut dire, la ligne n’est pas rentable etc.…

Quant à la concertation chère à RFF, elle révèle qu’après concertation les modifications sont plus désastreuses qu’avant ! C’est le cas pour les horaires sur la ligne Muret-Toulouse où en 2011 c’était mauvais et en 2012 encore plus mauvais !

 Autour de la table, c’est clair, il n’y avait que des défenseurs du rail, avec un bon échange d’arguments, ce qu’on appelle la démocratie. Tout le monde ne peut pas être d’accord mais tout le monde doit pouvoir apporter sa pierre à l’édifice.

Ne pouvant rendre compte de tout, je braque pour terminer le projecteur sur le secteur Saint-Jory – Toulouse.  Le document du Conseil régional indique :

« Les études nécessaires à la mise à l’enquête publique seront poursuivies jusqu’à début 2013, les enquêtes publiques (l’une pour les lignes nouvelles, l’autre pour le raccordement au nord de Toulouse) se dérouleront de juin à septembre 2013, et l’obtention du décret et de l’arrêté d’utilité publique est attendue pour la fin de l’année 2014. »

RFF et le Conseil régional continuent de lier l’indispensable tronçon Saint-Jory – Toulouse à la construction de la LGV. Ce lien est une catastrophe de plus pour les usagers du TER. D’abord parce que le doublement de la voie (peut-être qu’une seule suffirait) ne se fait que jusqu’à Saint-Jory car ensuite la LGV quitte la voie existante, alors que le besoin est jusqu’à Castelnau d’Estretrefonds voire même Montauban. Ensuite la LGV est annoncé comme étant reportée donc c’est pareil pour ce besoin de TER ! Qui plus est, dans les budgets régionaux, on ne sait plus ce qui est de l’ordre de la dépense de la LGV, et ce qui est de l’ordre de la dépense du tronçon en plus. Bref c’est l’embrouille !

Ah ! J’oubliais, Martin Malvy aime se préoccuper des futurs riverains de la future LGV et il en déduit qu’il faut accélérer les acquisitions foncières pour ceux qui veulent vendre dès à présent pour raison d’urgence. Il utilise un mal pour aggraver le mal ! La collectivité publique qui entreprend de telles infrastructures devrait prévoir dès l’annonce de cette infrastructure un dédommagement pour les personnes obligées de vendre (divorce, décès, mutation de travail obligée et j’en passe) et qui ne peuvent pas ou qui le peuvent avec une perte financière colossale. Mais non, on laisse pourrir la situation si bien qu’il est arrivé que l’attente dure vingt ans avant de vendre enfin !

J’y pense : un des intervenants a aussi ajouté un autre point très utile pour tous. Les chefs d’entreprise s’inquiètent des pertes économiques engendrées par les dysfonctionnements des transports avec des trains en retard, des embouteillages à répétition. Il paraît que la LGV ça crée des emplois. Il semble certain que la galère des transports publics en fait perdre et je ne parle pas des problèmes du métro aux heures de pointe…

Bref une réunion très riche qui prouve qu’avec un peu plus de démocratie, notre système ferroviaire irait mieux, souci partagé on le sait par Vinci, Eiffage et Bouygues…

Jean-Paul Damaggio

 PS : De cette discussion est née l’idée de grouper les forces pour un rassemblement devant le Conseil régional le 20 décembre jour de la séance plénière

P.S. : J'évoque peu nos interventions (Patrick, Geroges et moi-mêmr) car chacun sur ce blog connaît nos positions.

Tag(s) : #action associations

Partager cet article

Repost 0