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 Hier, je ne savais rien de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF). C’est par un accident de lecture que j’ai fait cette découverte : Philippe Duron qui en politique est passé par tous les postes, pour le PS, a été nommé par Cuvilier président d’une commission mobilité. Je ne savais pas que trois mois avant il avait été nommé président de l’AFITF. Ce prof agrégé d’histoire, bachelier en 68, est donc devenu, de sa belle Basse-Normandie (mais il est natif des Hauts-de-Seine), un pilier de l’édifice des transports français. Une fois de plus : comment peut-il assumer tous les postes qui sont les siens ?

 Donc le 25/07/2012, Philippe Duron, député du Calvados, membre de la commission du Développement durable et de l'aménagement du territoire de l’Assemblée, a été nommé président de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf). Il succède à Dominique Perben, ancien ministre de l’Equipement et des transports et va toruver, à ses côtés, Gilles Savary, député de la Gironde, devenu membre du conseil d’administration de l’Afitf. Maire de Caen, président de l’agglomération, Philippe Duron est co-président, avec Louis Nègre, de l’association TDIE.  Gilles Savary, membre des commissions du Développement durable et des Affaires européennes de l’Assemblée, est aussi  vice-président du Conseil général de la Gironde.

 Début d’entretien sur l’Officiel des Transporteurs :

 L'Officiel des Transporteurs : Vous succédez à Dominique Perben à la présidence de l'AFITF. Quelle est votre vision de la politique des infrastructures et des modes de transport ?

 Philippe Duron : "Il n'est plus pertinent de parler non de modes de transport mais de systèmes de transport et de problèmes de mobilité. Traiter du fluvial sans aborder les interfaces avec les transports terrestres est incohérent. On ne peut pas faire l'économie d’un mode dans une réflexion prospective et efficace. La problématique qu’on a eu en matière d'infrastructures depuis longtemps est liée à l'offre. Comment on donne aux territoires et à l’économie, des moyens de transport qui soient à la hauteur des attentes et qui répondent aux besoins de capacité ?

Aujourd’hui, la réponse environnementale est essentielle car le changement climatique appelle une vigilance de la puissance publique et de tous les acteurs de la chaîne. C'est ce qui a été fait d'abord en 2003 avec le Comité interministériel à l'aménagement du territoire (CIADT) puis en 2011 avec le Schéma national des infrastructures de transport en France (Snit). Nous avons listé ce qui était nécessaire et ce qui manquait. Mais on arrive à un phénomène de "surbooking"  du schéma.

 Tous modes confondus, est-il réaliste d’investir 245 milliards d’euros à l'horizon 2030-2040  ?

On sait bien qu'il ne sera pas possible de tout réaliser dans les 25 ans qui viennent. Il est donc nécessaire de s’adapter à deux contraintes. La première est financière. En période de crise, le retour sur investissement est plus difficile. La seconde est environnementale. On ne peut plus laisser se développer certains modes de transport qui participent fortement aux émissions de gaz à effet de serre (GES). Il faut réviser le SNIT pour élaguer ce qui n’est pas pertinent à court et moyen terme et hiérarchiser les urgences. Certains projets doivent se faire dans les cinq ans qui viennent. D’autres peuvent attendre.

 Vous militez en faveur de la  planification ?

Il faudra planifier et programmer. C’est-à-dire réaliser les opérations dans des délais à définir en fonction des priorités du gouvernement, des besoins du territoire, de l’efficacité des systèmes de transport et de l’attente des partenaires et des co-financeurs de l’État (régions, départements, agglomérations). Bien entendu, il faut intégrer à la révision du SNIT, les trois priorités définies par le président de la République pendant  sa campagne : rénovation pour le réseau ferroviaire d’au moins 1000 kilomètres par an, effort budgétaire accru sur les trains "Intercités" mais aussi lancement du troisième appel à projets au premier semestre 2013 pour l’amélioration des transports urbains propres"....

 Sur ses propositions :

Dans un communiqué du 13 septembre, le député-maire de Caen (Calvados) rappelle avoir souligné lors de ses auditions que l’Afitf était « une structure essentielle pour le financement des infrastructures de transport et l'entretien des réseaux, capable d’intégrer les contraintes croissantes pesant sur les budgets publics ». Il répond ainsi aux critiques de la Cour des comptes qui dénonce régulièrement son manque de moyens (budget annuel d’environ 2 milliards d’euros) et donc son manque de pertinence.

 Ses statuts stipulent que la présidence de son conseil d'administration doit obligatoirement revenir à un parlementaire. Cependant, conscient des limites actuelles de la gouvernance de l’Afitf et afin de rendre son activité plus lisible et de la pérenniser, Philippe Duron estime opportune l'entrée des régions et des départements au sein du conseil d’administration de l’Agence, puisqu’ils cofinancent avec l’Etat les grands projets d’infrastructures du pays.

 Il juge également utile et nécessaire d’améliorer la transparence de l’Agence vis-à-vis du Parlement mais aussi de l’opinion publique. « Les enjeux environnementaux et les contraintes budgétaires conduiront la Nation à réinterroger et à refonder ses politiques de transport et de mobilité. L’Afitf pourrait ainsi demain contribuer par son expertise à éclairer les choix du gouvernement et du Parlement pour garantir aux territoires et à nos concitoyens une accessibilité et un droit à la mobilité essentiels dans nos sociétés modernes », conclut le communiqué.

 Pour le moment tout le monde s’interroge sur la façon de travailler de la Commission qu’il dirige au sujet des LGVs. Qui est interrogé ? Pour interroger l'AFITF, ça sera facile. Quel poids de la commission ? A suivre. JPD

Tag(s) : #favorables aux LGVs

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