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Un chantier LGV, ce sont des études sur études, chèrement payées par les collectivités, et à l’arrivée il y a loin de la coupe aux lèvres. Cet exemple en Charente est plus parlant que d’autres car normalement les viaducs sont largement programmés. Certains demandent des viaducs à la place de remblais et d’autres viennent d’avoir des remblais à la place d’un viaduc. Alors ne vous inquiétez pas, jusqu’au dernier moment tout peut évoluer… et l’ardoise s’alourdir. Pour suivre le dossier de Coséa à la DREAL, il faut en connaître un bout… JPD

 

 

http://www.sudouest.fr/2012/09/22/lgv-des-imprevus-aux-lourdes-consequences-828016-731.php

 

Patrick Favreau, le maire de Saint-Vallier, n'en est pas à sa première surprise depuis le début des travaux de la future Ligne à grande vitesse (LGV) sur sa commune. Mais celle-ci pourrait être celle de trop.

Voilà quelques semaines que lui et son équipe municipale ont été informés par Cosea, le groupement d'entreprises maître d'œuvre du chantier et piloté par Vinci construction, que trois nouveaux viaducs aller être construits sur la commune de Saint-Vallier. Des aménagements, non prévus dans les plans initiaux, qui sont dus à des normes environnementales européennes et à la sauvegarde d'espèces comme le vison d'Europe.

Trois ouvrages supplémentaires seront donc construits aux lieux-dits Les Laurettes, Chez Bodit et Chez Verdeau pour permettre à l'animal, et à la petite faune en général, de pouvoir traverser la ligne à grande vitesse.

20 hectares à trouver

Conséquences directes : un excédent de terre de plusieurs milliers de mètre cube à stocker et une surface de 20 hectares à trouver. Afin de pallier cet imprévu, Cosea a demandé à la commune de trouver des zones de dépôt définitif dans les environs proches. Mais il n'était pas question pour le Conseil municipal de Saint-Vallier de solliciter à nouveau des agriculteurs, qui ont besoin de leurs prairies permanentes pour l'alimentation de leurs bovins.

Rapidement, le Conseil a donc proposé une autre solution : utiliser les bois ayant subi les dégâts de la tempête de 1999 présents sur son territoire pour mettre ces excédents de terre et ne pas pénaliser davantage les exploitants agricoles. Une première réunion eut lieu dès cet été avec les élus et les responsables des travaux pour rechercher sur place, au sud de la commune, les terrains nécessaires.

Une fois obtenus les accords des quatre propriétaires des bois sélectionnés, la Direction Départementale des Territoires donna ensuite une réponse favorable pour permettre le défrichement, Cosea se chargeant par la suite de rendre ces terrains en état afin que des espèces identiques à celles abattues puissent être plantées dès la fin des travaux.

Ne manquait donc plus que l'autorisation finale de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dréal). Or, lors de la réunion publique du 13 septembre à Saint-Vallier, Cosea a informé Patrick Favreau d'un possible refus de la Dréal, en raison d'intérêts écologiques à préserver dans ces forêts.

 

Soutien demandé à la préfète

Bien que cette dernière n'ait toujours pas fait connaître sa décision, la perfective d'un refus aurait de sérieuses conséquences. Les terrains à trouver se situant hors de l'emprise de la LGV, c'est-à-dire la surface nécessaire à la réalisation des travaux initialement prévue, Coséa se verrait alors obliger de négocier au cas par cas avec les riverains pour stocker les excédents de terre.

Les indemnités pourraient s'élever à 1 100 euros par hectare et par an, en plus de celles accordées à la fin des travaux en dédommagements des aides de la PAC non perçues. En cas de refus des propriétaires, le dossier reviendrait alors à la préfecture et le différent pourrait être réglé au tribunal avec, à la clé, une menace pure et simple d'expropriations avec rachat du terrain selon la valeur du domaine, mais sans indemnisation.

Face à la gravité de la situation, Patrick Favreau s'est donc adressé par courrier, dès le 14 septembre, à Danièle Polvé-Montmsson, la préfète, pour solliciter son soutien et appuyer le dossier de la commune auprès de la Dréal. À ce jour, il n'a toujours pas reçu de réponse.

« Le rôle de la préfète est crucial dans ce dossier, insiste le maire. Cette situation prouve encore l'emprise de la LGV sur la valeur des terres, de la ville sur le monde rural. » Avec 5,75 km de travaux sur son territoire, Saint-Vallier est l'une des communes de Charente les plus impactées par ce chantier.

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