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Tout le monde connaît l’entreprise totalement publique SNCF. Beaucoup moins savent ses liens avec l’entreprise privée NTV (Nuovo Trasporto Viaggiatori), une entreprise en guerre contre TrenItalia qui en retour ne lui fait pas de cadeau. Le transport des voyageurs est ouvert à la concurrence en Allemagne et Italie (en Espagne au mois de juin si je ne me trompe) et voilà pourquoi la SNCF a pu prendre 20 % du capital de NTV. Avec le résultat suivant après un an de fonctionnement du train Italo. Ce qui nous vaut de la part de la SNCF cette brève de satisfaction sur son site internet :

« Un anniversaire réussi Publié le 29/04/2013 à 9h35

Italo, le train à grande vitesse de la compagnie privée italienne NTV (Nuovo Trasporto Viaggiatori), a fêté hier sa première année d’exploitation aux quatre coins de la Péninsule. En un an (d’avril 2012 à avril 2013), plus de 4 millions de passagers ont voyagé en Italo, du Sud au Nord, d’Est en Ouest.

Initialement lancé sur la ligne ferroviaire à grande vitesse Milan-Rome-Naples (28 avril 2012), Italo dessert désormais, à 300 km/h avec ses 25 trains, neuf villes (et douze gares) du Belpaese : Turin, Milan, Bologne, Florence, Rome, Naples, Salerno, Padoue et Venise. Dès décembre 2013, Italo « débarquera » aussi sur l’Adriatique en reliant Milan et Ancône en à peine 3 heures, en passant par Bologne, Forli, Rimini et Pesaro.

Fondé dès décembre 2006 par les entrepreneurs italiens Luca Cordero di Montezemolo (premier Président de NTV, et actuellement Président de Ferrari), Diego Della Valle (Président du groupe Tod’s), Gianni Punzo et Giuseppe Sciarrone (Directeur général de NTV), NTV a pour partenaire industriel SNCF, qui détient 20 % du capital. »

Mais que fait la SNCF dans le capital d’une entreprise ferroviaire privée ?

Pour comprendre il faut remonter un peu en arrière. Le 17 janvier 2008, la société NTV a annoncé la signature d'un contrat portant sur 25 rames d'AGV d'Alstom (TGV 4e génération) à livrer en 2011, pour un montant total d'environ 1,5 milliard d'euros (dont 650 millions d'euros pour la fourniture des trains).

Les rames - dénommées ETR 575 - sont composées de 11 voitures, pour une capacité aux alentours de 500 places assises, et assurent des liaisons Turin-Naples (via Milan et Rome), Rome-Venise (via Bologne) et Rome-Bari (via Naples). Leur vitesse commerciale est de 300 km/h.

Le contrat porte sur la livraison des 25 rames d'AGV ainsi que leur maintenance sur une durée de 30 ans.

On imagine facilement le contexte : pour sauver Alstom qui est dans la grande vitesse jusqu’au cou il y a eu un accord avec NTV et en retour la SNCF entre dans le capital de NTV.

Depuis le 28 avril 2012, .Italo relie Milan à Naples, via Bologne, Florence et Rome, deux fois par jour. Cette devrait augmenter progressivement au fur et à mesure de la livraison des rames.

Mais qui parle de cette aventure ?

Des brèves dans Le Figaro et La Monde mais le seul article à faire une analyse détaillée de cette année de circulation de la grande vitesse privée c’est El Fatto Quotidiano.

La satisfaction affichée de la SNCF est indispensable au bonheur de la loi du marché sinon les AGV risquent de souffrir d’un échec de NTV.

Costanza Iotti, le 21 février 2013, en pleine campagne des législatives propose un bilan éclairant, à la fois sur les réalités et les manœuvres. Pour les manœuvres ce n’est pas compliqué à suivre : les dirigeants de NTV soutiennent Monti et par contre ne mettent pas en avant le lien avec la SNCF, tout comme la SNCF en France ne va pas mettre en avant ses liens avec une entreprise privée même si elle indique que son bilan est amélioré grâce aux gains extérieurs à la France

Mais sur les gains en questions de NTV ? Les recettes augmentent : de 24 à 89 millions d’euros mais auparavant l’Italo ne fonctionnait pas. En réalité les pertes sont considérables. A suivre. JP Damaggio

Tag(s) : #l'international, #LGV

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