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Je vois d'ici la scène. Les rois de la LGV s'exclamant : "quoi ! des paysans qui viennent nous faire chier car leur chargement de paille ne passe sous le pont de la LGV ! La LGV symbole de l'avenir, de la grandeur, de la gloire n'a que faire des soucis du quotidien de quelques attardés !" Encore un coup fumeux ! JPD

Publié le 11/09/2013 Par Natacha Thuillier

Charente : un pont trop bas, des agriculteurs expriment leur colère

Le maire de Juillé, Pascal Kaud, avec le contrôleur des travaux dépêché en urgence par Cosea, Jacques Molinier.

Un gros coup de rabot sur la route pour gagner des centimètres. C’est ce que demandaient hier la vingtaine d’agriculteurs qui ont bloqué des travaux de la LGV (ligne à grande vitesse), au lieu-dit Villesoubis, à Juillé, 10 kilomètres au nord de Mansle. Là, Cosea (groupement d’entreprises piloté par Vinci, chargé de la construction de la LGV) a construit un pont tout beau enjambant une voie communale très empruntée par les agriculteurs. Le hic : le pont ne fait que 4,65 m de haut, ce qui signifie que les chargements agricoles ne passent pas.

Les agriculteurs en ont fait une belle démonstration dans la matinée, avec un tracteur traînant sa remorque de bottes de paille. Le tracteur passe sans problème sous le pont. Le tas de paille, lui, reste bloqué par le tablier…

Pourtant, « des réunions de préparation, on en a fait ! » soupire le maire de Juillé, Pascal Kaud, qui est également éleveur. « On a toujours demandé des ponts à hauteur de 5 mètres. » Cosea sait faire. Celui d’en face, de l’autre côté de la tranchée LGV, affiche 5,01 m. Sauf qu’il n’y aura qu’un seul agriculteur concerné. Alors que, pour des histoires d’éclatement des terres agricoles, la petite route communale de Villesoubis, elle, voit passer beaucoup de monde. Un seul exemple : Éric, installé à Luxé, céréalier, l’emprunte. Or, il fait le commerce de paille…

« Il y a quelques mois, on nous avait promis ce pont à 4,85 m. On avait à moitié fermé les yeux », explique Pascal Kaud, le maire. Mais, récemment, Cosea l’informe que le pont fera 4,60 m seulement et que deux portiques vont être installés, de part et d’autre, à 4,50 m, pour éviter qu’un engin plus haut ne s’enfourne et y reste bloqué. Ce fut la goutte qui fit déborder le vase.

« En tant qu’élu, je n’ai pas pu me faire entendre tout seul », a constaté Pascal Kaud. L’éternelle histoire du petit contre le géant. Il a donc fait appel aux agriculteurs et aux riverains pour peser sur le cours négatif des choses. Il y avait urgence, glissaient mardi les participants à la manifestation : la route était prête à recevoir du bitume.

C’était bien vu. Un peu de paille a suffi à faire hoqueter la grosse mécanique bien huilée de Cosea, d’autant que les médias avaient été invités à la démonstration « Le convoi agricole ne passe pas sous le pont ». Ça aide.

Un contrôleur des travaux de Cosea a été dépêché sur place en urgence. Après avoir inspecté les lieux, il a jugé qu’« il n’y a rien d’impossible ». Au cours de l’après-midi, le directeur du secteur, Axel de Luze, informait le maire que Cosea pouvait « améliorer le gabarit de 15 cm ». Aujourd’hui, le pont fait officiellement 4,65 m, « conformément à ce qui avait été présenté », insiste Axel de Luze. Si Cosea creusait au-delà de 15 cm, la route se transformerait régulièrement en mare.

Tag(s) : #dans les médias, #LGV

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