Retenez bien cet article. En 2013 nous nous sommes opposés aec fermeté au PPP pour la LGV Tours-Bordeaux mais le PPP a été utilisé. Depuis le PPP a été dénoncé mais voilà qu'il revient par la fenêtre. Il est encore dénoncé mais si l'Etat dit PPP ou rien, que feront ceux qui disent NON aujourd'hui ? Non seulement la classe politique vend le futur mais en plus elle le vend aux grands groupes privés ! Et cet article s'inscrit dans un matracage de honteux de La Dépêche. Oui Castex avait dit 40% pour l'Etat mais sans chercher à avoir l'accord de Bercy. Oui Castex avait di 20% pour l'Europe mais sans rien demander à l'Europe. Pour des broutilles passons mais pour des dizaines de milliards ! JPD
La Dépêche 22 janvier
« Faire appel au privé c’est une addition de 7,2 milliards de plus »
Une étude a mesuré l’impact sur les finances publiques d’un basculement vers un modèle de société de portage privée ou publique. Confiée au secteur privé, la construction serait beaucoup plus onéreuse et affichera deux ans de retard.
À défaut d’avoir de l’argent, les hauts fonctionnaires de Bercy ont des idées. Des idées qui ont fait bondir les grands élus des régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine ! Au lieu de payer l’essentiel de sa participation à la LGV Toulouse-Bordeaux estimée à 5,7 milliards d’euros sur quatre ans, entre 2028 et 2031, l’État réfléchit à lisser la dépense sur une période plus longue. L’idée est d’étaler l’effort jusqu’en 2077. "C’est vrai que le volume de dépense est concentré sur un nombre d’années restreint" a concédé Guy Kauffmann, directeur général de la Société de financement du Grand Projet du Sud-Ouest (GPSO).
Mais le ministère du Budget étudierait sérieusement la voie du partenariat public-privé (lire encadré) pour lisser sa part de dépense en demandant à un grand du BTP de se substituer à lui. Un montage qui a laissé de bien mauvais souvenirs sur la LGV Tours-Bordeaux où le concessionnaire Vinci a fait le forcing pour imposer à la SNCF de faire circuler un maximum de trains pour accroître ses recettes de péages. Un modèle tellement décrié qu’après cette expérience, l’État a banni les "PPP" des politiques publiques.
Un surcoût insoutenable
Pour chiffrer cette solution, les collectivités locales ont demandé une étude à deux cabinets spécialisés, Deloitte et FCL Gérer la Cité. Ils ont étudié l’impact d’un PPP classique comparé à un portage public qui permet lui aussi d’étaler la charge financière mais sans recourir au secteur privé. Dans un PPP classique, le concessionnaire conçoit la ligne ferroviaire, la construit et l’entretient jusqu’en 2077. Il se remboursera en demandant à l’État et aux collectivités de lui verser des redevances de 579 M€ par an entre 2039 et 2073 soit un total de 8,8 milliards d’euros.
En comparaison, un montage via une société publique locale (SPL) qui permet aussi d’étaler la charge financière est bien moins onéreux. La société publique ne recevra des redevances annuelles que de 332 M€ jusqu’en 2072. Au final, le portage par un schéma public coûte 15,95 milliards contre 23,1 milliards pour un PPP classique. "Un partenariat public-privé pour la LGV Bordeaux-Toulouse se traduirait par un surcoût faramineux de 7,3 milliards d’euros pour l’État et les collectivités, tout en retardant sa mise en service de plusieurs années ! On ne met pas à l’arrêt un projet de cette ampleur par une vision court-termiste et purement comptable" a vivement réagi Carole Delga.
Mobiliser des obligations vertes et la BEI
Le montage public est moins cher car il peut mobiliser des obligations vertes (green bonds) ou emprunter auprès de la Banque européenne d’investissement (BEI) notée triple A à des taux plus attractifs.
Alors que l’État fait actuellement la chasse au moindre euro de dépense superflue, "il faudra expliquer au contribuable pourquoi on choisit un schéma plus coûteux de 7,2 milliards pour les finances publiques", a prévenu Renaud Lagrave, le vice-président Mobilité de la région Nouvelle-Aquitaine.
En plus d’être plus onéreux, le PPP décalerait aussi l’entrée en service de la LGV de deux ans car il nécessite un long montage juridique au préalable. La LGV n’arriverait donc à Toulouse qu’en 2034 au lieu de 2032.
Gil Bousquet
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