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C’est une tradition qui vient de loin : dans les exécutifs des conseils régionaux, le plus souvent la question des transports est assurée par des membres du PCF. Quand il y a eu des ministres communistes, le PCF était aux transports. Pourquoi ? Car dans le monde des transports il y a un géant lié au PCF, le syndicat CGT des cheminots. Mais sur ce point comme sur d’autres les fractures au sein de ce parti ne font que s’amplifier.

Nous avons découvert le texte de Chassaigne présent dans la commission Duron, une opinion qui a été relayée par L’Humanité. Celle du vice-président communiste du Conseil général du Lot et Garonne exprimée le jour de la manifestation publique à Agen le 2 juillet est totalement opposée ! Comment comprendre cet écart ?

A Agen, Raymond Girardi se montre même optimiste : comme les autres, il juge la LGV Bordeaux-Toulouse, inutile et dispendieuse et elle ne se ferra pas par manque de financement ! Il cite les propos du président de la République et du premier ministre en faveur du train du quotidien comme justification de son réalisme. Et il termine ainsi : « La LGV Bordeaux-Toulouse, c’est fini. »

André Chassaigne, n’entrant pas dans le débat sur le principe de la grande vitesse, considère que le rapport Duron vise seulement à des économies : « La différence de 20 milliards d’euros entre le premier et le deuxième scénario équivaut à la somme donnée aux entreprises par ce gouvernement au titre du crédit d’impôt compétitivité emploi. C’est une comparaison intéressante. Mais il faut tout de même souligner les aspects positifs du rapport. Par exemple, la priorité donnée à la régénération de l’existant. J’ai soutenu le choix d’allouer une somme propre à cette régénération, fondamentale en termes de desserte voyageurs ou de relance du fret. Il ne faut donc pas crisper le débat autour des lignes à grande vitesse, même si je comprends, et j’en fais partie, les élus qui se battent pour que les projets LGV de leurs régions aboutissent. »

Il est pour la grande vitesse comme les communistes de Limoges et du Palais sur Vienne qui viennent de se distinguer en conseil municipal. Je pensais que le barreau Limoges-Poitiers ne faisait pas la joie du PCF (vu les votes en Conseil régional) mais là-bas aussi tout dépend lesquels. Yvon Tricart raconte le Conseil municipal de sa commune : « Mme le maire, fidèle à sa position, a proposé une délibération réaffirmant l'attachement à la LGV Limoges-Poitiers qui reprenait, pour l'essentiel, les objectifs établis par RFF: à savoir l'ouverture du Limousin à la grande vitesse et au réseau européen avec les retombées économiques qui devraient immanquablement en découler (entreprises et emplois vont affluer sur le Limousin avec la LGV...).

Mais le groupe socialiste n'étant pas majoritaire à lui seul, il fallait le soutien des communistes pour que cette motion puisse être adoptée. Le chef de file du groupe communiste, Denis Limousin, cheminot, syndicaliste, a défendu au Conseil la délibération proposée par Mme le Maire, s'appuyant sur la position de ses collègues communistes de Limoges. Il a expliqué les bienfaits de la grande vitesse pour le Limousin et maintenu que la LGV était compatible avec la ligne historique POLT. Malgré notre rappel de la position unanime des Creusois, de l'Indre, du Lot... contre l'annonce de RFF, qu'il faut réduire le nombre de trains de 11 Aller-Retour actuellement à 4 Aller-Retour pour améliorer la rentabilité de la LGV LP, cela reste à ses yeux une simple hypothèse de travail. »

Bref, la maire a pu faire voter sa motion ! Pour un barreau Limoges-Poitiers dont tout le monde s’accorde à dire qu’il est un massacre inutile… sauf pour Vinci, Eiffage ou Bouygues qui ne vont pas manquer à emporter le marché si l’appel d’offre est lancé un jour.

Bref, c’est à n’y rien comprendre surtout quand on découvre que Chassaigne reproche au rapport Duron d’être en faveur du libéralisme alors qu’un défenseur connu du libéralisme comme Borloo… ne trouve rien de bon dans ce rapport !

Borloo dénonce la «vision court-termiste» du rapport Duron

«Le précédent gouvernement avait décidé d’instituer, à la suite du Grenelle de l’environnement, un Schéma national des infrastructures de transport destiné à fixer les orientations de l’État pour les 30 prochaines années en matière de réseaux d’infrastructures, mais aussi pour réduire l’empreinte environnementale par la mise en œuvre d’alternatives au tout routier et à l’aérien», rappelle Jean-Louis Borloo dans un communiqué en dénonçant la vision «court-termiste de l’aménagement du territoire» du rapport Duron.

«En privilégiant la nécessaire modernisation du réseau existant et en renvoyant aux calendes grecques la quasi-totalité des grands projets d’infrastructures, le gouvernement sacrifie la croissance de demain sur l’autel des déficits d’aujourd’hui», regrette le leader centriste. «Les lignes ferroviaires abandonnées devaient permettre le désengorgement des grands corridors de camions qui traversent quotidiennement la France, notamment vers l’Espagne et l’Italie et nous craignons que l’enterrement de projets tels que les autoroutes ferroviaires ne condamne notre pays au tout routier pour les 50 prochaines années», ajoute l’ancien ministre de l’Écologie.

Pour Jean-Louis Borloo, «l’arrêt de ces grands projets pose également un problème de crédibilité et de continuité de la parole publique alors même que nombre de financements ont déjà été engagés par les collectivités territoriales».

Jean-Paul Damaggio

Tag(s) : #commission mobilité 21, #limoges LGV rénovation lignes existantes

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