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Le lundi 9 juillet 2012 de passage en Catalogne, la ministre espagnole de l'Aménagement, Ana María Pastor, a précisé plusieurs échéances concernant la mise en service du TGV Perpignan-Barcelone :

- fin des travaux sur la ligne en décembre 2012

- la gare de Girona, mise à l'écart des projets en 2011, vient d'être réactivée avec mise en construction en juillet 2012.

- Le 22 juin, le Conseil des ministres espagnol a validé la réalisation d'une portion très courte, de seulement 722 mètres de voies situées entre la ville de Montcada i Reixach et le "Noeud de la Trinitat", principal point d'entrée dans la capitale catalane. Ces travaux complexes, d'un coût de 13 millions d'euros, seront ainsi achevés à l'échéance de l'année.

Bilan : ouverture de l'axe "Barcelone-Frontière française" probablement début avril 2013 (rappelons que la concession au TP Ferro (Eiffage + ACS/Dragados) avait été actée le 17 février 2004).

Déclaration totalement optimiste si on regarde les faits en face. Il faut savoir que contrairement à la France où une LGV a un maître d’œuvre unique (Vinci, Eiffage ou Bouygues) en Espagne tout se fait par tranches et de la dernière tranche en voici la réalité. Il s’agit des 12,7 km de rails manquants entre Mollet del Vallès et la gare de la Sagrera, au Nord de la capitale catalane. L'appel d'offre pour travaux, prononcé le 30 mars par le Conseil des ministres espagnol, parvient à échéance le 28 mai, pour un financement de 13 millions d'euros. La société ADIF exige un délai d'exécution de 8 mois, qui déboucherait sur janvier 2013 dans l'hypothèse d'une ouverture du chantier en juin 2012. Or ce chantier n’est pas encore ouvert !

Cette date n’est sans doute pas étrangère à l’autre : la privatisation de RENFE prévue pour le 20 juillet 2012 (voir autre article). Parmi les farceurs en matière de calendrier, le plus ridicule a été Nicolas Sarkozy qui en avril 2009 a annoncé pour 2012 Barcelone-Lyon en quatre heures. On sait où nous en sommes…

Et rien n’est dit de la fameuse gare nouvelle de Barcelone.

 

Et pourtant : LGV Perpignan-Barcelone saturée en 2016 !

Une étude de la Chambre de Commerce de Girona, de février 2011, indique que la LGV sera saturée dès 2016. L'augmentation du nombre de trains de voyageurs et de marchandises sera tel que le plus probable est la mise en place d'un troisième rail sur le réseau ferroviaire traditionnel du Nord de la région de Girona. Tout ça grâce au centre logistique Logis Empordà, en cours d'aménagement sur les communes du Far d'Empordà et de Vilamalla. Cette plateforme, dont la seconde et dernière phase, est prévue pour 2016, devrait générer une telle activité qu'elle conditionnerait les cadences de trains, essentiellement sur la LGV.

Rappelons que cette ligne prévue pour 34 trains de voyageurs et 24 de fret est à ce jour loin du compte.

Les rapports d’activité 2011 de Eiffage est presque clair :

« Le trafic ferroviaire sur la section internationale Perpignan-Figueras est toujours limité à quatre TGV par jour et quelques trains de fret, dans l’attente du raccordement avec Barcelone à l’écartement UIC prévu au premier semestre 2013. »

Ils disent quelques trains de fret, en fait, il s’agit d’un train par jour !

La Chambre de commerce de Girona avait besoin de retrouver le soutien de l’Etat pour la construction de sa gare ! En Espagne comme en France, les autorités sont prêtes à vendre du vent pour arriver à leurs fins !

Le même rapport d’Eiffage indique concernant le bilan de l’A 65 que l’entreprise a construite et vient de mettre en exploitation : « Pour sa première année d’exploitation, l’A65 Pau-Langon, a connu un trafic moyen journalier de 5 300 véhicules et un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros, en deçà des prévisions pour cette concession de 55ans. Les tarifs ont augmenté au 1er février de 4,2 %. »  Ils disent en deçà des prévisions sans dire de combien…

 Et Montpellier-Perpignan ?

Le 8 février 2010 le directeur général adjoint de Réseau Ferré de France (RFF), Jean-Marc Delion interrogé à Paris par La Vanguardia, avait précisé les délais suivants :

- le parcours Barcelone-Perpignan bénéficiera de la grande vitesse en 2012,

- la portion complète Montpellier-Nîmes en 2016,

- le chaînon manquant entre Perpignan et Montpellier verra bien son chantier démarrer en 2015.

Dans ce cadre global, Jean-Marc Delion a précisé que le calendrier comprend la liaison Tours-Bordeaux, qui doit être terminée en 2016, puis Bordeaux-Bayonne et Bordeaux-Toulouse, chantiers pour lesquels l’espoir est un lancement de chantier en 2015 pour un achèvement en 2020. Un retard sur ces projets aurait alors des répercussions directes sur Perpignan.

Deux ans qu’en est-il ? Le plus sérieux c’est le cas de Bordeaux-Tours dont la construction commence et est prévue au mieux en 2017, date avant laquelle Bordeaux-Toulouse ne sera pas lancé. Comme pour Perpignan-Barcelone, tout est en fait très en retard aussi indiquer un chantier 2015 pour Perpignan-Montpellier c’est seulement pour faire plaisir au journaliste. Retenons seulement que Montpellier-Perpignan est fonction de la vitesse de réalisation de Bordeaux-Toulouse or les délais de Bordeaux-Toulouse sont connus : 2013, DUP ; 2014 validation de la DUP ; 2017 début de la construction (ce qui laisse seulement 3 ans pour les accords financiers quand d’habitude il en fait six !). Et la construction c’est bien au moins 5 ans !

Jean-Paul Damaggio

Deux articles parmi d’autres réalisés sur le sujet de la grande vitesse en Espagne :

http://la-brochure.over-blog.com/article-lgv-la-situation-a-barcelone-100222840.html

http://lgv-legislatives-2012.over-blog.com/article-douloureuse-espagne-106075971.html

 

Tag(s) : #l'international

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