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Les infos de Mobilicités sont confirmées par le journaliste de Sud-Ouest Jean-Bernard Gilles généralement bien informé. Comment à présent faire croire que Bordeaux-Toulouse pourrait être sauvé sans le Borrdeaux-Hendaye ? La bataille va être dure d’autant que que sur Sud-Ouest par les commentaires les pro-LGV se réveillent. JPD

Publié le 22/06/2013 à 06h00 | Jean-Bernard Gilles

LGV : le projet ferroviaire du Sud-Ouest rayé des priorités

Le grand projet ferroviaire à grande vitesse ne figure pas dans les neuf priorités nationales de la commission

Sale temps pour les TGV ! On a beau lire et relire le rapport final de la commission Mobilité 21, chargée par le gouvernement, il y a quelques mois, de faire un tri sérieux entre les 80 grands projets d’infrastructures figurant au Schéma national des transports, on ne voit aucun grand projet ferroviaire nouveau sur le haut de la pile.

Pis, la liaison ferroviaire à grande vitesse entre Bordeaux, Hendaye et Toulouse - que les élus et l’État présentent comme un seul et même projet, « insécable », comme le disaient même il y a peu, à l’unisson, le préfet de région, Michel Delpuech, et Alain Rousset, le président du Conseil régional d’Aquitaine - ne figure pas dans les neuf priorités nationales à engager avant 2030.

Sous la direction du député PS Philippe Duron, les 10 sages - élus et experts - ont mené un travail de fond, subissant parfois le lobbying oppressant des élus de tous les territoires. La commission a donc validé le contournement de Fos, le traitement des nœuds ferroviaires de Lyon et de Marseille, la liaison ferroviaire Roissy-Picardie et la modernisation de la Route Centre Europe Atlantique entre l’Allier et la Saône-et-Loire, département cher au ministre du Redressement productif.

Dans la droite ligne des assises ferroviaires de 2011, qui avaient pointé l’asphyxie financière du secteur en France, les sages sont aussi en phase avec le rapport Mariton (UMP), qui prouvait que les estimations de recettes du TGV étaient toujours surestimées, mais aussi avec le rapport Bianco (PS), qui recommandait de mettre les investissements en priorité sur la modernisation des lignes existantes.

Ouverture pour Toulouse

La commission Duron fait une ouverture. La liste qu’elle a établie est en adéquation avec les moyens financiers existants de l’État, soit environ 9 milliards d’euros par an. Mais elle préconise plusieurs pistes pour augmenter ces ressources : par exemple une fiscalité nouvelle sur le foncier mis en valeur par une infrastructure ou la valorisation en anticipation des recettes de péages des autoroutes. Un triplement des moyens financiers permettrait de rattraper un certain nombre de projets. Mais, pour ce qui est du grand projet du Sud-Ouest, seule la réalisation de la ligne Bordeaux-Toulouse, estimée à 7,1 milliards d’euros, tirerait alors son épingle du jeu. « Au regard de la saturation des réseaux, des conditions d’avancement du programme espagnol et de l’enjeu de la desserte des grandes agglomérations, la commission considère que Bordeaux-Toulouse constitue la première priorité », précise le rapport.

Si les conclusions de la commission sont entérinées par le gouvernement, la potion sera amère pour les élus aquitains.

Bien sûr, il ne s’agit que d’un rapport comme la France sait en produire sur tous les sujets où elle a du mal à faire ses choix (retraite, formation professionnelle, infrastructures, etc.). Évidemment, il y a de la place, comme toujours dans notre pays, pour l’arbitrage politique. Il faut donc, à ce stade, rester prudent.

Tours-Bordeaux fragilisé

En déplacement il y a peu à Bordeaux, le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, qui recevra officiellement le rapport jeudi prochain, a promis une concertation avec les élus, mais il a également indiqué à « Sud Ouest » que le gouvernement n’entendait pas traîner. Il existe en effet un grand risque politique, pour ce dernier, à ne pas suivre un rapport qui appelle à une meilleure utilisation de l’argent public.

Par ailleurs, tous les projets recalés espèrent être remis en selle, ce qui est difficile à imaginer dans un contexte budgétaire contraint comme jamais depuis l’après-guerre.

Toutefois, rien ne dit qu’un compromis ne sera pas trouvé sur le lancement de l’enquête publique sur les deux tronçons vers Toulouse et vers l’Espagne, soit 462 kilomètres. Une déclaration d’utilité publique commune à l’horizon 2015 maintiendrait les choix ouverts. Il est probable que les élus s’y arriment. Même les écologistes, prudents, imaginent l’enquête publique sur les deux tracés aller à son terme. Les élus auront peut-être aussi des propositions à faire pour le financement de tous ces projets. Car il ne faut pas oublier que les collectivités locales du Sud sont attendues pour le financement des travaux en cours de la ligne Tours-Bordeaux. Martin Malvy pourrait lui aussi se montrer menaçant, s’il estime que le projet vers Toulouse-Matabiau ne va pas assez vite. Les élus ont encore des arguments à faire valoir. Mais les vents sont contraires.

Publié le 22/06/2013 à 06h00 | Par Pantxika Delobel

LGV : l'inquiétude monte côté espagnol

« J’espère qu’il ne s’agit que de rumeurs », confiait hier la ministre basque des Transports, Ana Oregi. « La ligne à grande vitesse Bordeaux- Hendaye-Madrid représente un grand pas en avant pour tout le sud-ouest de l’Europe, en particulier pour l’Aquitaine et la communauté autonome d’Euskadi. »

Depuis que l’option d’un report au-delà de 2030 de la ligne Bordeaux-Hendaye paraît se concrétiser, l’inquiétude gagne le gouvernement d’Euskadi. Les autorités basques militent depuis toujours pour la réalisation de ce projet, qui doit être raccordé, côté espagnol, au « Y » basque, dont les travaux ont débuté en 2006.

Au sud des Pyrénées, l’enjeu est de taille. Car, outre les connexions rapides avec Madrid et Bordeaux-Paris, l’un des objectifs de cette ligne consiste à rapprocher entre elles les trois capitales de province, Saint-Sébastien, Bilbao et Vitoria-Gasteiz, afin de renforcer la cohésion territoriale.

Le « Y » basque amputé

« J’espère que le bon sens et la capacité d’une bonne gestion, à long terme, en matière d’infrastructures de transports, prévaudront. » En tout cas, Ana Oregi veut y croire.

Même si, manifestement, Madrid ne se berce plus d’illusions. Le gouvernement espagnol serait sur le point de renoncer à investir dans un tracé à grande vitesse entre Saint-Sébastien et Hendaye. « Concernant cette portion, nous nous orientons vers une amélioration de la voie actuelle, avec pose d’un troisième rail pour que l’écartement de nos voies soit conforme aux normes européennes », révélait, il y a quelques jours, Ana Oregi. Comme si Madrid avait pressenti les conclusions du fameux rapport.

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