Un article de France Info. Qui d'autre va rendre compte de ce recours ?
LGV Toulouse-Bordeaux : "ruineux et illégal", seize associations demandent à l'Etat l'annulation du chantier
Publié le 09/04/2026 à 16h47
Seize associations du Sud-Ouest ont formulé un recours gracieux auprès des services de l'Etat pour demander l'annulation du projet de ligne de train à grande vitesse entre Toulouse et Bordeaux. La raison ? Une autorisation environnementale "clairement illégale à plus d'un titre".
Après le rejet d'un de leurs recours par le conseil d'Etat début mars, des associations de protection de l'environnement ont lancé une nouvelle attaque contre le chantier de la ligne ferroviaire à grande vitesse entre Toulouse et Bordeaux. Dans un courrier daté du 3 avril 2026, rendu public ce jeudi 9, seize associations demandent aux quatre préfets concernés par ce projet de LGV d'annuler l'autorisation environnementale accordée pour les travaux préalables à la réalisation de cette ligne. Les contestataires évoquent un vice de procédure et d'autres éléments d'illégalité.
"Excès de pouvoir"
Premier point mis en exergue dans ce recours gracieux : les modalités choisies de consultation publique. Les services de l'Etat ont choisi "une participation du public par voie électronique (PPVE) au motif que le projet de LGC avait déjà fait l'objet d'une enquête publique en 2014 préalablement à la déclaration d'utilité publique".
Pour les associations qui ont formulé ce recours gracieux, il y a là anguille sous roche, sachant que cette enquête publique, avait donné lieu à un avis défavorable des commissaires enquêteurs il y a onze ans. Dans ces conditions, le choix d'une consultation publique par voie électronique "révèle soit une volonté de passer outre les impératifs du Code de l'environnement, soit une erreur fort regrettable", estiment les associations.
Impacts sur l'environnement "minorés"
Depuis plusieurs mois déjà, et notamment depuis le lancement des premiers aménagements ferroviaires au nord de Toulouse, les associations dénoncent l'autorisation environnementale accordée par les services de l'Etat. Mais fin décembre 2025, le tribunal administratif de Toulouse avait rejeté les arguments présentés concernant la régularité de l'étude d'impact.
Mais les associations de protection de la nature et de défense de l'environnement n'en démordent pas : les conditions obligatoires pour accorder une dérogation à l'interdiction d'atteinte aux espèces et habitats protégés ne sont pas réunies. "Cette autorisation de destruction de biodiversité protégée accordée pour un projet ferroviaire aux impacts aussi négatifs, en même temps que ruineux et remettant en cause toute capacité d’amélioration d’autres biens communs, présente donc des erreurs manifestes d’appréciation qui constituent son illégalité", écrivent les associations dans ce recours gracieux.
Les associations réitèrent leur demande d'étude d'une alternative à cette réalisation de LGV. La solution serait d'améliorer et moderniser les infrastructures existantes. Et ce, d'autant plus que le financement de ce chantier serait aujourd'hui menacé.
Une LGV à 25 milliards d'euros ?
"L’Europe nous confirme qu’elle ne pourra en aucun cas financer le tronçon Sud-Gironde Toulouse, et qu’elle ne financerait Bordeaux-Dax, que s’il remplit toutes les exigences environnementales exigées par les règlements et directives européennes et qu’il garantit bien une desserte transfrontalière", expliquent les associations. Deux conditions qui, là encore, seraient loin d'être réunies.
Sans financement européen, et une participation de l'Etat qui pourrait bien être remise en cause, qui va payer ? Les collectivités et les contribuables, répondent les associations tout un évoquant désormais un coût réévalué à au moins 25 milliards d'euros, selon un récent rapport du Conseil d'orientation des infrastructures.
Outre ce recours gracieux adressé aux préfets, les associations ont également écrit au ministre des Transports pour lui demander d'annuler ce projet de LGV entre Toulouse et Bordeaux. Faute d'être entendues, elles menacent d'ores et déjà de déposer un nouveau recours devant la justice administrative d'ici l'été.
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