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La SNCF s’adresse aux personnes à bas revenus pour proposer des tarifs plus bas et en réponse L’Humanité lève les bras au ciel : c’est le retour de la troisième classe. Est-ce la bonne façon pour les cheminots de renouer de bons contacts avec les voyageurs désargentés ? J’ai déjà critiqué cette stratégie du low cost mais sur des bases totalement différentes. D’abord en pointant que c’est un simple produit d’appel. Or les deux textes qui suivent font de cette stratégie un point central de la politique de la SNCF ! En fait dans l’article de la journaliste comme dans la réaction de Didier le Reste, le seul souci c’est la défense du statut des cheminots.

Prenons l’argument 1200 passagers en classe unique plutôt que 1000 passagers en rame traditionnelle : ce n’est pas un train plus bourré, c’est un train sans la première classe ! Supprimer la première classe dans un train c’est revenir à la troisième classe ?

Et n’oubliez pas votre sandwich ? Les gens désargentés prennent déjà leur sandwich pour éviter de payer le double dans le train.

Le contrôle en montant dans le train ? Le problème n’est pas là mais dans le fait qu’ensuite le train ne s’arrête pas dans les gares intermédiaires.

Le TGV low cost, c’est l’IdTGV institutionnel. Et il y aura des volontaires pour le faire fonctionner.

Comment la SNCF, après Air France, ne copierait-il pas le modèle du low cost aérien, si on ne conteste pas la stratégie de la LGV partout, dont la base est de faire un train-avion ? Par deux fois j’ai pris un avion low cost : monter et descendre de l’avion au sol par souci d’économie, est-ce si grave ?

Je ne crois pas que le luxe soit toujours le critère de la qualité. JPD

 Article du journal

L’Humanité : le 19 Juin 2012 : TGV low cost: la SNCF réhabilite la Troisième classe

La directrice générale de la SNCF Voyages a officialisé ce mardi par voie de presse le prochain lancement du TGV à bas-coût de l'entreprise publique. Derrière les tarifs moins chers, tout est dégradé: le service, l'accueil des voyageurs et les conditions de travail des cheminots. Pour la SNCF, son TGV low cost, c'est d'abord une avalanche de chiffres:

    Moins de 25 euros le billet, même si la "gamme tarifaire n'est pas complètement bouclée", explique au Parisien Mme Dalibard

    25% moins cher: "Le TGV low-cost sera 25% moins cher que le prix moyen d'une place de TGV classique", a-t-elle ajouté en précisant qu'"il n'y aura pas de tarif unique"

    10 millions, le coût de l'investissement pour la SNCF

    2017, l'horizon du retour sur investissement pour la société.

 Derrière les chiffres, la réalité est beaucoup plus terre à terre: embarquement à partir de gares périphériques comme Marne-la-Vallée en Seine-et-Marne ou Lyon-Saint-Exupéry près de Lyon (surcoût pour rejoindre cette gare), au minimum 45 minutes avant le départ (contrôle des tickets sur le quai et non dans le train), dans des trains bourrés à craquer (1200 passagers en classe unique plutôt que 1000 passagers en rame traditionnelle), avec un confort spartiate (sièges spécifiques aussi larges que les actuels, mais plus rigides à la mode TER), et des surcoûts dès le deuxième bagage, que la SNCF promet de compenser un peu grâce à l'absence de frais bancaires liés à l'achat des billets sur internet uniquement. Et penser à apporter vos sandwichs. La traditionnelle voiture bar disparaît pour installer une rame voyageurs supplémentaire.

Gare aux pannesAutre désagrément pour l'usager dévoilé par les syndicats: aucune rame de rechange n'est prévue en cas de panne. Or, ces rames devront rouler environ douze heures par jour pour être rentables, contre huit heures pour les TGV classiques. Enfin, tous les voyageurs de la SNCF paieront pour ces prix cassés puisque ces rabais rendent un peu plus complexe la grille tarifaire de l'entreprise publique.

Conditions de travail dégradéesLes personnels paieront eux-aussi au prix fort ce train à bas-coût. "Le recrutement se fera sur la base du volontariat et le personnel conservera son statut de cheminot (mais) l'organisation du travail sera différente", prévient la directrice générale de SNCF Voyages Barbara Dalibard. Pas sûr que les volontaires se bousculent. Comme l'indiquait à l'Humanité le secrétaire fédéral de la CGT cheminots, Thierry Nier, "les contrôleurs pourront moins garantir la sécurité de la circulation ferroviaire et devront se contenter de faire de l’accueil pour se transformer en stewards."

 Article de Didier Le Reste

LES NOUVELLES QUI NOUS PARVIENNENT DE LA SNCF NE CESSENT D'ALARMER.

Il en est ainsi de la recrudescence des accidents du travail avec 4 cheminots morts en trois mois, de l'annonce du gel des embauches dans les fonctions touchant à la sécurité, de la précarité de l'emploi qui se poursuit, de nouvelles attaques contre le droit de grève, du salaire minimum qui est passé sous le Smic depuis le 1er  janvier 2012, du dialogue social toujours piétiné... Cette gestion libérale affecte, au quotidien, usagers (40 % de mécontents) et cheminots.

Mais ce n'est pas tout ! Comme l'indiquait ces dernières années un slogan publicitaire « À la SNCF, tout est possible! », les dirigeants de la SNCF, toujours bien calés dans les politiques sarkozystes qu'ils ont et continuent d'appliquer avec zèle et délectation, après avoir organisé et planifié la casse de l'activité fret (un vrai scandale), poussent aujourd'hui plus loin les options libérales. Voilà que les technocrates sortent de leur chapeau la 3ème  classe à grande vitesse avec le lancement d'un TGV low cost. Produit de seconde zone, service au rabais, rupture de l'égalité de traitement et d'accès des usagers, abaissement des conditions sociales des cheminots, en constituent les principaux ingrédients. Cc n'est pas de politiques à bas coûts dont ont besoin les usagers mais d'une politique tarifaire accessible et équitable et d'une sécurité de haut niveau.

Dans la série, dont certains dirigeants de la SNCF sont devenus les chantres, « L'avenir du rail, c'est la route ! », la SNCF développe maintenant l'autocar low cost pour concurrencer... le train ! On roule sur la tête quand, a fortiori, l'actualité récente a mis en exergue des accidents d'autocars provoquant des morts dont des enfants. Les usagers de la SNCF qui ont vu, lors du changement des horaires de décembre 2011, des trains supprimés et des correspondances désorganisées, apprécieront l'intérêt que leur porte l'entreprise publique. L'État, le gouvernement socialiste vont-ils laisser sans réagir leur entreprise publique aller plus loin dans sa gestion libérale ! ? Vont-ils reprendre la main sur les stratégies à mettre en œuvre au service de la nation, abandonnées à la technocratie et aux cabinets privés ! ? Alors, c'est quand le changement à la SNCF? Didier Le Reste (1)

(1) Secrétaire général de la fédération CGT des cheminots (2000-2010).

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