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Du rapport Duron, le journal l’Usine nouvelle avait, en avant première, annoncé qu’une LGV serait déclarée prioritaire : Bordeaux-Toulouse. Ensuite, ce journal obtiendra de J-M Ayrault une réaction au rapport Duron reprise par une vingtaine de journaux. Et aujourd’hui nous sommes à l’aboutissement du processus : une LGV est maintenu avant 2030, la LGV Bordeaux-Toulouse. Pourquoi elle ?

Le maintien d’une LGV ne doit pas nous faire oublier l’affirmation du report de tous les autres projets, au contraire ! Au-delà des questions financières, le rapport Duron dessine une philosophie totalement nouvelle de la grande vitesse. Des raisons de principe l’incitent à reprendre des arguments avancés depuis longtemps par exemple par Vincent Doumayrou (1997), défenseur s’il en est du système ferroviaire. La grande vitesse concerne une frange réduite des usagers, augmente considérablement toutes les dépenses (énergétique, d’entretien…), déménage le territoire et conduit vers l’impasse une politique industrielle du matériel roulant. Il faut remettre sur la tête ce système en le faisant reposer d’abord sur l’intérêt général. Bref, pourquoi autant de raisons ne sont pas valables pour le Bordeaux-Toulouse ?

Car Toulouse est la quatrième ville de France ! L’argument est imparable car il sort de tout raisonnement ! Pour la quatrième ville de France, ne lui faudrait-il pas un aéroport digne de ce nom, un stade plus olympique que le stade actuel, un système de métro dépassant les deux modestes lignes existantes, et un port en rendant Garonne navigable ! Peut importer si la ligne actuelle n’est pas saturée, si la LGV est très chère, si le gain de temps est minime… de toute façon Toulouse est la quatrième ville de France et donc il lui faut la LGV !

Qui peut croire que cette LGV cul de sac, est plus digne d’intérêt que le tronçon Montpellier-Perpignan qui va manquer entre deux LGV considérables : Montpellier-Paris et Perpignan-Madrid ! Car Un des arguments donnés c’était que par la LGV Toulouse-Narbonne on allait pouvoir rejoindre la LGV Montpellier-Perpignan, deux LGV qui disparaissent de l’horizon !

En fait, je le dis et je le répète car l’argument est totalement caché aux citoyens : RFF et la SNCF ont un intérêt particulier à la LGV Bordeaux-Toulouse. Bien sûr, comme partout elle disqualifie la vieille ligne existante Bordeaux-Toulouse la réduisant au rôle de ligne TER… gérée par les Régions ! Mais coup génial, elle disqualifie une autre ligne, monumentale, historique, structurante la ligne POLT devenant elle aussi ligne TER… gérée par les Régions !

Pour preuve l’enquête d’utilité publique sur la LGV Limoges-Poitiers dont les scénarii révèlent que l’avenir de Paris-Toulouse c’est au mieux deux allers-retours par jour ! Mais cette révélation n’est rien par rapport à la réalité : depuis des années tout est mis en place pour valider cette option, la POLT ligne TER ! Diminuer le nombre d’arrêts en gare est le fait le plu plus emblématique. Que le secteur de Caussade aille prendre le train à Montauban ou Cahors ! Moins voyant est le fait que contre toute réalité, le nouveau cadencement révèle que la gare de Montauban n’est plus considérée comme carrefour ferroviaire !

La LGV Limoges-Poitiers devrait faire tomber le trafic sur le POLT de 68% à 18% et pour la LGV Toulouse-Bordeaux qui a des données ? Qui les a mis en débat ? Car il faut bien comprendre la machine : le trafic doit baisser, donc on réduit le nombre de trains, d’où baisse du trafic, ce qui permet la réduction du nombre de trains ! Je parle là des trains grandes lignes.

Dans le contexte présent, pour faire admettre un projet, il faut une conjonction d’intérêts. Quand on demande à Alain Rousset si ce sont les luttes des Basques qui font retarder Hendaye-Bordeaux, il répond qu’en fait c’est le lobby interne à RFF et la SNCF et favorable aux lignes existantes. Pour Bordeaux-Toulouse ce lobby est neutralisé non pas du fait que les lignes existantes sont mieux protégées mais par le fait que cette LGV financée à 50% par les collectivités locales, ça permet à la fois une double réduction des dépenses : pour la LGV et pour l’entretien des lignes existantes !

Par contre la dépense sera double pour les Conseils régionaux. Quant aux Conseils généraux, vont-ils faire comme pour Tours-Bordeaux, se rétracter le jour où il faudra payer ? L’idée des promoteurs du projet, c’est qu’une fois le couteau sous la gorge, car tout sera en chantier, ils s’inclineront. A quel prix pour les citoyens ? Mais Toulouse deviendra peut-être la troisième ville de France ! J-P Damaggio

Tag(s) : #limoges LGV rénovation lignes existantes, #POLT
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