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Le maire de Lacourt Saint-Pierre a accepté que Pierre Ortavent de l’association locale qui prône l’alternative à la LGV, expose devant le Conseil municipal le point de vue des opposants à la LGV. Cette rencontre a eu lieu le 9 août, date à laquelle un certain nombre de conseillers étaient en vacances mais l’échange a pu cependant être fructueux.

Pierre a rappelé d’abord, que si pendant longtemps nos thèses en faveur du train de proximité et de la rénovation de la ligne Bordeaux-Toulouse afin d’améliorer au mieux le transport ferroviaire du secteur, passaient pour farfelues, le rapport Duron et les décisions de juillet 2013 du gouvernement nous donnent raison sur le fond.

Sauf, il est vrai pour une LGV : Bordeaux-Toulouse. Or celle-ci est l’archétypique de la LGV inutile si on s’en tient aux critères du rapport Duron : ligne courte, pas saturée et dont la rénovation pourrait améliorer fortement les performances.

L’échange ne se voulant pas formel, le débat s’est engagé tout de suite.

La LGV contre l’avion ?

Monsieur le maire indique que pour l’arrivée à Blagnac, les avions procèdent à des dégazages souvent au-dessus de la forêt de Montech mais parfois au-dessus de la commune de Lacourt Saint-Pierre. La LGV en réduisant le transport aérien réduirait cette pollution dont personne ne parle.

D’où la discussion sur le temps de parcours…

Pour ne pas trop augmenter le temps de parcours par rapport aux 3 h 10 annoncées pour les trains directs, RFF aurait précisé que les trains s’arrêtant à Bressols ne s’arrêteraient pas à Agen et inversement. Ce qui confirme que moins de la moitié des trains s’arrêteront à la nouvelle gare, si on enlève les trains qui ne s’arrêteront dans aucune des deux villes !

Sur la ligne rénovée le temps serait un peu plus long mais si peu… et de toute façon, par rapport au transport aérien, les avantages qui sont les siens sont politiques. Pensons au kérozène qui n’est pas taxé.

D’où la discussion sur les mensonges chers à RFF comme à ceux qui sont autour, et qui appartiennent le plus souvent aux mensonges par omission. Pierre Ortavent a donné le dernier en date, fourni par la directrice d’Euro Sud Transport et repris par La Dépêche. Le système ERTMS qui aurait pu éviter l’accident espagnol prouve le bienfait des LGVs. Or ce système peut s’installer sur toutes les lignes et y compris sur le tronçon de ligne existante qui arrive dans les villes pour compléter la LGV ! Après l’accident l’information aurait dû être : vite installons ce système sur le tronçon fautif et les autres dans le même cas. Mais la réponse est connue, c’est cher…

Autre question, celle du développement économique. Pierre a rappelé avec l’exemple de Bordeaux-Tours et les réactions des entreprises locales, qu’il n’y a pas de développement de l’emploi à attendre du chantier, Sur ce point il y a unanimité pour reconnaître que le développement économique n’est pas un argument.

Monsieur le maire préfère à ce sujet parler du train espagnol qui est moins fiable que le train français car en effet avec le TGV les wagons sont solidaires. Preuve que si, sur la ligne Paris-Limoges, à la place de vieilles rames on avait les rames TGV l’accident de Brétigny aurait été moins important. Mais inutile de détourner le regard du problème simple, les lignes existantes méritent la signalisation ERTMS… Et au-delà de cet exemple c’est le questionnement sur la nature de toute l’information qui est en cause.

Sur l’enquête d’utilité publique, il apparaît évident qu’elle devrait avoir lieu en novembre car ensuite jusqu’aux municipales le calendrier va être bloqué. Il a été rappelé comment la date de cette enquête est une course contre la montre avec la décision gouvernementale du 30 mars 2012 pour valider le tracé (décision indispensable pour passer aux études en vue de l’enquête) prise par Daniel Bursaux sans que le ministre soit informé !

Pour le moment nous avons eu la confirmation que comme partout, à Lacourt St-Pierre, les personnes directement impactées pour le bâti, ont eu des rencontres avec RFF, pour avancer le dossier sur l’enquête… une enquête qui ne sera pas tenu à donner la nature du montage financier pour payer la note !

Là aussi, Pierre a rappelé que nous devrions connaître la nature de ce montage qui va influer sur la fiscalité. Pour le maire, si les autorités veulent construire la ligne, elles le feront, et sinon elles ne le feront pas. Autrement dit, le simple citoyen ne peut peser dans de tels dossiers. Avec de tels constats, il ne faut pas ensuite s’étonner si électrices et électeurs, ou élus de base, se détournent de la vie politique. Comment, sur un dossier à huit milliards d’euros, pourrions-nous laisser faire sans rien dire ? Depuis que nous avons engagé nos actions nous avons vérifié que sans être écoutés, les simples citoyens pouvaient obligés les responsables à réagir, et quand il s’agit de maires, comme au Pays Basque, les mêmes responsables étaient beaucoup plus gênés. Au Pays Basque ils ont d’abord obtenu la mise en place d’un comptage des trains pour vérifier la saturation et aujourd’hui le report de la LGV Bordeaux-Hendaye pour 2030.

Pierre a rappelé qu’avec nos associations, nous sommes fortement engagés et que nous allons continuer et pour ce faire nous nous sommes adressés au député et à la Conseillère générale pour exposer nos points de vue et écouter leurs réponses, sans succès. Le Maire a promis d’inciter les élus en question à nous rencontrer. Nous continuons de croire que sans cet effort de débat démocratique, des décisions erronées, qui vont engager les finances publiques pour 50 ans, risquent d’être prises.

Tag(s) : #action associations, #Alternative LGV 82, #LGV, #toulouse
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